Dossiers d'Archéologie n° 240 du 01/01/1999
Numéro Double  
L'archéologie palestinienne
Les accords signés par le passé ont permis la rétrocession aux Palestiniens de certains territoires occupés par les Israéliens. Cela signifie une autonomie non seulement politique mais également culturelle : l’archéologie relève désormais des compétences de l’Autorité palestinienne dans ces territoires. C’est pourquoi le Département des Antiquités de Palestine, ressuscité, a pris en charge l’héritage monumental palestinien avec un certain nombre de sites de Cisjordanie et de Gaza, fouillés ou non, dont il doit assurer la conservation, la sauvegarde et l’étude scientifique avec les maigres moyens dont il dispose. Les Dossiers d’Archéologie contribueront à cette remise en valeur du patrimoine palestinien en faisant connaître les diverses opérations menées par le Département des Antiquités et les différentes équipes internationales, et l’action de l’UNESCO.
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
Le Département des Antiquités de Palestine Taha (H.) Pages 14-17
Trois années d'archéologie
Le nouveau Département Palestinien des Antiquités fut mis en place en août 1994 et fixa lui-même ses premiers objectifs en établissant une législation destinée à s’assurer les ressources et le personnel nécessaires. A côté de ce cadre essentiel, le Département conduit un vaste programme de fouilles de sauvetage dans les zones à fortes tensions.
Palestine, Jéricho, palais d'Hisham, Khirbet Belamet, Bethléem
 
L'exploration de la Palestine depuis le XIXe siècle Donceel (R.) Pages 18-25

Au XIXe siècle, l’exploration archéologique de la Palestine tint une place importante dans l’intérêt que ne cessait de susciter cette science au-delà du cercle des gens du métier. Son introduction progressive dans les programmes de l’enseignement universitaire s’en trouva ainsi favorisée. Aujourd’hui, riche de promesses de découvertes capitales, elle attend le soutien d’un département des Antiquités qui se remet en place.
pélerin, voyageur colons photographe, politique
 
Jérusalem Donceel-Voûte (P.) et al. Pages 26-45

Haut lieu religieux et culturel sans équivalent, la ville de Jérusalem (Al Quds) est éminemment sainte en tant que berceau des trois religions révélées, le judaïsme, le christianisme et l’islam. Ayant été habitée par des ethnies multiples à travers l’histoire, elle a acquis une importance historique et archéologique privilégiée par rapport aux autres villes du monde, de sorte qu’elle est devenue un pôle d’attraction pour les savants et les chercheurs, en particulier pour les archéologues qui ont afflué pour y faire des fouilles et l’étudier.
Palestine, Vieille Ville, Préhistoire, âge du Bronze, David, période musulmane, Saint-Sépulcre,
 
Gaza Sadek (M.M.) Pages 46-65

A 104 km à l’ouest de Jérusalem, Gaza et son territoire (la bande de Gaza) s’étirent sur 55 km environ du nord au sud et couvrent 363 km2. Quelque 400 000 personnes y vivent dont près de la moitié dans la seule ville de Gaza. Sa création se perd dans la nuit des temps. Bordant la Méditerranée et ouverte sur le large, elle se trouve également sur l’importante route caravanière, et donc commerciale et militaire, qui relie l’Afrique à l’Asie. Au temps des Philistins, à la fin du IIe millénaire av. J.-C., Gaza est l’une de leurs cinq cités les plus importantes. Aujourd’hui, forte de son histoire millénaire et de la coopération entre son Service des Antiquités et les équipes d’archéologues locaux et étrangers, elle se tourne résolument vers son passé pour l’étudier et le mettre en valeur.
Palestine, Jabaliyah, Anthedon, Maioumas, Deir al-Balah, Tell Jenan, Rafah, Qatif, Tell al-Ruqeish, mosaïque, byzantin, Abasan, al-Nuseirat
 
Hébron Jobeh (N.) Pages 68-71

A 38 km au sud de Jérusalem, Hébron passe pour être l’un des lieux les plus anciens au monde à avoir été habité sans discontinuité. Il faut dire que la fertilité de son sol est proverbiale ; vergers et vignobles nourrissent sa réputation depuis la plus haute antiquité. Les traditions religieuses rapportent qu’Abraham, après avoir démonté ses tentes, vint s’établir dans la plaine de Mamre, qui se trouve à Hébron, et qu’il y construisit un autel pour le Seigneur. Sarah, son épouse, y mourut ; Abraham acheta alors à Ephron l’Hittite un caveau pour l’ensevelir (Gen., 23, 2, 10-19) ; le lieu devint la tombe familiale, connue aujourd’hui sous le nom de “Caveau des Patriarches”. Appelé en arabe Khalil ar-Rahman ou al-Khalil (c’est-à-dire “l’Ami de Dieu”, référence à Abraham/Ibrâhim), Hébron a, en raison du séjour qu’y fit le patriarche, un caractère sacré pour les juifs, les chrétiens et les musulmans.
Palestine, Caveau des Patriarches, Piscine d'Arrub
 
Bethléem Santelli (S.), Weill-Rochant (C.), Donceel-Voûte (P.) Pages 72-87

Bethléem, une des plus importantes villes palestiniennes de la Cisjordanie, est située à 10 km au sud de Jérusalem. Elle est citée pour la première fois dans les lettres d’el-Amarna, découvertes en Egypte, qui constituent une source majeure des événements qui se sont déroulés dans le pays de Canaan aux XVe et XIVe siècles avant Jésus-Christ. Mais avant tout, Bethléem est un lieu sacré pour toutes les religions monothéistes : selon la tradition biblique, c’est à Bethléem que naquit David et que fut enterrée Rachel ; c’est là aussi que Jésus-Christ est né ; enfin, selon Ibn al-Althir (XIIIe siècle), le prophète Mohammed passa au-dessus de la petite cité pendant son célèbre voyage nocturne de La Mecque vers Jérusalem avant de monter aux cieux.
Palestine, époque romaine, grotte de la Nativité, basilique, ottoman, Hérodion, pavement, mosaïques polychromes, colonnes peintes, monastère, UNESCO
 
Jéricho Donceel (R.) et al. Pages 90-121

Jéricho est la “ville la plus ancienne du monde” mais elle est aussi la plus basse, 300 m au-dessous du niveau de la mer. Elle se trouve dans la dépression de la vallée du Jourdain, au nord de la mer morte, à 38 km à l’est de Jérusalem. Les premières traces archéologiques de son occupation remontent au XIe millénaire av. J.-C. ; très tôt en effet, les hommes ont apprécié les bienfaits naturels de sa région prodigués par ses sources, chantées par tous ceux qui l’ont visitée et s’en souviennent. Puissantes, fraîches, abondantes, elles approvisionnent depuis la nuit des temps, les agglomérations et les cultures de cette partie de la terre “bénie à l’excès” comme disait Flavius Josèphe (B. I., IV, 475).
Palestine, Bronze Ancien, rempart, fortification, nécropole, asmonéen, hérodien, Tulul el-Alayik, forteresse, hellénistique, romaine, Khirbet Qumrân, mer Morte, Père de Vaux, byzantin, omeyyade, église, synagogue, Khirbet el-Mafjar
 
Ramallah Taha (H.) et al. Pages 124-129

Les cités jumelles de Ramallah et d’al-Bireh profitent d’une situation centrale au milieu des hautes terres, à 16 km au nord de Jérusalem. Elles furent établies sur un ensemble de collines, à 900 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elles jouissent d’un climat tempéré et sont célèbres pour leurs étés frais et agréables, ainsi que pour leurs jardins et les beaux panoramas qu’elles offrent, par temps clair, de la côte.
Palestine, al-Bireh, Abud, maqam el-Qatrawani, Attara, maqam esh-Sheikh en-Nubani, Ras ibn Samhan,
 
Naplouse Taha (H.), Le Du (C.) Pages 130-137

Riche en souvenirs historiques, la ville de Naplouse, surnommée en arabe “la reine sans couronne de Palestine”, est située au cœur de la Palestine historique, à 67 km au nord de Jérusalem. Elle se trouve à mi-chemin entre la Méditerranée et le Jourdain, la Galilée et la région de Jérusalem.
Palestine, Sichem, Sébastiyeh, Canaan, Flavia Neapolis, ottoman, Samarie, Tell Balata,
 
Jenine Taha (H.) et al. Pages 138-145

L’apport des études numismatiques est capital dans l’histoire d’un pays, à la fois sur le plan économique, politique et religieux. La présentation du monnayage grec et romain de Palestine faite ici (et dont tous les exemples proviennent de Qumrân) permet de mieux comprendre les processus d’intégration, difficile s’il en est, de la Palestine au sein de l’œcoumène gréco-romaine.
Palestine, Tell Jenin, Khirbet Belameh, aqueduc, Burqin,
 
Les Philistins Vanschoonwinkel (J.) Pages 146-149

Les Philistins entrent dans l’histoire à la fin du IIe millénaire, à l’époque où tout le bassin oriental de la Méditerranée traverse une période de crise profonde, marquée notamment par la disparition de l’Empire hittite et la destruction de plusieurs établissements de la côte syro-palestinienne, comme Ougarit.
Palestine, céramique, habitat, pratiques funéraires, hébreux
 
Les langues de Palestine vues par les inscriptions Puech (E.) Pages 150-153

L’alphabet ayant été inventé au Levant dans les derniers siècles du troisième millénaire avant J.-C., les populations qui se sont succédé dans la région montagneuse entre littoral et Jourdain-mer Morte ont très vite appris l’art d’écrire leur langue sémitique à l’aide de l’alphabet. Sans doute, quelques-uns des plus anciens documents connus le sont en écriture cunéiforme syllabique, langue diplomatique de l’époque comme le prouvent les tablettes du XVe siècle retrouvées à Tell Ti’inik (Ta‘anak) dans les monts de la Samarie orientale. Mais l’écriture alphabétique de la langue cananéenne est attestée dès le milieu du deuxième millénaire sur des pierres à Sichem-Naplouse, par une tablette en cunéiforme alphabétique court datée vers 1200 à Ta‘anak, par des incisions en alphabet linéaire sur une jarre du XIIIe s. à Raddana près d’El-Bireh et sur des pointes de flèches en bronze vers 1100 retrouvées dans une sépulture à El-Khadr au nord-ouest de Bethléem.
Palestine, cananéen, araméen, grec, latin, byzantin, arabe, croisé
 
La céramique palestinienne Salem (H.) Pages 154-157

La céramique est un des principaux documents de culture matérielle en Palestine où elle est attestée depuis le VIIe millénaire av. J.-C. Elle est devenue, pour plusieurs milliers d’années, un marqueur chronologique et culturel majeur. Elle a connu trois révolutions principales.
Palestine, Bronze Ancien, poterie
 
Les monnayages grecs et romains de Palestine Van Driessche (V.) Pages 158-165

L’apport des études numismatiques est capital dans l’histoire d’un pays, à la fois sur le plan économique, politique et religieux. La présentation du monnayage grec et romain de Palestine faite ici (et dont tous les exemples proviennent de Qumrân) permet de mieux comprendre les processus d’intégration, difficile s’il en est, de la Palestine au sein de l’œcoumène gréco-romaine.
période perse, grecque, Qumrân, période romaine
 
L'archéologie palestinienne Ramsès II, Les monuments d'éternité

 
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