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Dossiers d'Archéologie n° 280 du 01/02/2003 Numéro Normal Banquets et fêtes au Proche-Orient ancien L'art de la table et l'importance des repas au Proche-Orient ancien sont les thèmes abordés dans ce numéro des Dossiers d'Archéologie. Pourtant, si nous cherchons dans les textes des informations sur le boire et le manger, nous risquons de rester un peu... sur notre faim, car elles sont relativement maigres ! L'apport de l'archéologie est, ici, déterminant. La découverte de milliers de tablettes, de bas-reliefs, d'objets de cuisine, de vestiges architecturaux ou d'installations culinaires confrontée aux pratiques contemporaines permet de se faire une idée relativement précise des habitudes culinaires proche-orientales et du rôle majeur que jouait le repas dans les hautes sphères de la société mésopotamienne. Les contributions réunies dans ce dossier offrent une vision relativement précise de cet art du manger et du boire que l'on pratiquait dans tous les moments importants de la vie. |
| Principaux articles référencés pour ce numéro |
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| Les banquets des dieux | Lion (B.) | Pages 4-7 |
| À la table des dieux Dans la pensée religieuse mésopotamienne, la création de l'homme par les dieux répond à une motivation précise : les humains doivent travailler pour entretenir les dieux et libérer ces derniers de tout souci matériel. Le culte quotidien, comportant d'abondantes offrandes de nourriture et de boisson, pourvoit aux besoins des dieux et des déesses. Ceux-ci mènent une vie agréable et oisive, dans laquelle les repas, souvent festifs, tiennent une place importante. étendard d'Ur, joutes, débats, manières de table, tabous alimentaires |
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| La cuisine du sacrifice | Joannès (F.) | Pages 8-15 |
| À la table des dieux Le terme de “cuisine du sacrifice” ne convient que partiellement à la pratique mésopotamienne : la mise à mort d'animaux comme acte cultuel, à laquelle renvoie le terme de “sacrifice”, est en effet exceptionnelle dans la pratique de la religion assyro-babylonienne, qui repose avant tout sur la notion d'entretien alimentaire des statues des divinités, sous forme d'offrande. préparations culinaires, aliments, statue, table d'offrandes, peinture murale, Mari, Uruk, vase |
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| Diplomatie à la table du roi | Ziegler (N.) | Pages 16-23 |
| D'après les archives royales de Mari Les rois amorrites du Proche-Orient, entre 2000 et 1600 av. J.-C., avaient l'habitude d'utiliser les moments des repas comme éléments de leur politique. Les plats délicatement préparés dans les cuisines du palais, les boissons alcoolisées, le tout servi aux invités de choix dans une vaisselle précieuse, étaient les éléments réjouissants des banquets égayés par des musiciens ou des bouffons ; il y régnait par ailleurs une étiquette stricte, soumise à tout un langage diplomatique codifié. tablette, moule, terre cuite, visite, ambassadeur, repas du roi, banquets, représentations |
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| Un banquet à la cour assyrienne | Lion (B.) et Michel (C.) | Pages 24-31 |
| À la table du roi Lorsque le roi assyrien Assurnasirpal II, au début du IXe siècle av. J.-C., décide de déplacer la capitale de l'empire, délaissant Assur pour la ville de Kalhu qu'il vient de faire édifier, les cérémonies d'inauguration sont marquées par un banquet exceptionnel. Ces festivités s'inscrivent dans une tradition déjà fort longue : depuis le IIIe millénaire av. J.-C., textes et images documentent les fastes des cours royales, et les banquets offrent aux souverains des occasions exceptionnelles de montrer à la fois leur richesse, leur pouvoir et leur munificence. festin, menu, orthostate, tell de Ninive, statue, Assurnasirpal II, palais de Sennachérib, stèle, recettes culinaires |
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| Les images du banquet | Lion (B.) et Michel (C.) | Pages 32-37 |
| À la table du roi Nombreuses dans l'art mésopotamien des IIIe et Ier millénaires avant J.-C., gravées sur les sceaux-cylindres et sculptées sur les reliefs, les scènes de banquet sont parfois ambiguës. Au IIIe millénaire, les participants ne sont pas toujours aisément identifiables, et par la suite, l'activité même des sujets peut prêter à confusion : s'agit-il de banquets ou de scènes symboliques renvoyant aux activités royales et aux pouvoirs du souverain ? empreinte, sceau-cylindre, banquet, plaquette, pyxide de Nimrud, rois néo-assyriens, banquet sous la treille |
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| Les rations alimentaires en guise de salaire | Beaugeard (A.-C.) | Pages 38-43 |
| Boire et manger au quotidien L'économie de la basse Mésopotamie au IIIe millénaire avant J.-C. est essentiellement dominée par les grands domaines agricoles bien organisés, bien outillés, et très productifs. Ces grands domaines, propriétés des temples, de rois, de princes et de très riches particuliers, accaparent la majeure partie des terres les plus productives. Leur puissance ne laisse guère de place à une petite paysannerie indépendante. Le corollaire de la concentration des terres entre quelques mains est l'existence d'une large frange de population rurale n'ayant pas ou peu accès à une agriculture familiale d'autosubsistance mais devant, à des degrés divers, sa survie quotidienne aux rétributions en nature fournies par les responsables des grands domaines pour lesquels elle travaille. Il faut en effet attendre le début du IIe millénaire pour que le salariat des travailleurs agricoles contre de l'argent soit pratiqué. Au IIIe millénaire, la circulation du métal ne concerne pas encore les échanges quotidiens au sein des campagnes. travailleurs indépendants, palais de Sargon II, relief, écuelle, tablette, Suse, Uruk récent, bas-relief, Assyrie, palais de Sennachérib, Ninive |
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| La réception de l'hôte | Glassner (J.-J.) | Pages 44-47 |
| Le vivre et le couvert Les anciens Mésopotamiens pratiquent l'hospitalité. Les sources diplomatiques et administratives, les mythes et les épopées, les contes et les légendes, informent du scénario alors en usage : échange de propos convenus, de cadeaux et invitation au banquet. Au cours de celui-ci, un toast est porté, une joute oratoire, parfois, s'engage. Lorsque l'étranger est un parfait inconnu, un défi peut lui être lancé et un combat singulier provoqué. repas, hôte, épopée de Gilgames, tablettes, joute initiatique, Khorsabad, Dur-sarrukin |
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| À la table des marchands assyriens | Michel (C.) | Pages 48-53 |
| Boire et manger au quotidien Au début du IIe millénaire avant J.-C., les habitants de la cité-État d'Assur, non loin de Mossul en Irak, organisent des échanges intensifs avec l'Asie Mineure, à plus de 1 000 km de chez eux. Exportant étain et étoffes par des caravanes d'ânes, ils rapportent en retour argent et or. Ils installent des comptoirs de commerce dans différentes localités anatoliennes dont le principal, Kanis, à proximité de l'actuelle Kayseri, a livré plus de 20 000 tablettes cunéiformes. Ces documents forment les archives privées de quatre ou cinq générations de marchands. banquet, nourriture, repas, bas-relief, Ninive, vaisselle, Kültepe, céréales, Assur, tablettes, cuisine |
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| Les installations culinaires de l'Orient ancien | Castel (C.) | Pages 54-61 |
| Les dessous de la table Réalité prosaïque s'il en est, les installations culinaires sont rarement décrites dans les textes de l'Orient ancien. Comme souvent en effet, le quotidien échappe à l'écrit. Par ailleurs, il s'agit souvent d'aménagements sommaires, ni toujours bien conservés, ni facilement identifiables en fouille. Ils donnent parfois lieu à des interprétations controversées : fours destinés à la cuisson des aliments ou fours artisanaux, foyers culinaires ou “rituels”, fonction des bassins, des conduites et des canalisations, etc. Ces problèmes d'interprétation sont d'autant plus difficiles à résoudre que la cuisine n'était pas toujours faite dans un lieu réservé à cet usage, notamment en milieu rural. Les repas pouvaient être préparés dans une pièce qui servait aussi de pièce d'habitation ou bien en plein air, dans la cour des maisons ou sur les toits plats. On peut toutefois identifier un certain nombre d'installations culinaires destinées à la préparation des aliments. palais, Assurnasirpal, Nimrud, meule dormante, grain, mortier, cuisson, aliments, foyers, tannour, fours |
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| La vaisselle du quotidien | Faivre (X.) | Pages 62-67 |
| Les dessous de la table En Mésopotamie, l'argile est disponible partout, utilisée pour tout, matérialisant ainsi de nombreux aspects de l'activité humaine dont la poterie n'est pas le moindre. Celle-ci est née de l'observation faite, sans doute plus accidentelle qu'intentionnelle, que la cuisson de l'argile à 500-600 °C la durcit de façon irréversible. En modelant des récipients de formes et de tailles variées, en les cuisant, on peut donc obtenir des contenants propres à faire face aux nécessités de la vie quotidienne et, en particulier, de l'alimentation : stockage, conservation, transport des denrées, nettoyage, préparation, cuisson, présentation des aliments. céramique, culinaire, jarre, marmitte, cuisine, vase à liquide, pictogrammes, chalumeau, passoires, supports, couvercles, entonnoirs, gobelet peint, moule à gâteau |
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| La vaisselle de luxe d'un roi de Mari | Guichard (M.) | Pages 68-75 |
| Les dessous de la table La puissance d'un roi mésopotamien se mesurait à sa richesse qui devait être visible. Le luxe et la générosité étaient deux qualités indissociables de la royauté. Ainsi s'explique une remarque faite par le roi d'Alep à Zimrî-Lîm qui venait de s'installer sur le trône de Mari et qui s'était manifestement plaint de ses problèmes de trésorerie : “Tu n'es pas pauvre en habits et vaisselle précieuse. Ne sais-tu pas que ta position est celle d'un grand roi ?”. Le roi est dépositaire d'une richesse – d'autant plus grande que lui-même fait partie du “club des rois puissants”. Il ne suffit pas qu'il soit riche, il faut qu'il en fasse la démonstration, en en distribuant notamment une partie, afin de s'attacher le plus de serviteurs ou de vassaux possibles. Ainsi, au lieu que le trésor royal croupisse dans un cellier obscur de son palais, sous la forme de lingots par exemple, celui-ci était-il souvent exposé au grand jour sous des formes variées. coupe, bas-relief, trésor royal, Mari, palais, Nimrud, or, patère, gobelet, vase |
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| Le régime alimentaire | Sauvage (M.) | Pages 76-81 |
| D'après les données archéologiques Il est très difficile à la fouille de retrouver les traces matérielles de la nourriture des Anciens. On peut cependant obtenir sur ce sujet un grand nombre d'informations, en particulier par l'analyse des restes végétaux et animaux. menus, tombe à incinération, palais, Assurbanipal, Ninive, pêche, laiterie, tombe du roi Midas |
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| Nourrir les morts | Bachelot (L.) | Pages 82-86 |
La documentation archéologique et textuelle issue des fouilles du Moyen-Orient montre clairement que dans la culture mésopotamienne, le monde des morts et celui des vivants n'étaient pas aussi opposés qu'on a pu le penser à des époques plus tardives. Ainsi s'efforçait-on de maintenir, avec grande énergie, la continuité entre ces deux univers. Le traitement des morts était l'objet d'une attention particulière répondant à un souci d'organisation comparable à celui qui se manifestait pour assurer au monde des vivants un fonctionnement bien réglé. Un rapide coup d'œil sur les plans et les illustrations des grandes nécropoles mésopotamiennes suffit à s'en convaincre et la lecture des textes relatifs au culte des morts confirme et complète ce que mettent en évidence les recherches de terrain. Et l'un des liens essentiels qui maintenait dans une même communauté ceux qui avaient quitté ce monde et ceux qui s'y trouvaient encore était, en fin de compte, la nourriture. tombe, jarre, bol, gobelet, tasse, vase, céramiques, Syrie |
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| Banquets et fêtes au Proche-Orient ancien | Néolithique, découverte d'un berceau anatolien |