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Dossiers d'Archéologie n° 235 du 01/01/1998 Numéro Double La Grande Grèce L'appellation Grande Grèce dont l'expression apparut entre la fin du VIe siècle et le milieu du Ve siècle av. J.-C. recouvre l'Italie méridionale au temps de la colonisation hellénique, mais pas la Sicile semble-t-il. Rédigé par quelques représentants des principales équipes internationales qui y travaillent, ce recueil tente de donner une idée de la richesse des sites de Grande Grèce, de l'intérêt des découvertes, de la floraison d'un art, de l'évolution des connaissances et des théories. |
| Principaux articles référencés pour ce numéro |
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| L'évolution des paysages | Albore Livadie (C.) | Pages 4-9 |
Vers 1881, François Lenormant publiait ses recherches en Grande Grèce dans un mémoire qu’il avait intitulé : “La Grande Grèce. Paysages et histoire”. Son enthousiasme pour les antiquités de cette région qu’il venait de parcourir – “une des plus admirablement pittoresques et intéressantes de l’Italie méridionale” – était exhalté par la fascination d’une nature restée sauvage où la vie semblait s’être arrêtée. “On peut voir de temps en temps un champs qui a été travaillé superficiellement avec une araire qui n’a guère changé depuis l’époque où le roi Morgete enseignait l’agriculture aux Aborigènes”. Pourtant ce territoire extraordinaire, figé dans le temps – “Métaponte”, écrit-il, “est aujourd’hui un désert et l’on y arrive à travers le désert [...] ; l’absence d’habitants provoque l’absence de cultures” – ne ressemble guère à la Magna Grecia des premiers colons grecs, quand “les tribus pélasgiques et œnôtres menaient une existence surtout pastorale”, et le luxe insensé des Sybarites signifiait décadence, excès et corruption des mœurs. Italie méridionale |
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| Les Mycéniens en Grande Grèce | Vagnetti (L.) | Pages 10-15 |
Les Mycéniens, acteurs du trafic méditerranéen à longues distances dans la seconde moitié du IIe millénaire av. J.-C., ont développé des relations systématiques avec un grand nombre de régions limitrophes parmi lesquelles l’Italie méridionale. Les recherches archéologiques anciennes et récentes ont révélé un réseau dense de présences souvent localisées dans des zones qui ont été, par la suite, choisies par les Grecs pour fonder des colonies. Italie méridionale, céramique, Egée |
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| Les Etrusques en Grande Grèce | Agostino (B. d') | Pages 16-23 |
L’histoire des relations entre les Etrusques et les Grecs remonte au moins à l’arrivée de ces derniers en Italie, sur l’île d’Ischia tout d’abord, à Cumes, près de Naples, ensuite. Nous sommes alors vers le milieu du VIIIe siècle av. J.-C. Les motivations des Grecs sont, dans un premier temps, strictement commerciales ; il s’agit pour eux de rechercher et de contrôler les sources d’approvisionnement en métaux. Puis rapidement, les échanges avec les élites étrusques se transforment en une véritable osmose socio-culturelle où il est parfois difficile de distinguer l’apport des uns et des autres. Italie méridionale, Campanie, |
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| Les Eubéens en Campanie | Bats (M.) | Pages 24-33 |
| Pithécousses, Cumes, Naples Les relations entre le monde grec et la Péninsule italique remontent, nous l’avons vu, à une très haute époque. Mais ce n’est qu’au VIIIe siècle qu’eut lieu le véritable mouvement de colonisation qui a amené la création de foyers de culture grecque en Sicile et en Italie méridionale, en commençant par la Campanie. C’est ici, en effet, que les plus anciennes traces de fréquentation grecque ont été mises au jour. Italie méridionale, nécropole, artisanat, expansion, vestiges |
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| Pompéi préromaine | Guzzo (P.-G.) | Pages 34-41 |
La vie de Pompéi s’est arrêtée brutalement un jour de l’été 79 ap. J.-C. Cette florissante cité marchande romaine fut ensevelie, comme plusieurs autres agglomérations voisines, sous un déluge de cendre et de feu. Mais si tous connaissent aujourd’hui la date exacte de sa dispartition, en revanche bien peu savent que le site était déjà occupé depuis plus de mille ans au moment de la catastrophe. Italie méridionale, grecs, étrusques, Vésuve, communication, italique |
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| Tarente, Métaponte, Siris | Les conflits entre Tarente et ses voisins occidentaux | Pages 44-53 |
Au Ve siècle av. J.-C., les conflits entre Tarente et ses voisins occidentaux, en particulier les Achéens qui fondèrent Métaponte, puis les Athéniens de Thurium (Thourioi), sont caractérisés par des problèmes de frontières et la volonté de faire main basse sur les vallées fertiles de la Siritide. Cette situation a longtemps prévalu et a marqué l’histoire de cette région qui s’étend depuis Tarente jusqu’à Siris ; c’est sur une terre déjà fortement occupée par les indigènes œnôtres que s’affrontèrent, entre la fin du VIIIe et la fin du VIIe siècle av. J.-C., Spartiates, Achéens et Ioniens. Italie méridionale, indigènes, Héraclée, Grecs, Siris, Calabre, Riace, bronze |
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| La ville et ses monuments | Maertens (D.) | Pages 54-67 |
Le caractère colonial des établissements grecs d’Italie méridionale trouve sa meilleure expression dans l’urbanisme et l’architecture, c’est-à-dire dans l’organisation de l’espace et la construction d’un nouvel habitat. Dans les pages qui suivent, nous nous efforcerons de mettre l’accent sur les caractéristiques de ces deux domaines en les comparant aux réalisations contemporaines effectuées dans la mère-patrie. C’est pourquoi nous nous intéresserons surtout à la période de formation des cités à l’époque archaïque, c’est-à-dire jusqu’au moment où le débat théorique qui secoue la Grèce touche l’évolution particulière des villes grecques d’Occident. L’architecture de Grande Grèce se distingue à son tour par la souplesse remarquable avec laquelle les types architecturaux ont été adaptés à des fonctions précises. Italie méridionale, urbanisme, réseau viaire, Paestum, Agrigente, Métaponte, architecture, monnaie |
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| L'art de la Grande Grèce | Rolley (C.) | Pages 68-83 |
L’histoire des productions artistiques en Grande Grèce semble se dérouler à un rythme irrégulier, ce que l’étendue des régions concernées et leur variété ne font qu’accentuer. Le VIe siècle et la première moitié du Ve sont les périodes les plus actives : la Grande Grèce tient une place importante dans l’histoire de l’art grec archaïque, et de ce que nous appelons le style sévère, celui de la première moitié du Ve siècle. Les œuvres qui correspondent au classicisme de Grèce propre, quelquefois d’excellente qualité, restent isolées. Les formes hellénistiques ont eu plus de succès ; mais les conditions politiques, à partir du IVe siècle, ne sont pas favorables au développement des arts : les “ors de Tarente” restent un phénomène isolé, que nous expliquons mal. Italie méridionale, style archaïque, sculpture, Locres, céramique, figure rouge, bronze, peinture, Tarente, |
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| Cultes et croyances | Rouveret (A.) | Pages 84-95 |
Dans l’Enquête d’Hérodote (8, 144), les Athéniens, au lendemain de Marathon et Salamine, énumèrent les signes fondamentaux de l’identité grecque au nom de laquelle ils refusent l’alliance avec la Perse : sanctuaires et sacrifices y figurent avec la parenté de sang, la communauté de langue, de mœurs et de coutumes. Hérodote encore, témoin privilégié du regard porté par les Grecs du Ve siècle sur la colonisation, puisqu’il participa à la fondation de la colonie panhellénique de Thourioi en 444 av. J.-C, rappelle qu’au moment de quitter leur cité assiégée par les Perses, les Phocéens embarquent sur leurs navires, femmes, enfants, biens mobiliers “avec les statues des dieux et les autres offrandes” (1,165). Italie méridionale, indigène |
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| Grecs et indigènes | Morel (J.-P.) | Pages 96-111 |
| Le face à face de deux mondes “Le thème des rapports entre les Grecs et les Italiques est le problème fondamental de la civilisation de la Grande Grèce”, a observé Amedeo Maiuri, le grand spécialiste de la Campanie antique. Concernant aussi bien les relations politiques, militaires ou économiques que les influences culturelles, artistiques ou religieuses, cette question omniprésente comporte une infinie variété d’aspects, au gré de l’action ou de l’offre des Grecs, de la réaction, de la demande et parfois de l’initiative des indigènes. Si différent du monde hellénique que fût leur propre monde, les indigènes apparaissent en définitive comme des protagonistes essentiels de l’histoire de la Grande Grèce. Italie méridionale |
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| Grande Grèce, Etrurie et Rome | Torelli (M.) | Pages 112-119 |
L’attraction jouée par les cités grecques d’Italie méridionale sur les Etrusques fut très forte, mais elle resta conditionnée par le rôle que la classe aristocratique étrusque attribua aux modèles grecs dans l’élaboration d’une idéologie vouée entièrement à l’affirmation de son hégémonie politique. C’est pour cette raison que les nobles étrusques ne cessèrent jamais de maintenir d’étroites relations avec leurs pairs des cités grecques tout en leur disputant leurs droits sur le plan territorial et social. Italie méridionale, |
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| La Grande Grèce | Les manuscrits de Nag Hammadi |