Dossiers d'Archéologie n° 275 du 01/07/2002
Numéro Double  
Cluny, à la découverte des sites clunisiens
Cluny et l'ordre clunisien ont joué un rôle majeur et déterminant dans la construction religieuse et politique européenne, et dans la formation des esprits à une certaine ouverture culturelle. L'histoire de l'ordre a fait l'objet d'un premier volume double des Dossiers d'Archéologie (n° 269 - déc. 2001/janv. 2002) sous le titre "Cluny ou la puissance des moines : histoire de l'abbaye et de son ordre (910-1790)". Ce second dossier double veut montrer Cluny dans son environnement européen (France, Suisse, Italie, Espagne) à travers 54 sites parmi les plus caractéristiques et les plus représentatifs. Plusieurs d'entre eux sont bien connus du grand public et des amateurs d'art (Berzé-la-Ville, La Charité-sur-Loire, Moissac, Paray-le-Monial, Romainmôtier, Sahagun, Souvigny, Vertemate, Vézelay) ; beaucoup d'autres méritent tout autant leur attention. Mais tous ont participé, à leur manière et selon leurs moyens, au rayonnement d'un des plus fameux ordres monastiques que l'Europe ait connu.
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
Le réseau clunisien au Moyen Âge Méhu (D.) Pages 4-11
Introduction
Tout historien penché sur le monachisme clunisien se heurte tôt ou tard à la définition de son objet. Qu’est-ce qu’un monastère clunisien ? Il n’existe pas deux listes identiques. Pour certains, on a pu en dénombrer quelques centaines, près de 1000, voire 1200. Le cœur du réseau est bien identifié entre la Bourgogne, l’Auvergne et l’Île-de-France, mais ses marges sont floues : jusqu’en Pologne ? au Portugal ? en Palestine ? ou guère au-delà du Rhin, de la Lombardie et de la Castille ? Et que faire de ces “pré-clunisiens” et “néo-clunisiens” identifiés par les historiens allemands et cartographiés comme tels dans leurs atlas historiques ?

 
Saint-Germain d'Auxerre (Yonne) Sapin (Ch.) Pages 12-13
Auxerre (89)
Saint-Germain d’Auxerre (Yonne) n’appartient pas véritablement à la constellation des sites clunisiens ; en effet ce site constitue un des exemples où la greffe n’a pas pris. On le mentionnera pour ses liens privilégiés avec Maïeul de Cluny, et pour les échos de l’art clunisien que l’on peut y trouver.

 
Baume-les-Messieurs (Jura) Sapin (Ch.) Pages 14-15
Baume-les-Messieurs (39)
Baume-les-Messieurs (Jura) est assurément, avec Gigny, un des sites phares de l’histoire, et même de la “préhistoire” clunisienne, avec ses jours d’ombre et de lumière, dont témoigne encore aujourd’hui la grande abbatiale installée au plus profond d’un site naturel unique.

 
Beaulieu-sur-Dordogne en Bas-Limousin Proust (É.) Pages 16-17
Beaulieu (19)
Dominant le bourg auquel le monastère a donné naissance, l’abbatiale de Beaulieu-sur-Dordogne, célèbre pour son tympan sculpté, est un précieux vestige du principal point d’ancrage de l’ordre de Cluny en Bas-Limousin.

 
La Chapelle-des-moines de Berzé-la-Ville Méhu (D.) Pages 18-19
Berzé-la-Ville (71)
Petit édifice construit à mi-chemin entre Cluny et Mâcon, la chapelle-des-moines de Berzé-la-Ville résume l’Église clunisienne à son apogée. Elle est intégrée dans la couronne de lieux clunisiens qui protègent et nourrissent le monastère. Ses peintures murales expriment le désir de l’expansion clunisienne aux dimensions de la chrétienté.

 
Carennac Pêcheur (A.-M.) Pages 20-21
Un jalon de l'empire clunisien
Situé au cœur du pittoresque village de Carennac, baigné par les eaux de la Dordogne, le prieuré-doyenné de Carennac, composé de l’église Saint-Pierre, du cloître, des bâtiments conventuels et du château des doyens, est l’un des ensembles monumentaux les plus visités du Haut Quercy.

 
Les principaux prieurés clunisiens de la péninsule Ibérique Senra (J. L.) Pages 22-25
Carrion (Espagne
Dès le dernier tiers du XIe siècle, les relations de la monarchie de Castille et León avec Cluny se renforcèrent, avec le doublement de la rente annuelle instituée vers 1050 et le rattachement de monastères géopolitiquement très importants à l’ordre clunisien. Les vestiges qui nous sont parvenus mettent en évidence l’introduction de certains éléments architectoniques étrangers à la tradition espagnole.

 
Charlieu Krüger (K.) Pages 26-27
Charlieu (42)
Le monastère, appelé “Carus locus”, fut fondé peu avant 876 par l’évêque Robert de Valence et son frère Édouard. Un acte pontifical de l’an 932 témoigne de sa soumission à l’abbaye de Cluny, due à l’initiative du comte Hugues d’Arles et de Vienne, qui faisait partie de l’entourage de la famille royale de Bourgogne, elle-même étroitement liée à l’abbé de Cluny, Odon (927-942). Malgré la taille du couvent, qui comptait plus de 30 moines, et sa prospérité qui ressort des rapports de visites, Charlieu eut un rôle plutôt modeste au sein de l’ordre clunisien, et n’eut jamais plus qu’une portée régionale.

 
La Madeleine à Charolles et Marcigny Jacquier (É.) Pages 28-30
Deux prieurés clunisiens en Bourgogne du Sud
Les prieurés de Charolles et de Marcigny (Saône-et-Loire) dépendaient de l’ordre de Cluny, comme ceux de Paray-le-Monial, Saint-Marcel-les-Chalon, Bourbon-Lancy, Mesvres, Mont-Saint-Vincent et Saint-Racho-les-Autun. Leur existence est liée à ce contexte de ferveur religieuse, marquant les Xe et XIe siècles, qui incita les riches seigneurs aux fondations pieuses. S’ils connurent tous deux un sort commun durant les guerres de Religion (1568) où ils furent mis à sac, puis morcelés, démembrés sous la période révolutionnaire, au titre des biens nationaux, on ne peut guère les assimiler tant ils bénéficièrent d’une expansion fort contrastée que les aléas des sources écrites (pertes, dispersions) accentuent fortement. Néanmoins, les comptes rendus des visites, que l’ordre organisait régulièrement pour veiller au suivi temporel et spirituel de ses maisons conventuelles, éclairent de façon éphémère un passé perdu.

 
Châtel-Montagne Maquet (A.) Pages 31-31
Une église remarquable
Située dans une zone de moyenne montagne, l’église de Châtel-Montagne, qui relevait du diocèse de Clermont jusqu’à la création de l'évêché de Moulins en 1822, séduit le visiteur par la force qui se dégage de sa sobre architecture de granit.

 
L'abbaye Saint-Sauveur de Figeac Fau (J.-C.) Pages 32-33
Figeac (46)
La ville de Figeac comme celle de Moissac, à l’autre extrémité du Quercy, a pour origine une très ancienne abbaye bénédictine qui, au XIe siècle, est venue rejoindre la grande famille clunisienne. Dans les deux cas aussi, le rôle de ville-étape sur la route du Puy à Saint-Jacques de Compostelle, la via podensis, et les activités économiques issues du pèlerinage ont fortement contribué au peuplement.

 
Le prieuré roman de Ganagobie Magnani (É.) Pages 34-37
Ganagobie (04)
Célèbre par son église et ses mosaïques du XIIe siècle, l'ancien prieuré clunisien de Ganagobie s'élève sur un plateau occupé probablement depuis l'âge du Bronze. Il surplombe la Durance, au bord de la voie Domitienne, chemin qui pendant l'Antiquité et le Haut Moyen ge liait le bassin rhodanien à la vallée du Pô. Donné à Cluny dans les années 960, vendu comme bien national en 1791, Ganagobie a fait l'objet d'une fouille extensive entre 1974 et 1994. Entièrement restauré, le monastère abrite depuis 1992, une communauté bénédictine venue de Hautecombe en Savoie.

 
Gigny Sapin (Ch.) Pages 38-39
Gigny (39)
Berceau de Cluny, le site et l’abbatiale de Gigny (Jura) demeurent encore aujourd’hui des témoins essentiels pour les débuts de l’architecture romane, comme pour les dispositions liturgiques.

 
L'hôtel de Cluny Huchard (V.) Pages 40-41
Paris (75)
Au cœur du Quartier latin, se dresse l’hôtel de Cluny, résidence parisienne des abbés bourguignons. Édifié à la fin du XVe siècle, c’est l’un des rares édifices d’architecture civile médiévale conservé à Paris ; il continue d’offrir un magnifique exemple d’architecture flamboyante.

 
Le monastère de La Charité-sur-Loire (Nièvre) Arnaud (Ch.) Pages 42-45
La Charité-sur-Loire (58)
Le site de La Charité-sur-Loire est surtout connu pour son église prieurale. Autour d’elle, les bâtiments monastiques et la ville sont tout aussi dignes d’intérêt. Désignée fille aînée de Cluny, cette dépendance s’inscrit pleinement dans l’esprit clunisien tout en conservant sa spécificité.

 
Lavoûte-Chilhac, Sainte-Croix de La Volte Vigier (J.-L.) Pages 46-47
Un prieuré clunisien au pays d'Odilon
Bien qu’il ait été élu en 994 à la tête de l’Ordre de Cluny et en soit devenu le Veme Abbé, Odilon de Mercœur n’oublia pas pour autant son Auvergne natale, comme en témoigne un certain nombre de monastères qu’il y fit construire, et notamment le prieuré Sainte-Croix de La Volte, fondé de conserve avec toute sa famille, le 14 septembre 1025, jour de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix. Ils implantèrent ce monastère sur une petite colline qui leur appartenait et était exactement située face au très ancien village de Saint-Cirgues, où se trouvait d’ailleurs un château des Mercœur. Comme le précise Odilon dans la charte de fondation de ce prieuré :“On appelle cette colline Volte, parce qu’elle est située sur les bords de l’Allier, rivière dont les eaux l’entourent sur trois côtés, et pour ainsi dire, l’enveloppent de leurs plis sinueux”.

 
Saint-Martial de Limoges, prestigieuse abbaye Proust (É.), Barrière (B.) Pages 48-49
Limoges (87)
Cette puissante abbaye détruite à la fin du XVIIIe siècle s’est édifiée auprès du tombeau de Martial, premier évangélisateur du Limousin, disparu vers l’an 300.

 
L'abbatiale Saint-Martin de Massay Chevochot (C.) Pages 50-51
Massay (18)
Édifiée au VIIIe s. sur décision du comte d’Aquitaine, l’abbaye Saint-Martin de Massay bénéficia rapidement des attentions royales et papales. Parmi ses abbés les plus emblématiques se trouve Bernon, qui sera le premier abbé de Cluny. Le monastère est installé en limite de bourg et il était ceint de remparts précédés de fossés. Il eut cependant à subir les incursions normandes, anglaises, puis protestantes, et fut donc maintes fois reconstruit.

 
Le doyenné de Mazille Salvèque (J.-D.), Garrigou Grandchamp (P.) et Guerreau (A.) Pages 52-53
Mazille (71)
La première mention de Mazille figure dans un acte de 893, quand, vingt années après la fondation de Cluny, la veuve d’un vicomte de Mâcon fit don aux moines de tous ses acquêts dans le secteur de Mazille. Dès ce moment, la présence des clunisiens se renforça pour se concrétiser d’une manière décisive dans la décennie 950.

 
L'abbaye de Menat Maquet (A.) Pages 54-55
Menat (63)
L’abbaye de Menat (Puy-de-Dôme) est située à proximité immédiate des gorges de la Sioule, dans une région boisée au relief marqué et pendant longtemps difficile d'accès. L’édifice est situé à mi-pente au-dessus d’un petit affluent. De fondation ancienne, le monastère ne devient clunisien que tardivement et ne connaît pas un grand épanouissement dans l’ordre, peut-être en raison de sa situation. Les bâtiments subsistants témoignent malgré cela d’une grande ampleur.

 
Le prieuré de Moirax en Agenais Fau (J.-C.) Pages 56-57
Moirax (47)
Au milieu des molles ondulations qui se déploient sur la rive gauche de la Garonne, au sud d’Agen, l’église romane Sainte-Marie de Moirax occupe le sommet d’un coteau, à 2 km environ du fleuve. Elle domine de sa masse de pierres claires les toits de tuile du modeste village disposé en arc de cercle à son pied.

 
L'abbaye Saint-Pierre de Moissac Fraïsse (Ch.) Pages 58-61
Moissac (82)
Le monastère Saint-Pierre de Moissac, né au VIIe siècle, s’affilia à la congrégation clunisienne au milieu du XIe siècle. Cette union contribua largement au nouvel essor de cette importante abbaye du sud-ouest de la France qui a conservé deux monuments phares de la sculpture romane : le cloître terminé en 1100, plus ancien cloître historié connu, et le portail de l’église abbatiale. Malmené par le XIXe siècle, l’ancien monastère tente de nos jours de recouvrer l’ensemble de ses bâtiments conventuels dans la perspective d’un usage culturel.

 
Mozac Maquet (A.) Pages 62-63
Une abbaye intégrée à l'ordre
Mozac, situé à 1,3 km de Riom (Puy-de-Dôme) constitue actuellement un faubourg de cette ville. C’est une communauté monastique importante et ancienne, à la tête d’un réseau de dépendances conséquent, mais qui a conservé des spécificités à l’intérieur de l’ecclesia cluniacensis.

 
Le prieuré clunisien de Nantua Baud (A.) Pages 64-65
Ancienne abbaye carolingienne de Bugey
Les origines de l'abbaye de Nantua sont assez mal connues. Selon la légende rapportée par Guichenon, une abbaye aurait été fondée au VIIe siècle par saint Amand à Nanto, dans le territoire des Lyonnais. Mais le toponyme longtemps assimilé à celui de Nantua ne correspondrait pas à l'abbaye du Bugey ; selon les Bollandistes, Nanto se trouverait en Rouergues.

 
La priorale Saint-Étienne de Nevers Chevochot (C.) Pages 66-67
Nevers (58)
Sa construction semble débuter en 1063, date de sa donation directe à l’abbaye de Cluny. Son édification se place dans un contexte historique important : Pierre Damien, Hugues de Cluny et Yves de Chartres font émerger Saint-Étienne dans la mouvance de leur réforme monastique et ecclésiastique. Douze moines et un prieur furent envoyés pour y œuvrer. Consacrée en 1097, l’église s’affirme déjà comme un édifice exemplaire, tant sur le plan spirituel qu’architectural.

 
Le prieuré Saint-Sauveur de Nevers Chevochot (C.) Pages 68-69
Nevers (58)
Fondation carolingienne relevée au XIIe siècle, le prieuré Saint-Sauveur bénéficie d’une implantation stratégique. Le prieuré s’inscrit dans un tissu urbain dense, entre les limites du cloître des chanoines de la cathédrale et celles de l’abbaye Notre-Dame. Protégée par les remparts, l’église se situe alors aux débouchés du pont de Loire et offre un premier accueil aux pèlerins et voyageurs.

 
Saint-Victor de Nevers : abbatiale et priorale Chevochot (C.) Pages 70-71
Nevers (58)
Construit dans le faubourg est de Nevers, le monastère consacré à saint Victor serait un des premiers de la cité. Ruinée au cours des siècles, l’abbaye est sauvée grâce au diplôme du roi Henri Ier qui ordonne sa reconstitution. Installé dans les limites du bourg Saint-Étienne, le monastère est resté dans l’ombre du puissant prieuré du même nom. Il bénéficiera cependant de la générosité du comte Guillaume Ier, à la recherche du salut de son âme.

 
Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou Racinet (Ph.) Pages 72-73
Nogent (28)
Le monastère Saint-Denis est donné à Cluny en 1080 par Geoffroy, premier comte du Perche, à la suite d’une querelle avec les religieux de Saint-Père de Chartres, premiers bénéficiaires de cette fondation qui remonte à 1031-1032. Cette concession est symptomatique de l'enjeu géo-politique que représente un établissement monastique de ce type, car le choix de Cluny – qui venait de récupérer du roi la collégiale de Saint-Martin-des-Champs, dans la capitale capétienne – au détriment de l'abbaye chartraine, dans un centre de pouvoir de la famille de Blois, ne peut pas être une simple coïncidence.

 
L'empreinte clunisienne dans les monastères de Ona et Cardena Senra (J. L.) Pages 74-75
Ona et Cardena (Espagne)
La profonde influence de Cluny s’est-elle matérialisée dans la péninsule Ibérique ? La présence des sculpteurs romans bourguignons qui travaillèrent aux grands édifices clunisiens est visible non seulement dans les prieurés dépendants de l’abbaye, mais aussi dans les monastères qui furent plus ou moins influencés par celle-ci.

 
Les priorales de Paray-le-Monial Rollier (G.) Pages 76-79
Paray-le-Monial (71)
Fondé par Lambert, comte de Chalon, en 973, le monastère de Paray-le-Monial est donné à Cluny en 999. À la fin du XIe siècle, sous l’impulsion de Hugues de Semur, le chantier de l’église romane est engagé. Depuis 1997, des fouilles préventives accompagnant des réaménagements importants du bâtiment ont permis la découverte d’une première église romane et une nouvelle réflexion sur la construction de la basilique actuelle.

 
Payerne Krüger (K.) Pages 80-83
Suisse
Payerne, dont l’origine remonte à une villa romaine dans laquelle l’évêque Marius de Lausanne avait dédié une chapelle à la sainte Vierge en 587, était le monastère préféré de l’abbé de Cluny Odilon (994-1049), d’après ce que raconte son biographe. Comme Romainmôtier, Payerne était un couvent de chanoines, possession de la famille royale de Bourgogne, avant d’être cédé à Cluny sous le roi Conrad et sa sœur, l’impératrice germanique Adelheid, entre 961 et 968. En 1033, l’empereur germanique Conrad II se fit couronner roi de Bourgogne dans l’église abbatiale, imposant ainsi ses droits à la succession du roi Rodolphe III, qui n’avait pas eu d’enfants.

 
Saint-Jean de Montierneuf à Poitiers Treffort (C.) Pages 84-87
Une abbaye ducale et clunisienne
L’histoire de l’abbaye Saint-Jean de Montierneuf à Poitiers est bien documentée par des sources écrites et matérielles. La Chronique du moine Martin raconte sa fondation et les chartes accompagnent la constitution de son temporel ; l’église en partie conservée et quelques travaux archéologiques permettent de restituer une dimension monumentale à cet important établissement, lié dès son origine à la mémoire ducale, à la politique clunisienne et à l’influence pontificale dans le cadre de la diffusion de la réforme grégorienne en Aquitaine.

 
Le site clunisien de Pommiers-en-Forez Delomier (Ch.) Pages 88-89
Pommiers-en-Forez (42)
Au nord de la plaine alluviale du Forez (Loire), le bourg de Pommiers-en-Forez est situé au sommet d'une petite butte argileuse, sur la rive gauche de l'Aix, affluent de la Loire. Le village enserré dans des remparts médiévaux contient encore deux églises, un prieuré et quelques maisons d’habitation.

 
Pontida (Bergame), le prieuré de San Giacomo Piva (P.) Pages 90-91
Pontida (Italie)
Le prieuré de Pontida vit le jour grâce à la donation d'un morceau de terre à Cluny par Alberto de Prezzate (1076) – personnage-clé de l'expansion clunisienne en Italie – qui, après 1082, se rendit à Cluny et y reçut de l'abbé Hugues potestatem et auctoritatem sur le prieuré de Pontida. De l'église, il ne reste malheureusement que des vestiges trop ténus pour une restitution complète : la base d'un pilastre et une partie du mur périphérique septentrional, retrouvés en 1912 et toujours visibles. Les fondations de la façade furent mises au jour au cours de fouilles menées en 1966. L'église, en blocs de pierre, fut dédiée à la Vierge, à l'apôtre Jacques, à saint Bassiano et à saint Nicolas.

 
Pont-Saint-Esprit Magnani (É.) Pages 92-93
Premier prieuré clunisien dans le Midi
Saint-Saturnin-du-Port est le nom original de la localité où, à partir du milieu du Xe siècle, les clunisiens installent ce qui deviendra leur plus important prieuré méridional. Ce n'est qu'au début du XIVe siècle, avec la construction du célèbre pont sur le Rhône (entre 1269 et 1309), que l'agglomération prend le nom de Pont-Saint-Esprit(1). Sur la rive droite du fleuve, dans un lieu de passage important, le monastère a abrité jusqu'à trente moines et a été à la tête d'une dizaine d'obédiences situées sur les deux côtés du Rhône.

 
Ris Maquet (A.) Pages 94-95
Une fondation ancienne
Le prieuré clunisien de Ris est situé dans l’actuel département du Puy-de-Dôme, entre Vichy et Thiers, dans l’ancien diocèse de Clermont. Une communauté monastique a été établie entre 978 et 998, ce qui en fait une des plus anciennes de la région. En 978, Amblard, archevêque de Lyon, fait don à Cluny d’une villa et de dépendances pour y établir une celle dédiée à saint Pierre. Pour constituer cette donation, Amblard a acquis de plusieurs personnes un ensemble de biens depuis décembre 959 dans cette même villa dénommée alors Nimsiacus.

 
Romainmôtier Krüger (K.) Pages 96-99
Suisse
Fondé au milieu du Ve siècle et rétabli au VIIe, Romainmôtier avait déjà une longue histoire quand il fut donné à l’abbé Maïeul de Cluny dans la seconde moitié du Xe siècle. Sous l’abbatiat d’Odilon, Romainmôtier était un monastère clunisien important. L’église construite à cette époque préserve plusieurs traits exceptionnels, dont des voûtes du XIe siècle et des décors peints médiévaux à l’intérieur comme à l’extérieur. Depuis 1985, des fouilles ont fait de Romainmôtier un des sites monastiques du Haut Moyen ge les mieux étudiés.

 
Saint-Jean-Baptiste de Ronsenac Montigny (A.) Pages 100-101
Ronsenac (16)
C’est au cœur du bourg de Ronsenac, village charentais situé à 20 km au sud d’Angoulême, que se dressent les vestiges encore imposants du prieuré Saint-Jean-Baptiste. Par son histoire et son architecture, il est un exemple de ces nombreux petits ensembles prioraux clunisiens.

 
Sahagun Senra (J. L.) Pages 102-105
Espagne
En pleine phase d’harmonisation culturelle avec le reste de l’Europe, le roi Alphonse VI accéléra les réformes dans son royaume en s’appuyant sur un monastère traditionnel. Bien que la réalité matérielle de Sahagún durant les XIe et XIIe siècles soit peu connue, il est néanmoins possible d’y pressentir l’omniprésence de Cluny.

 
Saint-Arnoul de Crépy-en-Valois (Oise) Racinet (Ph.) Pages 106-107
Saint-Arnoul (60)
Présenter en quelques lignes un site dont l'histoire dépasse largement le millénaire suppose d’aller à l’essentiel, c’est-à-dire s’efforcer de montrer la densité des vestiges conservés et la force de leur signification historique et archéologique.

 
Saint-Martin-des-Champs (Paris) Racinet (Ph.) Pages 108-109
Paris (75)
La collégiale fondée en 1060 par le roi Henri Ier, sur l'emplacement d'un très vieux sanctuaire, fut donnée par le roi Philippe Ier à Cluny en 1079. Avec plus de soixante-dix moines et une trentaine de dépendances monastiques, cet établissement monastique était le plus important de Paris. Trois traits principaux caractérisent cet énorme prieuré.

 
Saint-Germain-des-Fossés Maquet (A.) Pages 110-111
Un exemple de dépendance
Le prieuré de Saint-Germain-des-Fossés est situé en Bourbonnais, dans le département de l’Allier, à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Vichy, à mi-pente des collines dominant la rive droite de l’Allier, à proximité de la rivière, mais en zone non inondable. L’Allier est la voie de pénétration principale de l’Auvergne et le prieuré est ainsi très bien localisé. Cet établissement relève de Mozac et est caractéristique du groupe des petits prieurés ruraux.

 
Saint-Gilles-du-Gard, abbaye récalcitrante Magnani (É.) Pages 112-113
Saint-Gilles-du-Gard (30)
Centre d’un important pèlerinage au carrefour des routes fluviales, maritimes et terrestres qui, au nord-ouest de la Méditerranée, mènent à Rome, à Jérusalem et à Saint-Jacques de Compostelle, l'abbaye carolingienne de Saint-Gilles est tête de pont, à la frontière de la Provence, du pouvoir des comtes de Toulouse. Elle demeure rattachée à Cluny relativement peu de temps, entre 1066 et 1132, mais c'est au cours de cette période, grâce au développement du culte de saint Gilles, que débute la construction de l'abbatiale romane et que le monastère se dote d'un réseau de dépendances qui s’étend de la péninsule Ibérique à la Hongrie.

 
Saint-Leu d'Esserent (Oise) Racinet (Ph.) Pages 114-115
Saint-Leu d'Esserent (60)
Ce prieuré conventuel triple constitue un ensemble privilégié à bien des égards. Tout d’abord, il conserve les éléments principaux de l’organisation spatiale d’un grand monastère : les croix annonçant la proximité du prieuré, la ferme extérieure et le banvin, cave où l’on stockait les récoltes viticoles avant de les vendre, l’enceinte monastique et ses belles entrées (XIIe et XIVe siècles), l’église à la fois priorale et paroissiale, le groupe claustral, pour lequel il subsiste encore une partie du cloître (XIIIe siècle) et une vaste cave voûtée sous l'aile orientale, des appendices majeurs situés dans l'enclos monastique, comme le manoir localisé à proximité immédiate du carré claustral (probable logis prioral reconstruit au XIVe siècle), la pièce d’intendance, grande salle semi-enterrée voûtée d'ogives contrôlant l'accès aux celliers, et, enfin, la ferme intérieure dont il ne reste que le colombier.

 
Saint-Marcel-lès-Chalon (Saône-et-Loire) Sapin (Ch.) Pages 116-117
Saint-Marcel-lès-Chalon (71)
À l’emplacement d’une basilique permettant la vénération des reliques de saint Marcel au Haut Moyen ge, l’abbaye restaurée par les clunisiens à la fin du Xe siècle est une des premières refondations qui vont constituer progressivement une partie du réseau des prieurés de Cluny.

 
San Benedetto Po (Mantoue), abbaye de Polirone Piva (P.) Pages 118-119
San Benedetto Po (Italie)
L'abbaye de San Benedetto Polirone (Mantoue), fondée par la famille des Canossa en 1007 comme monastère privé, fut concédée en 1077 à Grégoire VII par Mathilde de Canossa. Le pape la confia aussitôt à l'abbé Hugues de Cluny qui y envoya au moins trois abbés clunisiens : Guido, Guillaume et Albéric (ainsi que peut-être Herman). Les églises romanes de Polirone de la première moitié du XIIe siècle (l'église majeure de San Benedetto et celle, mineure, de Santa Maria) tiennent évidemment compte des modèles architecturaux clunisiens même si elles ont été entièrement construites en brique.

 
Sarrians et l'idéal clunisien de la Croix Magnani (É.) Pages 120-121
Sarrians (84)
Construite dans les années 1030 à l'initiative du moine Laugier, l'église de Sarrians est l'un des rares exemples subsistants du premier art roman méridional. Dotée au XVIIe siècle d'un clocher-porche et de bas-côtés, entourée de maisons, c'est à son intérieur que l'on peut observer les caractéristiques de l'église primitive. Long d'environ 23 m, parementé en petits moellons de calcaire irréguliers, l'édifice était composé d'une nef unique à trois travées, d'un transept dont la croisée est couverte d'une haute coupole sur trompes, et d'un chœur à trois absides semi-circulaires.

 
Sauxillanges Maquet (A.) Pages 122-123
Une fille de Cluny en Auvergne
Situé dans le Livradois entre la vallée de l’Allier et la vallée de la Dore, Sauxillanges a connu aux XIe et XIIe siècles une expansion remarquable qui en a fait un des grands établissements du diocèse de Clermont (avec Souvigny). De cette maison dépendait un grand nombre d’églises et de prieurés.

 
Souvigny Krüger (K.) Pages 124-126
Souvigny (03)
Lieu de sépulture des saints abbés Maïeul et Odilon, Souvigny fut un des prieurés les plus importants de Cluny. Avec une communauté comptant, à son apogée, entre 40 et 50 moines, il possédait à son tour un certain nombre de prieurés dépendants et figurait parmi les “cinq filles aînées” de Cluny. Ses possessions étendues et les faveurs des Bourbons, qui fondèrent deux chapelles funéraires dans l’église, ainsi qu’une réforme interne, faisaient de Souvigny un monastère important jusqu’au XVIIIe siècle.

 
Le tombeau des abbés Maïeul et Odilon Chevalier (P.), Maquet (A.) et Paillet (A.) Pages 127-127

Des fouilles récentes ont permis, après une analyse des sources disponibles et des lieux, une découverte majeure dans l’église de Souvigny (Allier) : celle du tombeau et des gisants des quatrième et cinquième abbés de Cluny.

 
Cluny, à la découverte des sites clunisiens L'Anatolie

 
Sommaire dossiers-archeologie.
 
Dossiers d'Archéologie n° 275 est un magazine des Editions FATON.