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Dossiers d'Archéologie n° 249 du 01/12/1999 Numéro Double Jésus au regard de l'histoire Que sait-on de Jésus ? Depuis 2000 ans, le personnage ne cesse de susciter des réactions diverses et opposées. Son approche révèle d'emblée un paradoxe : Jésus n'a laissé aucun écrit et aucun de ses contemporains – sauf ses disciples – n'a parlé de lui. Le cadre où il vécut est pourtant éminemment historique, et beaucoup de gens qu'il a côtoyés sont connus. Ce Dossier d'Archéologie présente l'ensemble des recherches les plus récentes sur la question de l'historicité de Jésus. |
| Principaux articles référencés pour ce numéro |
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| L'occupation romaine de la Palestine | Sartre (M.) | Pages 6-10 |
| Organisation et administration La situation politique de la Palestine aux Ier siècles av. et ap. J.-C., à l’instar de la situation religieuse, est essentiellement marquée par un climat de tension permanente. Prenant sous leur tutelle un Etat juif reconstitué, les responsables romains hésitèrent pendant plus d’un siècle sur la meilleure façon d’administrer le pays. Ce n’est qu’après le sac de Jérusalem et l’incendie du Temple en 70, que la Judée apparut enfin comme une province ordinaire. Hérode, Judée, préfet, Philippe, Antipas, procurateurs |
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| La Judée sous l'occupation romaine | Tsafrir (Y.) | Pages 11-15 |
La Judée fut conquise en 63 av. J.-C. par le général romain Pompée. Sa soumission mit un terme à la période d’hégémonie que les Juifs avaient connue sous le règne des Asmonéens en Palestine et en Arabie (l’emploi de ces termes communs est anachronique puisque ces provinces ont été créées seulement au début du IIe siècle de notre ère). Pourtant, paradoxalement, Rome avait favorisé l’émergence du royaume asmonéen quelque cent ans plus tôt, au IIe siècle avant notre ère. dynastie asmonéenne, Hérode, Romain, révoltes juives |
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| La Galilée | Beaudry (M.) | Pages 16-21 |
| Le pays de Jésus De tout le pays biblique, la Galilée est la région la plus difficile à caractériser. A la fois au niveau historique par le silence des sources, au niveau politique parce que plusieurs entités l’ont gouvernée, au niveau humain par l’absence d’un réseau humain important et unificateur, enfin au niveau géographique/géologique, par ses deux systèmes tectoniques avec plis et failles croisés. Pour saisir toute la beauté de cette “tapisserie” galiléenne dans son ensemble, distinguons tous ses “fils”, laine et coton, lin et soie, comme autant de lignes directrices. Géologie, géomorphologie, Akko |
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| Les courants religieux en Israël | Perrot (C.) | Pages 24-29 |
Avant le deuxième siècle de notre ère, le judaïsme était fort diversifié. Des mouvements religieux, tels ceux des pharisiens, des sadducéens, des esséniens et autres, se heurtaient les uns les autres, tout en étant traversé chacun par des courants divers. La question de l’autorité religieuse devenait majeure, face à un certain émiettement de la pensée et des pratiques touchant la pureté rituelle en particulier. pratique rituelle, conviction messianique |
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| Jésus et les courants religieux de son époque | Rochais (G.) | Pages 30-35 |
Jésus était de religion juive ; il partageait la foi commune de son peuple : la croyance en un seul Dieu, à l’élection d’Israël, au repentir et au pardon ou encore au jugement de Dieu. Et pourtant Jésus fut suspecté d’être un blasphémateur ou un faux prophète par les autorités juives, et il fut condamné par les Romains comme “Roi des Juifs”. Se pose cette énigme : comment et pourquoi Jésus, de foi juive, a-t-il été suspecté pour son enseignement et ses gestes de prophète ou de thaumaturge ? Je voudrais esquisser seulement un début de réponse en marquant l’écart entre Jésus et trois courants religieux juifs de son époque. mouvement baptiste, pharisiens, sadducéens |
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| Les objets de la vie quotidienne au temps du Christ | Donceel (P. et R.) | Pages 36-43 |
La documentation archéologique du tournant de l’ère fournie par les régions où vécut et se déplaça le Christ est marquée par le brassage typiquement levantin de faits de civilisation et grandes traditions, juives, romaines, grecques et à l’occasion plus spécifiquement locales ou périphériques, nabatéennes par exemple. L’iconographie contemporaine de la Palestine est de peu de secours dans cette reconstitution. Par contre, les objets de la vie quotidienne y sont exceptionnellement bien documentés. Jésus, vêtements, chaussures, parures, cuirs, vanneries, parfums, encens, verrerie, monnaie, éclairage |
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| Les témoignages archéologiques liés à la vie de Jésus | Manns (F.) | Pages 46-55 |
Deux mille ans de christianisme. Mais que savons-nous exactement du fondateur du christianisme ? Les sources littéraires doivent être passées au crible de la critique. L’archéologie offre chaque année une nouvelle moisson de données qu’il faut interpréter à la lumière des historiens du premier siècle. Une synthèse rapide des témoignages archéologiques liés à la vie de Jésus montre le travail accompli et celui qu’il reste à faire. Galilée, Jérusalem, |
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| Le projet de Jésus | Marguerat (D.) | Pages 56-65 |
| Une énigme non résolue ? Parler d’une “énigme non résolue”, lorsqu’il est question de Jésus de Nazareth, paraît proche de la plaisanterie. Tout n’a-t-il pas été dit en 2000 ans de christianisme ? Le sujet n’est-il pas entièrement épuisé ? Or aujourd’hui, de nouvelles poussées viennent ébranler ce que l’on croyait acquis. Nous serions-nous laissés enfermer dans des réponses commodes, mais inexactes ? Daniel Marguerat avance cette question sur trois moments cruciaux de la vie du Galiléen : le baptême de Jésus par Jean le Baptiseur, le geste violent contre le Temple, et son exécution le 7 avril de l’an 30. saint Jean le Baptiste, temple, roi des Juifs, mouvements messianiques |
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| Aux sources de l'histoire de Jésus | Focant (C.) | Pages 66-81 |
Depuis le XIXe siècle, la recherche exégétique a évolué, elle s’est même transformée et enrichie par les études successives des nombreux savants qui se sont attaqué au problème des sources documentaires parlant de Jésus. Mais le public ne s’y retrouve pas, découragé souvent par de brillantes mais énigmatiques démonstrations. Ce long article fait le point sur la question des documents écrits qui permettent de cerner au plus près la figure historique de Jésus. Ceux-ci sont de quatre types : les sources romaines, dont les plus anciennes remontent au tout début du IIe siècle ap. J.-C. ; les sources juives dont Flavius Josèphe (vers 37-100) est le plus ancien représentant ; les sources apocryphes et gnostiques des IIe–VIe siècles ; enfin les Evangiles canoniques dont le premier à avoir été rédigé, celui de Marc, date des alentours de 70 ap. J.-C. sources documentaires, romaines, juives, Flavius Josèphe, Talmud, évangiles apocryphes, évangiles canoniques |
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| Les Evangiles | Ceruti-Cendrier (M.-C.) | Pages 82-91 |
| Témoignages directs ou écrits tardifs ? Le débat sur l’époque de rédaction des Evangiles fait rage depuis longtemps car il est capital. Comme le soulignait l’abbé Carmignac lors d’une conférence tenue en septembre 1978, selon la date qu’on leur attribue, “ou bien les Evangiles sont un témoignage sur la vie de Jésus, ou bien ce sera simplement une catéchèse sur la vie de Jésus, ou bien encore ce sera une expression de la foi des communautés primitives”. L’auteur de cet article est partisan d’une datation haute, c’est-à-dire qu’il tient les Evangiles pour des témoignages directs qui relatent des faits réels et non mythiques ou symboliques. Cette conviction ne doit rien à une quelconque forme de fidéisme, mais, selon lui, vient de raisons rationnelles, scientifiques, intelligentes. C’est vrai, ils sont une petite minorité à professer l’historicité absolue des Evangiles. Mais alors qu’il s’agit là d’une vérité de foi encore réaffirmée avec force au dernier concile et crue par des millions de fidèles pendant tous les siècles du Christianisme, ces exégètes font aujourd’hui figure d’outsiders, de marginaux. Nous allons voir ensemble les données de cette situation. études pholologiques, Jésus, exégèse |
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| L'année de la Nativité | Chabert d'Hyères (S.) | Pages 92-99 |
Lorsque Joseph ferma la porte de sa maison de Nazareth, en Galilée, pour se rendre en compagnie de Marie, enceinte, à Bethléem de Judée, obéissant ainsi au rescrit de l’empereur Auguste, il ignorait certainement qu’il écrivait ainsi l’une des pages les plus célèbres de l’histoire des hommes : en effet, bientôt un enfant allait naître qui transformerait la vie de millions d’êtres humains. Mais aussi célèbre soit-elle, cette naissance ne peut être située précisément : entre – 6 et – 4. L’auteur de cet article défend un autre point de vue ; s’appuyant sur une inscription latine très peu connue, il propose de fixer sans hésiter la naissance de Jésus à l’an – 2. Voici sa démonstration. Jésus, Luc, Quirinius, recensement |
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| Les récits de l'enfance de Jésus | Perrot (C.) | Pages 100-105 |
Les récits de l’enfance de Jésus selon les Evangiles de Matthieu 1-2 et de Luc 1-2 posent de nombreux problèmes littéraires et historiques, tant leur écriture apparaît tardive, relevant plutôt du merveilleux à la manière des récits d’enfance du monde judéo-hellénistique. Quelle est donc la raison de leur écriture ? Jusqu’à quel point l’historien peut-il s’appuyer sur eux ? Présentation au temple, fuite en Egypte, Nativité, Annonciation |
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| La famille de Jésus | Roure (C.) | Pages 106-113 |
| Entre exégèse et dogmatique L’Eglise de Rome n’a jamais varié sur la virginité perpétuelle de Marie. Sans faire l’objet d’une déclaration solennelle, celle-ci a toujours et partout été crue, vécue et professée dans le peuple chrétien authentique. Néanmoins ce dogme (= opinion motivée) a toujours été contesté, et de nos jours encore, par certains, sur la foi des textes eux-mêmes. Qu’en est-il ? Marie, Vierge, Joseph |
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| Le Procès de Jésus | Légasse (S.) | Pages 114-121 |
Retracer le procès de Jésus suppose qu’on s’interroge d’abord sur les sources qui nous permettent de le connaître. Il en est de deux sortes : les unes nous viennent d’auteurs non chrétiens, les autres sont des sources chrétiennes. Evangiles, Flavius Josèphe, Tacite, Temple, exécution, crucifixion |
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| Le Saint Suaire de Turin | Raffard de Brienne (D.) | Pages 122-129 |
| un extraordinaire document archéologique Si l’on pouvait établir une bibliographie complète du Saint Suaire, elle compterait plusieurs milliers de numéros, sans même y inclure les articles, petits et grands, qui ont paru et paraissent sans cesse dans le monde entier. Aucune autre pièce archéologique ne suscite un tel intérêt. Aucune autre ne fait l’objet de tant de recherches et de tant d’expertises scientifiques. Aucune autre ne soulève tant de passions. Jésus, Linceul, empreintes, carbone 14, tissu, image, passion |
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| La Sainte Tunique d'Argenteuil | Le Quéré (F.) | Pages 132-140 |
Cette Tunique est vénérée dans la Basilique d’Argenteuil en Val d’Oise depuis le IXe siècle. Elle y fut déposée vers 802 ou 803 par l’empereur Charlemagne dans le monastère de sa fille Théodrade. Il l’avait reçu lui-même de l’impératrice Irène de Byzance comme la relique très précieuse de la Robe sans couture du Christ, signe de la tentative de réconciliation de l’Empire Romain d’Orient et de l’Empire Romain d’Occident. Jésus, évangile, tombeau, Pierre |
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| Les manuscrits de la mer Morte et le Nouveau Testament | Vanderkam (J.) | Pages 142-149 |
L’étude des manuscrits de la mer Morte et leur rapport avec le Nouveau Testament a suscité un vif intérêt depuis la mise au jour des rouleaux dans les onze grottes près de Qumrân entre 1947 et 1956. Avant leur découverte, il n’y avait pour ainsi dire aucun document juif remontant à l’époque de Jésus et au début du christianisme. Tout ce que l’on possédait alors se résumait à peu de textes, tels ceux de Josèphe rédigés en grec et plus tardifs. Les quelque 800 manuscrits retrouvés à Qumrân ont fourni les premières traces écrites en hébreux et en araméen par et pour un groupe de Palestine à la fin de la période du Second Temple. Il en résulte que certaines phrases utilisées dans le grec du Nouveau Testament sont aujourd’hui attestée pour la première fois dans une langue sémitique dans les rouleaux. Par exemple, cette phrase de Paul “les travaux de la Loi” (Epître aux Galates, 2, 16) que l’on retrouve dans le 4QMMT 113. Pratiques, Eglise primitive, Qumrân, titres messianiques |
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| Les communautés chrétiennes en Palestine et en Diaspora | Mimouni (S.) | Pages 150-157 |
| Ier- IIe siècles Le mouvement chrétien qui se construit et se développe parmi les disciples de Jésus après sa résurrection n’est pas uniforme mais apparaît au contraire tiraillé entre plusieurs courants dont les différences s’appuient surtout sur des critères de langue et de lieu. En retracer l’histoire est un exercice difficile d’autant plus que les documents écrits sont relativement rares. Galilée, Judée, jacobiens, pétriniens, hellénistes, Etienne, Barnabé, pauliniens, johannites, araméen, Antioche, Alexandrie, Rome |
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| Jésus au regard de l'histoire | La construction dans l'Antiquité |