N° 337 - Janvier /février 2010 - 9.50 €
ISSN : 1141-7137
[Que ma] demeure [soit] éternelle et très, très, très, très joyeuse?». Ainsi s'exprime un souhait tracé d'une incision à peine visible sur un aryballe globulaire corinthien de Tarente, datable d'une phase avancée du Corinthien moyen (580-570 av. J.-C. env.). Ce vase à onguent, de qualité modeste, est décoré d'une frise banale d'hoplites?1 en marche vers la droite, portant une lance et un grand bouclier circulaire, mais l'inscription en dialecte tarentais archaïque fait de lui un objet précieux, dont la valeur sort de l'ordinaire. Le contexte exact de sa provenance a été perdu, mais il est vraisemblable que cet aryballe faisait partie du mobilier d'une tombe, l'épigraphe présentant dans ce contexte la valeur d'un viatique pour celui qui, quittant la vie terrestre, part pour un long séjour dans l'au-delà. Le message inscrit ressemble donc à celui dont on peut imaginer qu'il accompagnait les prières silencieuses et les vœux de tous ceux qui, Grecs de Sicile et de Grande Grèce, ensevelirent durant des siècles leurs êtres chers, en les pourvoyant d'onguents et de vases à onguents de toutes formes et fabrications.
Auteur : LAMBRUGO Claudia
Magazine : Dossiers d'Archéologie n° 337 Page : 40-41
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