Dossiers d'Archéologie n° 244 du 01/06/1999
Numéro Normal  
Jordanie, sociétés, rites et religions
Pays de contraste, région carrefour entre Nil et Euphrate, à la croisée des chemins, la Jordanie fut, de tous temps, un point de rencontre de courants multiples et variés où races, religions, langues et peuples se sont mêlés et influencés, procurant de la sorte un équilibre remarquable à la vie de ce pays qui est caractérisé par son aspect cosmopolite. Les différentes contributions réunies dans ce volume abordent certains traits des sociétés qui y ont vécu, des rites qu’accomplissaient leurs membres, des édifices religieux qu’ils y ont élevés et des objets qu’ils ont vénérés. Elles représentent un grand choix de sujets qui émanent des nombreuses saisons de fouilles et des recherches conduites en Jordanie ; elles suggèrent au lecteur quelques nouvelles approches et des questions qu’il serait bon de voir plus souvent aborder.
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
La religion néolithique en Jordanie Rollefson (G.) Pages 4-11

Comprendre et tenter de reconstituer la religion d’une société préhistorique est une tâche aussi passionnante que difficile. Si certains éléments – les sépultures par exemple – peuvent être reliés facilement à une activité rituelle ou religieuse, arriver à distinguer si les témoins laissés par d’autres activités relèvent du rituel ou de la vie quotidienne n’est pas aussi aisé. Pendant de nombreuses années la religion néolithique du Levant a été un sujet d’étude d’actualité ; toutefois les recherches conduites en Jordanie ces vingt dernières années ont livré une masse d’informations qui permettent un regard neuf sur les pratiques rituelles accomplies par ces premiers agriculteurs.
Jordanie, vallée du Jourdain, objets géométriques, sépultures, plâtre
 
Sociétés et rites au lendemain du Néolithique Dollfus (G.) et Kafafi (Z.) Pages 12-19

La révolution néolithique menée à son terme, une économie agro-pastorale se développe au tournant des Ve-IVe millénaires. Dans le sud du Levant, les différents groupes montrent alors une remarquable faculté d’adaptation à des milieux très divers. Malgré de fortes particularités au niveau de la culture matérielle, une certaine homogénéité culturelle, peut-être due à une intensification des déplacements et des échanges, se manifeste au niveau des styles, des techniques artisanales, du comportement et des rites.
Jordanie, pastoralisme, échanges, dolmens, Djebel Mutawwaq
 
Les temples de Khirbet ez-Zeiraqoun Ibrahim (M.) Pages 20-25
Ville du Bronze Ancien
Tout comme les régions avoisinantes, le nord de la Jordanie connaît à la fin du IVe millénaire une amélioration des conditions de vie de ses habitants et un accroissement de sa population. Au IIIe millénaire (Bronze Ancien), la région s’urbanise. Si une première tentative d’urbanisation, tentée à Jawa dans le désert noir basaltique, échoue très vite, dans la région d’Irbid où les terres sont fertiles, certaines agglomérations prennent de par leur taille l’aspect de centres urbains : Tell Irbid, Tell el Husn, Tell Jamid et Khirbet ez-Zeiraqoun en sont des exemples. Tout comme Megiddo et Tell el Far’ah ils s’étendent sur 5 à 9 hectares. Des établissements plus petits, des villages et des hameaux devaient en dépendre. Il pourrait en être ainsi de Tell el Fukhar, Tell el Mughayyir et Khirbet Rahub, proches de Khirbet ez-Zeiraqoun. C’est sur ce site que se portera notre attention car, dans la région, ce site est le seul ayant fait l’objet de fouilles extensives.
Jordanie septentrionale, fortification, temples
 
Tell el-Hayyat Falconer (S. E.) et Magness Gardiner (B.) Pages 26-31
Vie quotidienne et religieuse
Après une période qui correspond à la fin du Bronze Ancien (BA IV) au cours de laquelle la population connaît un certain déclin et un retour à un mode de vie semi-nomade, le Levant voit au cours du Bronze Moyen le nombre de villes s’accroître et les cités s’agrandir.
Jordanie, Vallée du Jourdain, IIe millénaire, Bronze moyen, temple
 
Evolution religieuse sur un site villageois de Moab Homes Fredericq (D.) Pages 32-37
Lehun et le wadi Mujib
Le site archéologique de Lehun, à 80 km au sud d’Amman, non loin de la “Voie Royale” biblique domine le wadi Mujib, le cours d’eau le plus important, après le Jourdain, se jetant dans la mer Morte. Ce fleuve qui coule dans un canyon très encaissé, le troisième au monde par sa profondeur, est cité dans la Bible sous le nom d’Arnon (de la racine “ranan”, faire du bruit en coulant, être rapide et bruyant). Sa traduction arabe en wadi Mujib (de la racine “wajaba”, tomber avec fracas) suggère également le caractère de ce cours d’eau qui peut devenir impétueux à la saison des pluies et faire un bruit assourdissant lorsqu’il déverse ses eaux gonflées dans la mer Morte.
Jordanie, poterieMesha, nabatéen, mamelouk
 
Les lieux de culte en Nabatène Augé (C.) Pages 38-45

L’extension ou la reprise de nombreuses fouilles, la constitution d’inventaires et de synthèses ont fait faire de grands progrès aux études nabatéennes. Il reste pourtant difficile de dresser un bilan des établissements cultuels : les indications n’abondent guère sur les rites, les sacerdoces et même les divinités, et il est souvent malaisé de faire la part du “cultuel” dans des monuments rupestres, ou d’attribuer tel lieu sacré, à plus forte raison tel type d’installation, à un culte précis. Et comment définir ce qui est “nabatéen” ?
Jordanie, sanctuaires, wadi Ram, Pétra
 
Pétra, le Sîq Zayadine (F.) Pages 46-53
Une voie processionnelle
Enchâssé dans de hautes montagnes gréseuses aux couleurs irisées, le site de Pétra était certainement convoité parce que facile à défendre et était ainsi en mesure d’attirer les caravanes chargées des aromates du Yémen et des produits précieux de l’Extrême-Orient. Mais il pouvait surtout protéger le repos éternel des morts. Pourtant, contrairement à ce que certains auteurs ont supposé, Pétra n’est pas une simple nécropole.
Jordanie, wadi Mousa,
 
Temple et tombeaux dans un village nabatéen Al-Muheisen (Z.) et Villeneuve (F.) Pages 54-59
Khirbet edh Dharih
L’archéologie nabatéenne, en dehors de Pétra, présente une grande variété de sites, essentiellement dans le sud de la Jordanie, susceptibles de fournir des réponses aux questions que se posent encore les chercheurs sur l’identité et le processus d’édification de la civilisation nabatéenne. C’est dans cette perspective que le site de Khirbet edh Dharih a été choisi afin d’y construire un projet de recherche dirigé actuellement par l’Institut d’archéologie et d’anthropologie de l’université du Yarmouk (Jordanie) et l’Institut français d’archéologie du Proche-Orient.
Jordanie, temple, tombeaux
 
Sanctuaire et urbanisme à Gerasa Seigne (J.) Pages 60-67
volonté des hommes, politique des dieux
Désirant se concilier les faveurs divines, l’homme de l’antiquité n’hésitait pas, suivant l’humeur, la nécessité ou le besoin du moment, à solliciter l’aide du dieu le plus apte à répondre à ses vœux. Son appartenance à un groupe l’entraînait à s’adresser en priorité à sa divinité tutélaire, mais elle ne l’empêchait pas de rechercher ailleurs la protection souhaitée. Au marché du polythéisme le choix était vaste, les sanctuaires nombreux, les possibilités diverses.
Jordanie, Djerash, Zeus olympien, Artémis, christianisme
 
Les églises de Jordanie Piccirillo (M.) Pages 68-77

A l’époque qu’historiens et archéologues appellent byzantine, le territoire du royaume hachémite de Jordanie était divisé entre la province d’Arabie, sur les hauts plateaux, avec comme capitale Bostra (aujourd’hui en Syrie), qui dépendait du patriarcat d’Antioche, et les trois provinces de Palestine dépendant du patriarcat de Jérusalem : Palestine Première et Palestine Seconde dans la vallée du Jourdain et sur les premiers contreforts des hauts plateaux, Palestine Troisième dans la région située au sud du wadi Mujib-Arnon dont la capitale était Pétra.
Mont Nébo, Madaba, mosaïque, Djerash
 
Quand les pierres racontent les débuts de l'Islam Imbert (F.) Pages 78-83

Les prospections épigraphiques menées en Jordanie par une mission française ont abouti à la collecte de nombreuses inscriptions arabes des VIIe et VIIIe siècles. A côté des textes monumentaux officiels riches d’histoire, les simples graffiti sur rochers représentent une nouvelle source d’étude des débuts de l’Islam depuis les conquêtes jusqu’à la fin de la période omeyyade. Une archéologie des pierres mais aussi des mentalités.
Jordanie
 
Châteaux et mosquées d'époque omeyyade Bujard (J.) Pages 84-89
Umm al-Walid
La mission archéologique suisse de la Fondation Max van Berchem effectue depuis 1988 des recherches à Umm al-Walid, village situé à la limite du désert, à douze kilomètres au sud-est de la ville de Madaba. Déjà occupé à l’époque romaine – deux temples et un mausolée y ont été retrouvés –, mais vraisemblablement peu habité durant la période byzantine, le site a connu un spectaculaire développement après la conquête de la région par les troupes musulmanes vers 640 ; des dignitaires omeyyades y firent en effet bâtir trois qusur (châteaux), une mosquée, deux barrages et un pressoir à raisin. Suite à de profondes modifications économiques et politiques, le site fut délaissé vers la fin du premier millénaire, avant de connaître une modeste réoccupation à l’époque mamelouke, puis le développement rapide d’un village au cours des dernières décennies.
Jordanie, qusur, mosquées,
 
Peinture omeyyade et vocation picturale Vibert-Guigue (C.) Pages 90-94
Qusayr'Amra
A environ 80 km à l’est d’Amman et 250 km au sud de Damas, capitale des Omeyyades, les peintures murales de Qusayr ‘Amra ont ouvert depuis près de deux siècles de nombreux débats, ceux portant sur les influences artistiques, culturelles ou religieuses. A la demande du Service des Antiquités de Jordanie et de son directeur, le Docteur Ghazi Bisheh, une mission franco-jordanienne (Institut Français d’Archéologie du Proche-Orient et Service des Antiquités de Jordanie) a effectué un relevé intégral des peintures dans leur état actuel de conservation.
Jordanie
 
Jordanie, sociétés, rites et religions Grandes civilisations du Mexique

 
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Dossiers d'Archéologie n° 244 est un magazine des Editions FATON.