![]() |
Dossiers d'Archéologie n° 300 du 01/02/2005 Numéro Normal Guerres antiques et impériales en Orient Depuis des millénaires, le Proche-Orient antique a été un terreau favorable au développement du despotisme. Les empires mésopotamiens ont, de façon naturelle, attaqué les terres qui étaient le prolongement des leurs : Iran, Anatolie, Égypte. Ce numéro des Dossiers d’Archéologie s’attache à expliciter des points plus singuliers comme par exemple le sort des fugitifs, des exilés et des déportés, les guerres “Iran-Irak”, les révoltes dans l’empire achéménide, l’action d’Alexandre le Grand. |
| Principaux articles référencés pour ce numéro |
||
| Les mondes proche-orientaux et l'impérialisme | Durand (J.-M.) | Pages 2-7 |
Une légende historique bien établie voudrait que l'exercice du pouvoir ait été inventé à Sumer, comme tant d'autres choses. On a d'ailleurs attribué à sa civilisation la création de la notion d'État au Proche-Orient. Les Sumériens (qui n'ont jamais, en tout cas, forgé de terme pour noter cette réalité) sont bien les complices objectifs d'une telle croyance, eux qui dans leur “Liste royale” commencent en célébrant “l'époque où la monarchie est descendue des cieux”… à Eridu, ville antique de Sumer. En tout cas, la Mésopotamie a bien persuadé ses voisins qu'elle était la terre des rois, jusqu'au récit d'Hérodote racontant comment on pouvait y inventer la fonction monarchique. Tous s'accordent donc dès l'Antiquité à faire de la Mésopotamie un des lieux les plus anciens de l'exercice du pouvoir solitaire : puissance exercée peut-être au nom des dieux mais qui, très vite, a permis au représentant sur terre de ces dieux de recevoir en personne les honneurs qui auraient dû leur être réservés. réalisme tribal, Sargon d'Agadé, Ninive, fleuve Hydaspes, Assur |
||
| Les guerres iran-Irak au IIe millénaire avant notre ère | Charpin (D.) | Pages 10-17 |
On parle souvent des leçons de l'histoire – en général, pour déplorer qu'elles ne soient pas écoutées. Elles reflètent souvent des situations géopolitiques qui n'évoluent que dans le très long terme. Le voisinage entre la plaine mésopotamienne, pour l'essentiel sur le territoire irakien actuel, et les hauts plateaux d'Iran, a fourni l'occasion de multiples emprunts culturels à travers les âges, mais aussi de périodes de friction parfois très violente. Au deuxième millénaire avant notre ère, deux époques ont été plus particulièrement marquées par des phases d'hostilité : le XVIIIe siècle, puis le XIIe siècle. Dans les deux cas, ce fut le territoire babylonien qui fit les frais des invasions élamites; dans les deux cas, les envahisseurs finirent par être repoussés, plus ou moins rapidement. Tell Harmal, Élamites, Mésopotamie, Babylone, code d'Hammu-rabi, Mari, Zimri-Lim, Naram Sin, Shutruk-Nahhunte, Kutir-Nahhunte |
||
| Des exilés de Sumer en Babylonie | Jacquet (A.) | Pages 18-25 |
La mort de Hammu-rabi en 1750 av. n. è. annonçait, à plus ou moins long terme, le début du morcellement du grand royaume de Babylone qu'il avait réussi à constituer. Le règne de Samsu-iluna, son successeur, ne tarda pas en effet à subir une série de chocs puis la perte définitive de territoires sur presque toutes ses frontières. L'intrusion répétée de puissances étrangères et un morcellement de l'empire en communautés avec des chefs locaux désireux d'affirmer leur pouvoir amenèrent le retrait de Babylone de l'ancien pays de Sumer, c'est-à-dire tout le sud de la Mésopotamie, la disparition pure et simple des grandes villes “sumériennes”, et l'exil d'une part importante de la population qui ne trouvait plus les moyens matériels de survivre sur place. Ainsi vit-on la Babylonie centrale, l'occupant de la veille, accueillir des groupes de migrants aussi divers par leur provenance que par leur statut social. Les traces qu'ont laissées ces exilés de la fin de l'époque paléo-babylonienne montrent que, dans la plupart des cas, l'établissement dans un nouveau “chez-soi” n'est pas contradictoire avec la manifestation vivante et quotidienne du souvenir des origines. Élamites, ziggourat d'Uruk, Mari, Babylone, sceau-cylindre, Ur, Kish |
||
| Bulletins de victoire et réalités | Chambon (G.) | Pages 26-31 |
Activités militaires et chiffres ont toujours entretenu une relation aussi étroite qu'ambiguë, mais les récits de guerres représentent pour l'historien de la Mésopotamie une source inépuisable de données chiffrées, tant pour les préparations des campagnes militaires, les effectifs armés, les pertes humaines que les quantités du butin rapporté. Corrélativement, ces informations quantitatives semblent à première vue d'un grand secours pour reconstituer des faits historiques, en fournissant un ordre de grandeur pour apprécier les groupes humains engagés dans les conflits. Mais l'étude des sources épigraphiques ou iconographiques montre que ces informations doivent être utilisées avec prudence et discernement. La présentation de données chiffrées, présentées comme réelles et objectives par les vainqueurs, cache en effet très souvent un choix délibéré d'orienter les informations, dans des desseins politiques et idéologiques évidents. Assyrie, Sargon, Élamites, butin, soldats |
||
| Les fugitifs au Proche-Orient ancien | Reculeau (H.) | Pages 32-39 |
Les mouvements de personnes au Proche-Orient ancien présentent le paradoxe d'être à la fois la conséquence directe de l'oppression d'une population par un pouvoir central ou un ennemi vainqueur, et la solution que pouvaient trouver certains opprimés pour échapper au dit pouvoir central ou envahisseur ; ainsi, si les populations déracinées et déplacées se présentent, le plus souvent, sous la forme de prisonniers de guerre déportés, individuellement ou collectivement, il existe pendant toute l'histoire de la civilisation cunéiforme des gens, individus ou groupes, qui ont quitté d'eux-même leur terre d'origine, contraints par la pression politique ou économique, pour trouver refuge en terre étrangère, espérant trouver là les moyens de vivre une nouvelle vie ou de préparer le retour dans leur patrie. Sumer, Elam, Akkad, Assurbanipal, Assyrie, code d'Hammu-rabi, Alep, Nimrud, Mari, Babylone |
||
| Les émigrés politiques au Proche-Orient ancien | Guichard (M.) | Pages 40-49 |
Diverses circonstances dramatiques ont poussé des princes, des familles entières, des communautés parfois presque complètes à quitter leur patrimoine, leur pays pour se réfugier à l'étranger. La simple menace de la guerre et de la furie des soldats, la dégradation de l'économie, l'hostilité à l'autorité en place peuvent avoir motivé le départ. Les conditions de tels déplacements sont liées étroitement au rapport qu'entretiennent les hommes avec leur terroir et à leur propre stabilité. Mais dans un monde où les gens étaient en fin de compte très mobiles et les frontières mouvantes, l'émigration était en premier lieu l'expression d'une crise de l'autorité, que celle-ci soit contestée ou bien qu'elle ait carrément fait faillite. Mari, Palestine, Askalon, Idrimi, Syrie, Amorrites |
||
| Des héros de la résistance babylonienne aux Assyriens | Marti (L.) | Pages 50-59 |
| Merodach-Baladan et Nabopolassar La “Babylonie” se compose traditionnellement du pays de Sumer (sud de la plaine alluviale mésopotamienne) et du pays d'Akkad (nord de la plaine alluviale), c'est-à-dire la basse Mésopotamie. Trois de ses frontières sont naturelles : au sud le golfe Persique ; à l'est les piémonts du Zagros ; et à l'ouest, le désert syro-arabique. La limite nord est plus floue et fluctuante, puisque dépendant du contact avec les puissances du Nord, pour notre époque, les Assyriens. Nimrud, Babylone, Assyrie, Ninive, Sennacherib, Assurbanipal |
||
| Les Judéens exilés en Babylonie | Lemaire (A.) | Pages 60-65 |
| Une résistance culturelle La disparition du royaume de Jérusalem et l'intégration de Juda dans l'empire néo-babylonien au début du VIe s. av. notre ère aurait dû aboutir non seulement à la disparition d'une entité politique particulière mais aussi à celle de la culture et de la religion qui y étaient liées jusqu'ici. On sait qu'il n'en fut rien et que le “Judaïsme” survécut à ces terribles événements. Cet exemple de résistance culturelle réussie nous est un peu mieux connu aujourd'hui grâce aux informations de quelques tablettes néo-babyloniennes complétant les données de la tradition biblique. Elles nous permettent de mieux comprendre les conséquences de la prise de Jérusalem et les conditions concrètes de cette résistance culturelle. porte d'Ishtar, Babylone, Marduk, Ninive, Jérusalem, Nabuchodonosor |
||
| Collaborations et révoltes dans l'empire achéménide | Briant (P.) | Pages 66-71 |
Vers 550 av. n. è., le Moyen-Orient est à la veille d'un complet bouleversement géo-politique. Il est alors divisé en plusieurs royaumes concurrents et hostiles, néo-babylonien (Babylone), mède (Ecbatane), lydien (Sardes), pharaonique (Memphis), auxquels s'ajoutent les pays du Plateau iranien et d'Asie centrale. Divisés politiquement, peuples et pays sont extrêmement diversifiés sur le plan ethno-culturel : l'on pourrait presque dire que chaque peuple et/ou cité parle sa propre langue et utilise sa propre écriture (cunéiforme, araméenne, hiéroglyphique, phénicienne, lycienne, lydienne, grecque etc.). Chaque peuple honore son propre panthéon, suit ses propres usages cultuels et a son propre système de valeurs et de représentations. Behistoun, Suse, Iran, Saqqara, Égypte, Darius, Alexandre, Perses |
||
| Alexandre, libérateur du Moyen-Orient | Briant (P.) | Pages 72-79 |
| Mythe et histoire Parmi toutes les représentations occidentales liées à la conquête d’Alexandre, l’une est particulièrement prégnante, aujourd’hui encore, c’est l’image d’un conquérant accueilli avec enthousiasme par des populations proche-orientales exaspérées par la domination perse, et soulevées de joie lors de l’arrivée de leur “libérateur”. tablette astronomique, Babylone, Sardes, Alexandre le Grand, Gaugamèles, Hydaspes, Tyr, Sogdiane, Bactriane, Margiane, Indus, Diodore |
||
| Les guerres maccabéennes | Lemaire (A.) | Pages 80-85 |
| La résistance armée Que faire lorsqu'un grand roi veut soumettre une petite province de son empire à une uniformisation culturelle, économique et religieuse, voulant, au mépris des engagements de ses prédécesseurs, la forcer à abandonner ses us et coutumes, sa culture ancestrale et sa religion particulière ? Telle est la question à laquelle chaque Judéen eut à répondre “en son âme et conscience” à la fin de l'an 167 av. notre ère et qui entraînera le pays dans 25 ans d'une guerre meurtrière qui nous est surtout connue par les deux livres des Maccabées de la Bible grecque, ainsi que par quelques historiens classiques et l'archéologie. Palestine, Mattathias, Maccabées, Antiochus IV, Jonatan, Simon |
||
| Guerres antiques et impériales en Orient | Souterrains, vie et organisation |