Dossiers d'Archéologie n° 233 du 01/05/1998
Numéro Normal  
L'âge d'or des Fatimides
Malgré une origine mystérieuse et une généalogie contestée, les Fatimides ont été l'une des dynasties les plus brillantes de l'Islam. Leur règne en Egypte (969-1171) constitue l'une des périodes les plus rearquables de l' Egypte musulmane. En effet, les Fatimides ont fait de ce pays ce qu'il devait rester pour des siècles : une grande puissance méditerranéenne
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
Les Fatimides, califes du Caire Halm (H.) Pages 4-11

Les voyageurs qui visitèrent Le Caire aux Xe et XIe siècles après J.-C. – al-Mukaddasi de Jérusalem, Ibn Haoukal de Mésopotamie ou encore l’iranien Nâsir-i Khusraw – décrivent avec admiration et étonnement, la métropole sur le Nil : en l’espace de peu de temps, le Caire avait pris le pas sur Bagdad, la ville des califes. La métropole égyptienne comptait environ 250 000 habitants, possédait un port fluvial dans lequel des bateaux du monde entier venaient s’amarrer, des marchés emplis de marchandises provenant du Maghreb, d’Inde ou de Chine, des immeubles à cinq ou six étages. Au centre de la ville, pareil à une montagne surplombant une mer de maisons, semblable à une cité interdite au cœur de la ville, s’érigeait le palais des fatimides, ceinturé d’une haute muraille en brique.
Egypte, califat, mosquée, Moyen Age
 
Le Caire à l'époque fatimide Raymond (A.) Pages 12-19

Lorsque le général Gawhar arriva en Egypte en 969 avec l’armée envoyée de Tunisie par le calife fatimide al-Mu‘izz, sa mission ne se limitait pas à conquérir le pays. Il avait été chargé de fonder une ville sur les bords du Nil. Un tel projet aurait pu paraître inutile : en 642 les Arabes, juste après l’occupation de l’Egypte, avaient créé Fostat devenue, en trois siècles, une métropole méditerranéenne que le géographe palestinien Muqaddasî décrivait avec admiration : “Je ne connais point en Islam de ville plus imposante... Plus magnifique que Bagdad, elle est ... le lieu de transit de l’Orient”(1). On doit supposer que le souverain fatimide, suivant l’exemple de bien des dynasties maghrébines nouvelles, souhaitait marquer sa conquête par la création d’un centre politique réservé aux conquérants et à leur armée, et destiné à contrôler le pays conquis.
Egypte, Moyen Age
 
Les Coptes dans l'Egypte fatimide Buchhausen (H.) Pages 20-27

L’art copte regroupe l’ensemble des productions artistiques de la population chrétienne d’Egypte, de la fin de l’Antiquité jusqu’à nos jours. Cependant, il est difficile d’en faire une présentation systématique, même si les musées européens et américains possèdent de grandes collections d’objets d’art coptes. Ils proviennent en effet presque tous de sépultures violées pour alimenter un commerce d’œuvres d’art partiellement organisé. Démontés pour être vendus et en partie aussi contrefaits, ces objets sont presque toujours non datés parce que leur provenance exacte a été dissimulée et qu’ils portent rarement des inscriptions. Ce commerce poursuit la tradition des grandes collections instaurées à la fin du siècle dernier lorsque les nécropoles de Moyenne et Haute Egypte étaient systématiquement pillées.
Egypte, Moyen Age, Musulman, monachisme, architecture, peinture murale, mosaïque
 
La communauté juive dans l'Egypte fatimide Fenton (P.) Pages 28-33

Plaque tournante entre l’Orient et l’Occident arabes, devenue siège d’un royaume vaste et puissant, le Caire et non Jérusalem fut le centre de gravité de la civilisation juive à l’époque fatimide (969-1171). La communauté juive y déployait une activité sociale, économique et religieuse considérable, entretenant des relations étroites avec d’autres grands foyers en Palestine, en Babylonie, en Afrique du Nord et en Espagne. Pourtant avant la découverte de la guenizah du Caire, on disposait de très peu de renseignements précis au sujet de cette période en raison de l’absence presque totale d’archives dans les pays musulmans. Basé sur les documents de la guenizah, l’ouvrage, maintenant classique, de Jacob Mann, The Jews in Egypt and Palestine under the Fatimide Caliphs, paru à Oxford en 1920-22 apporte un premier remède à cette situation, progressivement améliorée par la suite grâce aux travaux magistraux de Shelomo Goitein.
Egypte, Moyen Age, Juif, manuscrit, guenizah
 
La nécropole des Fatimides à Fostat Gayraud (R.-P.) Pages 34-41

Les fouilles islamiques entreprises par l’Institut français d’Archéologie orientale depuis 1985 sur le plateau d’Istabl‘Antar, au sud du Caire, ont livré une documentation de premier ordre dans un domaine encore mal connu parce que peu exploré. Cette fouille dont l’étendue dépasse maintenant un hectare, a permis la mise au jour de nombreux éléments dont la chronologie va de la fondation de la capitale de l’Egypte arabe vers 642 jusqu’à la dernière occupation du site au XIIIe siècle. On voit donc que la phase fatimide, qui nous intéresse ici, n’est qu’un moment de l’occupation du site. Il nous semble opportun de dresser un tableau rapide de cette chronologie et d’en souligner les principales caractéristiques.
Egypte, Moyen Age, mausolée, mosquée, inhumation
 
L'architecture fatimide Barrucand (M.) Pages 42-49
Son rayonnement en Afrique du Nord
Qu’est-ce qui caractérise l’architecture qu’on qualifie de fatimide ? Y a-t-il des traits communs entre les mosquées tunisiennes du début du Xe siècle et celles, au Caire, du troisième quart du XIIe siècle ? Comment situer les architectures des Xe, XIe et XIIe siècles dans les régions occupées temporairement par les Fatimides et élevées sur l’ordre de gouverneurs fatimides ? La réponse n’est certainement pas simple et s’articule selon deux axes : y a-t-il une architecture fatimide spécifique qu’on retrouverait dans l’ensemble des régions du califat fatimide, un art impérial qui, de la capitale, aurait imposé ses modèles, ou, au contraire, doit-on réserver la notion d’ “architecture fatimide” aux monuments dressés par ou pour la famille fatimide et ses proches, au centre de leur empire ?
Egypte, Moyen Age, Ifrîqiya, ziride, hammadide, vizirs,
 
L'architecture d'influence fatimide en Sicile Mazot (S.) Pages 50-57

En 909, les Fatimides prennent le pouvoir en Ifrîqiya, la Sicile fait alors partie du domaine aghlabide et passe sous leur dépendance. Quelques années plus tard, des luttes intestines divisent l’île et le calife al-Mansûr décide d’envoyer un émir énergique, al Hasan al-Kalbi, pour rétablir l’ordre. Relativement autonome, le gouvernement devient une sorte de principat héréditaire dominé par une famille : les Kalbides. Dans le courant du XIe siècle, leur pouvoir est remis en cause par de fréquentes révoltes et le comte Roger, un mercenaire d’origine normande, profite de ce climat d’anarchie pour se lancer à la conquête de l’île.
Egypte, Moyen Age, palais coupole, décor architectural
 
L'iconographie figurative dans les arts décoratifs Bloom (J.) Pages 58-65

On a souvent pensé – et finalement dit – que l’Islam interdisait la représentation des êtres vivants dans ses productions artistiques, mais il s’agit d’une conception populaire erronée qui a la vie dure. Toutes les collections publiques ou privées d’art islamique possèdent leur lot de textiles, de céramiques, de métaux et de miniatures où figurent ces représentations. Elles proviennent de plusieurs pays islamiques, et ce depuis plus de quatorze siècles, c’est-à-dire depuis l’émergence de l’Islam, et témoignent d’une longue et vivante tradition qui représente des créatures réelles ou imaginaires.
Egypte, Moyen Age, céramique, faïence, bronze,
 
Les techniques et arts décoratifs Bloom (J.) Pages 66-71

Le grand nombre d’œuvres d’art de la période fatimide qui nous est conservé permet d’apprécier la variété des techniques artistiques employées dans les arts décoratifs. Celles-ci utilisent essentiellement des supports bidimensionnels comme les textiles tissés et les céramiques peintes, et tridimensionnels tels l’ivoire, la pierre et le bois gravés et le métal coulé. Ces techniques paraissent rendre compte de la clientèle et des goûts des différentes classes sociales, et offrent une vision riche et inhabituelle des arts de cette époque. Les cristaux de roche gravés et les pièces de lins tissés de fils de soie et d’or, par exemple, représentent les inclinations des cercles de la plus haute société alors que la céramique incisée ou décorée d’une glaçure à reflets métalliques illustre sans aucun doute les goûts d’une frange plus large de la population, probablement la classe marchande urbaine dont les documents découverts dans la guenizah du Caire – véritable trésor mis au jour fortuitement et comprenant des lettres, des contrats et autres documents appartenant à la communauté juive médiévale – fournissent de nombreuses informations.
Egypte, Moyen Age, textile, tissu, céramique, bois, ivoire, cristal de roche, or argent
 
L'origine de quelques objets fatimides Shalem (A.) Pages 72-79
dans les trésors des églises d'Europe occidentale
Le grand nombre d’objets d’art fatimides qui sont conservés, ou dont on sait qu’ils l’ont été, dans les trésors des églises de l’Occident latin, constituent certainement la meilleure preuve “archéologique” dans l’étude des relations intenses et dynamiques qu’entretenaient l’Europe et l’Orient au Moyen Age. Si l’on admet que le montage de ces pièces fatimides est l’indice de leur première apparition en Occident, on peut alors considérer que la chaire d’Henry II à Aix la Chapelle (datée d’avant 1014) sur laquelle deux cristaux de roche fatimides ont été montés, constitue un excellent terminus ante quem. Mais il est probable que des objets fatimides ont atteint l’Europe peut-être dès le milieu du Xe s. Nous voudrions mettre l’accent, dans cet article, sur les “routes” majeures par lesquelles ont transité ces merveilles vers l’Occident.
Egypte, Moyen Age, cristal de roche, tissu, ivoire
 
L'art du livre Fu'âd Sayyid (A.) Pages 80-83

La conquête fatimide de l’Egypte, en 358/969*, ne signifiait point qu’un régime s’était substitué à un autre, mais représentait presque un coup d’état religieux, politique, économique et social de premier rang. Elle créait une situation totalement nouvelle. Pour la première fois, dans l’histoire musulmane, l’Egypte était régie par une dynastie qui ne reconnaissait même pas nominalement le calife de Bagdad.
Egypte, Moyen Age, bibliothèque, manuscrit
 
L'âge d'or des Fatimides Cîteaux 98, à la découverte de 64 sites en France

 
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Dossiers d'Archéologie n° 233 est un magazine des Editions FATON.