N° 239 - décembre 1998 - 9.50 €
ISSN : 1141-7137
A la veille du cinquantenaire de la mission archéologique française de Xanthos et du Létôon, nous sommes heureux de présenter pour la première fois au public un bilan général de l'exploration de ces deux sites, une ville et un sanctuaire religieux, qui comptent parmi les plus riches de l'Asie Mineure et ont été inscrits par l'UNESCO sur la lite du Patrimoine Mondial. Les habitants antiques de Xanthos, les Lyciens, ne sont guère connus du public, peut-être faute d'avoir laissé un grand nom dans l'Histoire, peut-être aussi parce que leur berceau, sur la côte sud de la Turquie, était, malgré son extraordinaire beauté naturelle difficile d'accès faute de bonnes routes jusqu'à une date très récente.
La Lycie devint chrétienne progressivement. En 311-312, une inscription d'Arycanda, protestant contre les troubles causés par les chrétiens, montre peut-être que le paganisme est alors majoritaire. Certaines élites lyciennes sont encore païennes vers la fin du IVe s. comme le célèbre Tatianos, préfet du prétoire d'Orient sous Théodose Ier de 388 à 392, date à laquelle son fils est exécuté et lui-même renvoyé en Lycie (il était originaire de Sidyma). Plus tard encore, au VIe s., nous voyons l'abbé du couvent de la Sainte-Sion, un autre saint Nicolas, dans les montagnes au nord de Myra (sans doute le site de Karabel), parcourir les villages, abattre les arbres sacrés et convertir les paysans. Mais en même temps les églises et les couvents s'élèvent en grand nombre dans les villes (Tlos, Pinara, Sidyma, Patara, Xanthos, Myra, Limyra, Andriakè, Phaselis), dans les îles (Makri, Karacaören, Gemile, plus anciennement Saint-Nicolas, Megiste, actuellement Catellorizo, Kekova, dans l'antiquité Dolichiste) et dans les villages de montagne.
Auteur : Sodini (J.-P.)
Magazine : Dossiers d'Archéologie n° 239 Page : 62-63
Retour en haut