Dossiers d'Archéologie n° 217 du 01/10/1996
Numéro Normal  
L'archéologie au Vatican
L’archéologie chrétienne est la discipline de l’Antiquité dont les origines et le développement sont les plus indissociablement liés à la Ville Eternelle. Les monuments chrétiens primitifs de Rome ont monopolisé cette discipline à partir de la fin du XVIe s. et durant plus de 250 ans. C’est en effet autour du milieu du XIXe s. que commencèrent ailleurs de nouvelles recherches, en particulier dans les territoires d’anciennes provinces romaines où le christianisme avait connu également des moments de gloire.
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
L'Église de Dieu qui est à Rome Perrot (J.) Pages 6-25

Les commencements du christianisme dans la capitale de l'Empire romain sont obscurs. Les centres de la prédication chrétienne sont à Jérusalem, à Antioche ou à Alexandrie ; celle-ci n'atteindra Rome que dans la seconde moitié du Ier siècle par le truchement de la communauté juive. Le monde gréco-romain sera long à distinguer la secte chrétienne des autres aspects du judaïsme. Les empereurs romains le seront non moins à s'inquiéter de la possible influence de la nouvelle religion sur l'avenir de l'Empire.

 
L'essor de l'Église de Rome Meslin (M.) Pages 28-37
La primauté (Ier-VIIIe siècles)
Se fondant sur la succession de l'apôtre Pierre et sur la notion de tradition apostolique, les évêques de Rome ont toujours cherché à réunir les diverses Églises chrétiennes sous leur autorité morale afin d'exercer un magistère doctrinal et disciplinaire. La promesse faite par Jésus à Pierre, "roc sur lequel je bâtirai mon Église" (Mt. 16,18), qui apparaît comme une promesse personnelle, a été appliquée à ses successeurs à la tête de l'Église de Romepar une interprétation extensive et postérieure. Entre Pierre et la revendication explicitée au Ve siècle de la primauté romaine, l'historien peut déceler les événements qui ont amené certain évêques de Rome à prendre conscience que leur responsabilité dépassait celle d'une Église locale, fût-elle celle de la capitale de l'empire romain. L'histoire de la primauté romaine est celle d'une œuvre de longue haleine.

 
La France, fille aînée de l'Église Faton (L.) Pages 38-47
Un long cheminement
La date exacte du baptême de Clovis n'est pas connue avec certitude. La marge d'erreur de quelques années n'a aucune importance pour la signification historique de l'événement. Avant Clovis, des rois wisigoths avaient reçu le baptême de l'Église arienne. Clovis est apparu à son époque comme un roi catholique romain isolé au milieu des rois païens ou ariens. Son baptême a pris dans l'histoire une valeur sympolique. Mais, en dépit de la confusion qui s'est installée dans certains esprits, la conversion de Clovis n'a rien à voir avec le titre décerné à la France de Fille aînée de l'Église.

 
L'archéologie chrétienne et Rome Pergola (Ph.) Pages 48-53

L'archéologie chrétienne est sûrement la discipline de l'Antiquité dont les origines et le développement sont le plus indissociablement liés à la ville éternelle. Les monuments chrétiens primitifs de Rome ont monopolisé cette branche de l'archéologie, à partir de la fin du XVIe siècle et durant plus de deux cent cinquante années. C'est en effet autour du milieu du XIXe siècle que commencèrent ailleurs de nouvelles recherches systématiques, en particulier dans les territoires d'anciennes provinces romaines où le christianisme avait connu également des moments de gloire, à la fois en Orient et en Occident.

 
La topographie générale du Vatican Liverani (P.) Pages 54-65

Aux sept collines traditionnelles sur lesquelles s'est bâtie la puissance politique et militaire de Rome, on pourrait peut-être en ajouter une huitième, celle du Vatican, entrée plus récemment dans l'histoire romaine, et dans un domaine différent, celui de la religion. Jusqu'au début de l'Empire en effet, cette colline n'a joué qu'un rôle tout à fait mineur car elle était située aux limites de l'ager romanus. C'est Néron qui, en faisant supplicier les chrétiens dans les jardins et le cirque qu'il y avait fait construire, devait en faire un lieu sacré pour des millions de croyants.

 
À la recherche du souvenir de Pierre Saint-Roch (P.) Pages 66-73

C'est pratiquement dès son élection, survenue le 12 mars 1939, que Pie XII envisagea de faire des fouilles archéologiques sous la basilique vaticane. À une époque où toutes les légendes pétriniennes romaines (le Quo Vadis, le titulus fasciolae, etc.) étaient, à juste titre, remises en cause, le but de ces fouilles était avant tout de vérifier la tradition qui, depuis Clément de Rome à l'extrême fin du premier siècle, disait que Pierre, martyrisé dans le cirque de Caligula et Néron au Vatican, aurait été enseveli dans une nécropole des environs avant que, au début du IVe siècle, Constantin ne construisit, sur l'emplacement de cette tombe, une grande basilique.

 
Saint-Pierre au Vatican Guidobaldi (F.) Pages 74-83

Nul édifice n'est plus cher au cœur des chrétiens que la basilique Saint-Pierre au Vatican. Construite à l'emplacement de la tombe de l'apôtre sous l'empereur Constantin, au IVe siècle, elle n'a cessé d'être aménagée, complétée et enrichie d'œuvres d'art exceptionnelles. A partir du début du XVIe siècle, l'ancien complexe constantinien fut remplacé par l'actuelle basilique. Il subsiste actuellement peu de choses des constructions antérieures. Mais les sources écrites et iconographiques de la Renaissance nous permettent d'imaginer ce que devait être la basilique de Constantin enrichie par les apports successifs des rois chrétiens et des successeurs de saint Pierre.

 
La Civitas Leoniana Pani Ermini (L.) Pages 84-93

Le 26 août 846, les Sarrasins, qui avaient débarqué deux jours auparavant dans le port de Rome et écrasé les militiae delle scholae chargées de la défense de la côte, remontèrent le Tibre et, après avoir mis à sac la basilique Saint-Paul située sur la route d'Ostie (via Ostiense), parvinrent à l'église Saint-Pierre-au-Vatican (S. Pietro in Vaticano) qu'ils pillèrent et profanèrent entièrement, y compris l'autel élevé à l'emplacement du tombeau de l'apôtre. Ce fut un événement sans précédent qui provoqua douleur et consternation dans le monde chrétien.

 
L'archéologie au Vatican Paris, de Clovis à Dagobert

 
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Dossiers d'Archéologie n° 217 est un magazine des Editions FATON.