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Dossiers d'Archéologie n° 278 du 01/11/2002 Numéro Normal Catacombes romaines et italiennes Les catacombes occupent une place privilégiée dans l'imaginaire populaire ; il suffit d'en prononcer le nom pour susciter, face à un interlocuteur non-spécialiste, l'évocation des théories les plus fantaisistes qui peuplent toute une littérature séculaire autour du mystère des ténèbres et de la mort et des réseaux souterrains de galeries inextricables, hors de toute logique historique rationnelle. La théorie la plus célèbre et la plus fantaisiste restant celle qui voit dans les catacombes un refuge caché des chrétiens persécutés, à une époque où non seulement les catacombes étaient, sinon inexistantes, du moins d'étendue limitée, et surtout au vu et au su de tous, et en particulier des autorités romaines, puisqu'elles se trouvaient toutes au sein de nécropoles païennes existant souvent depuis des siècles. Ce nouveau Dossier d'Archéologie, principalement centré sur Rome, contribue à apporter au grand public un état des lieux scientifiquement mis à jour par les spécialistes des catacombes de l'Occident méditerranéen, qui ont livré ces vingt dernières années les contributions les plus novatrices dans les domaines de l'histoire, de la topographie, de l'épigraphie et de l'iconographie. |
| Principaux articles référencés pour ce numéro |
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| Les catacombes | Pergola (Ph.) | Pages 3-5 |
| Genèse et développement Le monde funéraire souterrain de l’Antiquité, organisé en réseaux et en systèmes de chambres ou de galeries, de sépultures plus ou moins richement élaborées ou plus ou moins complexes dans leur organisation et leur extension, est une constante systématique et répandue dans le monde occidental. Souvent aucun lien n’existe entre certaines de ces réalités funéraires géographiquement proches, mais éloignées les unes des autres dans le temps, comme c’est le cas des hypogées étrusques par rapport aux catacombes romaines, puisqu’une solution de continuité longue de plusieurs siècles sépare ces deux phénomènes. On doit penser en revanche, on le verra, à des liens géopolitiques entre Orient et Occident à l’origine des catacombes romaines, qui tirent probablement leur inspiration de modèles syro-palestiniens (les hypogées hellénistiques orientaux), sous l’influence des pratiques funéraires des fidèles des religions monothéistes orientales, croyant en un au-delà et à la résurrection des corps, qui arrivent en masse à Rome au moment où ces pratiques y prennent pied ; ce n’est pas une coïncidence. catacombe de Priscille, cubiculum, sarcophage, suburbium romain |
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| Les catacombes romaines | Pergola (Ph.) | Pages 6-19 |
| Des origines à l'abandon Sous le titre général de “catacombes”, on entend ici le phénomène souterrain qui fait la caractéristique du monde funéraire de la Rome de la fin de l’Antiquité. Il faut par conséquent regrouper sous ce terme à la fois les premiers développements limités de petits ensembles souterrains, que l’on qualifie d’“hypogées”, mais aussi toutes les réalités intermédiaires dont l’aboutissement sera constitué par les grands réseaux complexes des vastes cimetières souterrains des communautés juive ou chrétienne tels qu’ils nous sont parvenus. hypogées juifs et chrétiens, sarcophages, empereur Constantin, cubiculum du Bon Pasteur, catacombe de Domitille, de Commodille, de Saint-Calixte, de Pierre et Marcelin, de Prétexte, cubiculum des mensores, sanctuaires des martyrs, basilique souterraine, |
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| Les sanctuaires des martyrs romains | Spera (L.) | Pages 20-29 |
| Tombes de martyrs La présence de nombreuses tombes de martyrs dans les nécropoles communautaires provoque une série de transformations qui changent radicalement l'agencement des cimetières chrétiens, surtout à partir de la paix religieuse de 313 : l'attraction pieuse exercée par ces tombes est à la base d'un processus de transformation qui souvent “remodèle” complètement l'espace funéraire en fonction de nouvelles nécessités de fréquentation, et en garantit, entre autres, la continuité jusqu'au haut Moyen ge, même après l'interruption de l'activité sépulcrale lorsque la translation complète des reliques saintes dans les églises urbaines marquera la fin progressive mais inexorable des sanctuaires suburbains. loculus, sépultures, catacombes de Calixte, de Pamphile, de Domitille, basiliques ad corpus |
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| Les images des chrétiens dans les catacombes romaines | Bisconti (F.) | Pages 30-43 |
| Iconographie Il est intéressant de constater que les débuts d’un art proprement chrétien à Rome coïncident avec la naissance officielle des catacombes, entre le IIe et le IIIe s. ap. J.-C., lorsque le pape Zéfirin (199-217 ap. J.-C.), confia au diacre Calixte la supervision des catacombes de la via Appia. art paléochrétien, catacombes, cubiculum, hypogées, peintures, fresques, image du Bon Pasteur, de l'orant, portraits, verres dorés, objets luminescents, sarcophages, mosaïques, culte des martyrs |
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| Les inscriptions des chrétiens dans les catacombes | Mazzoleni (D.) | Pages 44-51 |
| Inscriptions Parmi le matériel que les catacombes ont conservé, les inscriptions constituent sans aucun doute une source abondante et précieuse. L'intérêt de toutes ces pierres, souvent écrites avec des lettres de facture médiocre, employant un latin et un grec tardifs qui n'étaient plus les langues classiques mais reflétaient les langages parlés dans l'Antiquité tardive, est multiple : par l'étude de ces documents (qui ne fait que commencer et qui est bien loin d'être achevée), plusieurs éléments utiles et parfois inédits peuvent facilement apparaître pour mieux connaître cette communauté chrétienne des premiers siècles, sa langue, sa religiosité, sa vie affective, ses conceptions sur le mystère de la mort mais aussi sa composition sociale, la présence des immigrés et tant d'autres petits détails apparemment de peu d'importance mais dont aucune source officielle n'a jamais fait mention. Des dizaines de milliers d’inscriptions provenant des cimetières souterrains romains mais également d'autres ensembles funéraires hors de Rome ont constitué des groupes plus ou moins importants de ces témoignages écrits : il suffit de penser en premier lieu à Syracuse, puis à Naples, à Chiusi et à tant d'hypogées du Latium et des autres régions d'Italie centro-méridionale, mais aussi à Sousse (l'Hadrumetum romaine) en Tunisie ou à Sabratha en Libye. épigraphie chrétienne, catacombes, noms des premiers chrétiens, langue, inscriptions, dévotion envers les martyrs |
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| Les catacombes juives de Rome | Vismara (C.) | Pages 52-57 |
| Catacombes juives Les catacombes représentent pour nous la source principale pour la connaissance de la communauté juive de Rome : les inscriptions qu’elles ont restituées nous apprennent l’existence de plusieurs synagogues, tout en nous renseignant sur les charges de leur hiérarchie interne ; les peintures qui les décoraient nous aident à dresser un tableau de la culture de cette communauté et de son intégration à la société dans laquelle elle vivait. Villa Torlonia, Vigna Randanini, Vigna Cimarra, catacombe de la via Labicana, peintures murales, aménagements |
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| Les catacombes de l'Italie centrale | Fiocchi Nicolai (V.) | Pages 58-63 |
| Italie centrale L’Italie centrale constitue la région de la péninsule italienne qui a livré le plus grand nombre de catacombes. Dans le seul Latium, outre les catacombes romaines, près de 50 autres sont référencées ; parmi elles, 30 sont toujours visibles et visitables ; les autres ne sont connues qu’à travers des documents anciens. En Toscane, deux catacombes se trouvent dans la ville Chiusi, et une autre sur l’île de Pianosa. En Ombrie et dans les Abruzzes, des cimetières souterrains sont attestés sur le territoire de Perugia (à Villa Santo Faustino) et sur celui de L’Aquila (à Amiterno, à Castelvecchio Subequo et à Bazzano). catacombes, Monte Stallone, peintures murales, Via Nomentana, inscriptions, tombes de martyrs |
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| Les catacombes de Naples | De Pasquale (G.) | Pages 64-69 |
| Campanie Naples, comme Rome et les autres villes où le christianisme connut une diffusion large et immédiate, construisit, dès la fin du IIe ou au début du IIIe s., son propre réseau cémétérial souterrain qui se développa au pied des Colli Aminei, et en particulier dans la zone qu’on appelle Sanità. Cette dernière, située à l’extérieur de la ville, était un établissement gréco-romain déjà destiné aux tombes. catacombes de Saint-Janvier, de Saint-Gaudiosus, de Saint-Sévère et de Saint-Éphèse |
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| Les catacombes siciliennes | Carra Bonacasa (R. M.) et Cavallaro (N.) | Pages 70-77 |
| Sicile La Sicile, à l'instar de Rome et de la péninsule, possède elle aussi de nombreuses catacombes paléochrétiennes. Elle a même développé un type de sépulture particulier que l'on retrouve rarement ailleurs. La présentation de ces tombes se fera en deux parties : la première concerne la Sicile occidentale avec trois sites importants : Agrigente, Lilibée et Palerme ; la seconde traite de la partie orientale de l'île où prolifèrent des installations funéraires de dimensions plus modestes. Sicile occidentale, hypogées, peintures, Lilibée, Marsala, Agrigente, Palerme, Sicile orientale |
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| Malte paléochrétienne | Borg (V.) | Pages 78-85 |
| Malte L’archipel maltais, dont les îles principales sont Malte et Gozo, se situe au centre de la Méditerranée, à 90 km au sud de la Sicile, et à 300 km au nord de la Libye. Bien que sa superficie soit limitée, les trésors qu'il renferme sont d’une importance remarquable. Cette richesse, l’archipel la doit à sa position stratégique ainsi qu’aux divers bouleversements culturels qui l'ont marqué depuis la Préhistoire. De fait, les îles maltaises offrent quelque chose de tout à fait unique en son genre dans tout le bassin méditerranéen. Ses magnifiques temples mégalithiques ne se rencontrent nulle part ailleurs. Certains d’entre eux remontent au IVe millénaire avant le Christ, bien avant les monuments des civilisations crétoise, égyptienne et grecque. hypogées, Rabat, Tas-Caghki, complexe de Saint-Paul, de Sainte-Agathe, de Tas-Silg, tombe à baldaquin, chrisme, table eucharistique, catacombe de San Paolo |
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| Catacombes romaines et italiennes | Saint Luc, évangéliste et historien |