Dossiers d'Archéologie n° 238 du 01/11/1998
Numéro Normal  
Des peintures pour l'éternité
Ce Dossier d'Archéologie particulier présente dans un même volume deux expositions contemporaines, différentes dans les objets et les civilisations, mais similaires quant à leur thème : la peinture funéraire. La première partie est un condensé de l'exposition du Louvre intitulé "Portraits de l'Egypte romaine" ; la seconde présente l'exposition du musée de Saint-Romain en Gal "Au royaume des ombres".
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
Le regard des morts Parlasca (K.) Pages 4-11
Momies à portraits du Fayoum
Les portraits de momies – ces hybrides des Beaux-Arts et du culte des morts – sont les plus anciens témoignages de l’art du portrait peint. Par leur intermédiaire, le mort regarde en quelque sorte à travers sa propre momie (comme par une fenêtre). Au début du Ier s. ap. J.-C., c’est-à-dire au début de la domination romaine, dans le Fayoum, un ingénieux “anonyme” eût l’idée de remplacer les masques de momies traditionnels par des portraits peints. Cette coutume restera en usage pendant presque trois siècles et demi.
Egypte, portraits funéraires, Egypte romaine, masque-plastron
 
Le portrait en Egypte romaine Desti (M.) Pages 12-17

La notion de portrait en Egypte ancienne est aussi complexe que celle qui prévaut de nos jours. En simplifiant, et en ignorant certains aspects précis de cette problématique tels les liens entre écriture et image, on retiendra ici deux aspects formels et fondamentaux du portrait égyptien illustrés par les collections dijonnaises : la statue et bien sûr le portrait funéraire, qu’il soit masque de momie ou image peinte venant souvent remplacer ce dernier durant l’époque romaine.
Egypte, Dijon, masque, plastron, portraits peints
 
Faces cachées de quelques portraits du Fayoum Colinart (S.) Pages 18-23

L’imagerie scientifique appliquée aux œuvres d’art et d’archéologie apporte souvent des renseignements importants sur la genèse de la pièce étudiée, sur ses restaurations antérieures et sur son état de conservation actuel. C’est par cette approche que le Laboratoire de Recherche des Musées de France a commencé, en collaboration avec le département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre, une recherche systématique sur la technique des portraits funéraires à l’encaustique d’époque romaine. Dans ce but, sont pratiqués des examens simples, comme ceux sous lumière visible rasante et sous lumière ultraviolette, ou d’autres plus sophistiqués, telle la radiographie, nécessitant l’intervention de laboratoires spécialisés. Ces examens facilitent la compréhension de l’œuvre en permettant de retrouver une lecture proche de sa création originale que le vieillissement des matériaux et l’intervention de l’homme ont perturbée. A partir des documents obtenus, découvrons ensemble un autre aspect de ces portraits.
Egypte
 
Croyances et pratiques funéraires Dunand (F.) Pages 24-33
Rites et religion
La conquête romaine, en 30 av. J.-C., entraîne une transformation assez profonde de la société égyptienne. Dans les années qui suivent la chute de la monarchie lagide, les changements ne sont sans doute pas immédiatement sensibles, mais, progressivement, un nouveau système se met en place, expression de l’impérialisme romain.
Egypte, portraits, momies, tombe, bandelette, sarcophage, portrait peint, époque romaine, linceul, masque-plastron
 
La momification en Egypte à l'époque romaine Lichtenberg (R.) Pages 34-39

L’époque romaine couvre environ quatre siècles de l’histoire de l’Egypte. En 30 avant J.-C., la bataille d’Actium remportée par Octave sur les troupes de Cléopatre et d’Antoine, met un terme à la relative indépendance de l’Egypte ptolémaïque et apporte des changements radicaux dans la société. On peut dès lors, poser la question du devenir de la momification qui, pendant les trois siècles du pouvoir lagide, avait perduré sans changement notable.
Egypte, momie, radiographie, Douch, bandelettes, nécropole, A¨n-Labakha
 
Comment reconstituer le visage d'une momie Kouwenhoven (A.) Pages 40-43

Depuis 1829, le musée national des Antiquités de Leyde, aux Pays-Bas, abrite la momie d’une jeune Egyptienne, Sensaos, ainsi qu’une partie de son mobilier funéraire, son sarcophage de bois, son linceul et un papyrus inscrit. Mettant à profit les avancées de l’archéologie, de la médecine et de la technologie, les responsables du musée ont réalisé une étude complète de la momie sans même dérouler les bandelettes qui la protègent. Poussant même davantage – certains diront sans doute trop loin – leur exploration, ils entreprirent de reconstituer en trois dimensions le visage de la jeune fille. La démarche vaut la peine d’être présentée.
Sensaos, Egypte, momie, 3D, reconstitution, scanner
 
Au royaume des Ombres Blanc (N.) Pages 46-61
La peinture funéraire antique
Par nature, la peinture funéraire est très rarement accessible. Alors que le décor domestique bénéficie des grands musées “ouverts” que sont des sites archéologiques comme Glanum ou Ephèse, pour ne rien dire de Pompéi et Herculanum, les nécropoles ne peuvent que rarement recevoir le visiteur : la taille exiguë de la chambre funéraire, généralement malaisée à atteindre, l’atmosphère confinée qui en résulte, préjudiciable à la conservation des enduits, amènent à juste titre les autorités archéologiques à en limiter l’accès. La solution qui consiste à déposer les peintures pour les présenter au musée, permet à tous de les voir mais leur retire beaucoup de leur signification, hors du contexte si particulier de la tombe.
monde gréco-romain, maison des morts, portrait, Saint-Romain-en-Gal, mosaïque
 
De Kazanlak à Silistra Barbet (A.) Pages 62-79
Peinture funéraire en Thrace et en Dacie
La Thrace et la Dacie antiques recouvraient une partie de la Bulgarie et de la Roumanie actuelles. Cette zone, en contact à la fois avec les îles grecques par la mer Noire et avec le monde des steppes, de par sa situation géographique, a connu un développement extraordinaire du Ve au IIIe siècle av. J.-C et après de nombreuses vicissitudes un net renouveau au Bas-Empire. Elle a révélé, ces cinquante dernières années, des tombeaux peints d’une qualité exceptionnelle, souvent pillés dans l’Antiquité, mais dont la conservation a été assez bien assurée pour certains d’entre eux. Peu sont accessibles à la visite, c’est la raison pour laquelle cette vaste fresque voudrait permettre au public de les connaître.
Chipka, tombeau des Caryatides, Svestari, Hissar, nécropoles de Constantza, Serdica
 
Pratiques et mobilier funéraires Ferdière (A.) Pages 80-86
Les sépultures privilégiées en Gaule romaine
Les tombes peintes connues en Gaule sont peu nombreuses : comme le remarque Alix Barbet(1), les découvertes signalées, souvent anciennes, sont la plupart du temps douteuses, car il peut s’agir de simples caves et non de caveaux à destination funéraire ; on peut tout au plus en retenir quatre à peu près attestées : bien sûr celle de Neuvy-Pailloux (Indre)(2), et celles de Bordeaux (?), de Reims et de Boult-sur-Suippe (Marne)(3), d’autant que, sauf notamment dans ce dernier cas, le caractère funéraire des peintures est loin d’être toujours patent. Mais seul le caveau funéraire de Neuvy-Pailloux est daté de la première moitié ou du milieu du Ier s. ap. J.-C., alors que les trois autres sont tardifs (IIIe s., voire IVe-Ve pour Reims ?). Il s’agit dans deux cas de tombes urbaines (Bordeaux et Reims), dans les deux autres d’ensembles isolés, associés à d’importantes villae rurales, dont ils constituent les lieux de sépultures des propriétaires.
Neuvy-Pailloux, âge du Bronze, âge du Fer, époque romaine, tombeau
 
Des peintures pour l'éternité Xanthos, de la Perse à Byzance

 
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Dossiers d'Archéologie n° 238 est un magazine des Editions FATON.