Dossiers d'Archéologie n° 221 du 01/03/1997
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Angkor
Angkor, capitale de l’empire khmer, ensemble architectural unique, a été le berceau d’une civilisation capable de concilier les plus hautes valeurs spirituelles et les exigences du quotidien. Spiritualité, architecture, urbanisme, économie, agriculture se mêlent et atteignent un point d’équilibre et d’épanouissement exceptionnels. Autant de raisons pour lesquelles le site d’Angkor fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO et fait l’objet d’actions pour la préservation de ses monuments et la protection de son environnement
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
A la recherche des "temps perdus" Soubert (S.) Pages 6-8
La reconstitution de l'histoire du Cambodge
L'histoire o la mémoire collective d'un peuple, faite de légendes ou de faits objectifs, est purement un concept occidental ou chinois. Hérodote qui collectait les ouï-dires et les légendes était plus un ethnologue au sens moderne du terme qu'un historien scientifique que Thucydide qui basait la trame de son histoire sur la collection des faits véridiques et objectifs.

 
Le pays khmer avant Angkor Jacques (C.) Pages 12-17

En se fondant sur les annales dynastiques chinoises, les Européens ont divisé l'histoire du pays khmer avant Angkor en trois périodes, dites respectivement du "Funan" (depuis les débuts jusqu'au VIIe siècle), puis du "Zhenla" [ou Tchen-la] (VIIe siècle) et enfin de la "dislocation du Zhenla" (VIIIe siècle). Toutefois ces désignations paraissent n'avoir guère de pertinence réelle, Funan et Zhenla n'étant tout au plusque des noms de royaumes avec lesquels les Chinois ont commercé : ils ne représentaient certainement pas l'ensemble du pays khmer, mais une partie, qu'on a d'ailleurs grand mal à identifier avec précision.

 
Six siècles d'histoire angkorienne Jacques (C.) Pages 18-29

On l'a dit, le qualificatif d'angkorienne donné à cette période est somme toute fort impropre, quisque des monuments aussi importants que le Prasat Ak Yum – dont on ne connaît pas le constructeur, ni la date – et bien d'autres appartiennent à l'époque précédente, témoignant par leur présence que la région n'était déjà pas sans importance aussi bien économiquement que politiquement ; d'autre part, comme on va le voir, les premiers rois de cette période n'étaient pas installés exactement à Angkor, mais dans la région de Rolûos, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de là.

 
Inscriptions et civilisation de l'ancien pays khmer Jacques (C.) Pages 30-33

Au Cambodge, les seules sources écrites disponibles sont presque toutes lapidaires. Les inscriptions sont essentiellement rédigées en deux langues, le sanscrit et le (vieux) khmer, et sont de types assez variés : poèmes religieux pour les unes, textes à caractère social ou anecdotique pour les autres.

 
Les arts pré-angkorien et angkorien Duflos (M.-C.) Pages 34-47

La production artistique des VIIe et VIIIe siècles est fort diverse, aussi serait-il plus juste de parler des arts du Cambodge pré-angkorien a pluriel. Il existe cependant une remarquable unité dans l'inspiration comme dans les procédés employés au cours de cette première époque de l'art khmer. Plus tard, dès le moment où le roi Jayavarman II (802-850) installe sa capitale à Rolûos, au nord du Grand Lac, près du futur site d'Angkor, c'est le pouvoir central qui impose, dans les grandes lignes, les principes de l'évolution de l'architecture comme de la sculpture. Nous n'aborderons ici que certains points marquants des différents styles pour évoquer les caractéristiques de ces transformations.

 
Angkor, objet archéologique Jacques (C.) Pages 48-51

Le site d'Angkor tout entier, tel qu'il est aujourd'hui défini avec ses 40 000 hectares, et même très largement autour de cet espace, forme une zone archéologique particulièrement dense, on le sait depuis longtemps, et largement inconnue en ce qui concerne son sous-sol historique. Il est vrai que les hommes qui se sont succédé à la tête de la conservation des monuments ont porté un intérêt presqu'exclusif aux temples, et on peut les comprendre : la beauté des sanctuaires justifie tous les soins apportés à les restaurer ou tout au moins à enrayer leur ruine, le travail était, et reste, immense, les moyens limités. Ces monuments sont toutefois des documents historiques qui doivent aussi être étudiés en tant que tels et la restauration et le démontage des temples en vue de leur évolution au cours des siècles.

 
Les fouilles archéologiques Gaucher (J.) Pages 54-59

Dans le cadre d'un programme de recherche intitulé "De Yaçodharapura à Angkor Thom", une première campagne de fouilles archéologiques s'est déroulée sur le site d'Angkor de novembre 1995 à février 1996 soit quelque 32 années après cele menée par B. P. Philippe Groslier sur le site du Stras Srang et près de 38 ans après la première qu'il dirigea au palais royal d'Angkor.

 
Présentation technique du site d'Angkor Bancon (M.), Evard (F.) et Grandjean (H.) Pages 62-67

Sous la dénomination "Angkor", il faut entendre un vaste ensemble de temples et de vestiges hydrauliques et urbains. Cet ensemble s'étend sur un territoire de près de 200 km2 situé dans la plaine centrale du Cambodge, alimentée par le fleuve Mékong et baignée par le grand Lac Tonlé Sap. Signes du génie hydraulique de l'empire khmer, les ouvrages tels que les vastes bassins de retenue – ou bârâys – les canaux d'irrigation et de dérivation des rivières, les digues, les ponts et les chaussées surélevées révèlent une parfaite maîtrise de l'eau à des fins diverses : domestiques, économiques, agricoles et religieuses. Cette organisation dépassait largement le cadre de la ville et permettait la gestion de tout un territoire, voire même d'une région.

 
Le comportement structurel des temples d'Angkor Croci (G.) Pages 68-70

Les temples d'Angkor ont été construits entre le IXe et le XIIIe siècle, et représentent l'un des achèvements architecturaux les plus marquants au monde. Cependant, dans ce petit article, nous nous limiterons aux aspects structurels particuliers de l'architecture khmère qui est basée sur la technique de arcs et des voûtes en encorbellement sur lesquels ont été construites les "galeries" et les "tours".

 
La restauration du Baphûon à Angkor Dumarçay (J.) Pages 72-77

La construction du Baphûon, sur la foi de l'inscription de Sdok Kak Thom, est attribuée au roi Udayâdityavarman II (1050-1066) : "Voyant qu'au milieu du Jambudvipa, la demeure des dieux, s'élevait une montagne d'or (le Meru), il fit faire, comme par émulation, une montagne au centre de sa ville, dans un temple d'or brillant d'un éclat céleste, il érigea un Civalinga en or" (traduction de G. Coedès, BEFEO XV/2, p. 93). Cependant il est impossible qu'une aussi vaste entreprise ait été exécutée en seize ans, l'implantation du mouvement est sans doute due à son prédécesseur, le roi Sûryavarman Ier (1002-1050). Celui-ci avait fait construire l'enceinte du palais royal englobant le Phimeanakas, qui cessait de jouer un rôle public pour devenir la chapelle privée du roi. Un nouveau temple était nécessaire pour la ville et c'est vraisemblablement Sûryavarman Ier qui, vers 1020/1030, en a fait réaliser l'implantation ; le monument a été probablement achevé vers 1050/1060, durant le règne d'Udyadiyavarman, qui s'est approprié l'ouvrage.

 
Le projet de conservation du Preah Khan Sanday (J.) Pages 80-85
La contribution du World Monuments Fund...
L'implication du World Monuments Fund (WMF) au Cambodge a commencé en 1989, à une époque où le pays venait juste d'ouvrir ses portes au monde. le WMF est fier d'y avoir conduit à l'époque le premier groupe international de spécialistes d'Angkor après un hiatus de 20 ans de guerre et de génocide, afin d'y mener une étude approfondie sur l'état de son exceptionnelle collection monumentale.

 
Les ruines de Banteay Kdei Ishizawa (Y.) Pages 86-91
Études et recherches
Depuis longtemps le temple Banteay Kdei passe pour être le petit sanctuaire qui apparaît dans l'inscription épigraphique sous le nom de "Bouddha oriental". En réalité, ce "Bouddha oriental" se trouverait sur les vestiges d'un temple situé loin d'Angkor à l'est. Dès lors il pourrait s'agir soit du temple Preah Khan de Kompong Svay soit du temple Beng Mealea.

 
Angkor Grèce, aux origines du monde égéen

 
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Dossiers d'Archéologie n° 221 est un magazine des Editions FATON.