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Dossiers d'Archéologie n° 310 du 01/02/2006 Numéro Normal La musique au Proche-Orient ancien La musique constituait un des aspects majeurs de la civilisation du Proche-Orient ancien. Toutes les villes de la Mésopotamie participaient à la même culture musicale, utilisaient les mêmes instruments, se référaient aux mêmes façons de jouer, de chanter et de réciter ; il en allait de même pour la divination, la littérature, etc. Mais, malgré une assez grande uniformité de cet art, nous pouvons repérer des particularités locales, des spécialisations plus poussées, des centres d'apprentissage réputés. Cette diversité explique pourquoi les musiciens sillonnaient jadis les routes, envoyés par leurs maîtres, accompagnant ces derniers, ou au contraire quittant ceux qui les avaient jusqu'alors entretenus pour aller chercher fortune ailleurs. Ces musiciens et musiciennes emportaient avec eux leur art, leur savoir technique, et pouvaient certainement représenter à l'étranger leur ville d'origine, c'est-à-dire des écoles de musique plus ou moins prestigieuses ; les échanges qui s'effectuaient ainsi étaient sûrement des plus fructueux. |
| Principaux articles référencés pour ce numéro |
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| La musique dans l'art mésopotamien | Collon (D.) | Pages 6-14 |
La Mésopotamie a fourni une masse de documents, tant écrits que visuels, relatifs à la musique dès le quatrième millénaire avant notre ère. De nombreux instruments de musique sont connus pour la première fois non seulement par des représentations figurées, mais aussi par les vestiges de ces instruments retrouvés lors des fouilles. stèle, vase, instruments, lyre, banquet sous la treille, harpes, luth |
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| Les instruments de musique au Proche-Orient ancien | Shehata (D.) | Pages 16-22 |
L'histoire du Proche-Orient ancien s'étend sur environ 5 000 ans et concerne un vaste territoire, allant du golfe Persique jusqu'à l'Asie Mineure. Un grand nombre de peuples et civilisations y ont vécu et ont laissé leur trace dans la vie culturelle. Les instruments de musique, dont nous connaissons des formes très variables pour ces époques et ces régions grâce aux sources écrites ou iconographiques, appartenaient donc à des traditions musicales différentes. lyre, cloche, cymbale, sistre, crécelle |
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| La musique à Ebla | Biga (M. G.) | Pages 24-31 |
La ville d'Ebla (Tell Mardikh) fut, au XXIVe siècle av. J.-C., la capitale d'un royaume important en Syrie du Nord. Grâce à une habile politique de relations diplomatiques, commerciales et militaires, il réussit à devenir une des puissances principales du Proche-Orient de cette époque. Les archives, retrouvées dans quelques pièces du palais royal, et surtout dans une salle d'archives proche de l'endroit où se tenaient les audiences royales, ont fourni des textes en majorité administratifs, qui, même s'ils sont par leur nature même extrêmement laconiques, permettent de reconstruire la société éblaïte, l'économie du royaume, son commerce et ses relations diplomatiques avec un grand nombre de royaumes de la Syrie de cette époque, jusqu'à la Haute-Mésopotamie, où le royaume de Nagar (Tell Brak) était le principal centre, jusqu'à la Syrie du Sud-Est, où dominait le grand royaume de Mari, et enfin, la Mésopotamie centrale, où la principale puissance avait Kish comme capitale. |
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| Les musiciens de la cour de Mari | Ziegler (N.) | Pages 32-38 |
Mari, capitale d'un royaume sur le Moyen-Euphrate, a été prise en 1761 av. J.-C. par les troupes de Hammu-rabi de Babylone. Celles-ci pillèrent le palais systématiquement, en déportèrent les habitants et y mirent le feu: les murs s'écroulèrent à l'intérieur des pièces où n'étaient restés que des objets sans valeur aux yeux des soldats – notamment les archives qui se sont révélées une source d'une très grande richesse pour les historiens d'aujourd'hui. |
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| Hommes, femmes et enfants dans la musique | Pruzsinszky (R.) | Pages 40-45 |
Depuis toujours, le groupe socio-professionnel des musiciens et chanteurs a eu une importance particulière et souvent même extraordinaire. Chanteurs et chanteuses transmettaient un savoir et peuvent fréquemment être définis comme une élite proche du pouvoir politique. Pensons à des civilisations illettrées, dans lesquelles les chanteurs véhiculaient des informations importantes, des histoires, hymnes, incantations ou prières, ou pensons au Moyen Âge européen, quand les chanteurs voyageaient d'une cour à l'autre et réussissaient à obtenir des postes importants, où ils pouvaient recevoir des cadeaux substantiels et appartenir à la noblesse. Dans l'Orient ancien, il est prouvé que des épopées, des mythes, des hymnes royaux et d'autres productions littéraires ont été créés pour être écoutés. Ceux qui les récitaient étaient des chanteurs, dont le chant était accompagné par différents musiciens et instruments. |
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| Des saltimbanques | Durand (J.-M.) | Pages 46-49 |
| Le divertissement hors du palais D'après ce que nous documentent les textes palatiaux de Mari, le thème de la “musique” ne fait pas beaucoup référence à des activités ludiques ou d'agrément : cela semble plutôt avoir été une activité sérieuse qui visait à l'éducation culturelle ou au culte. En même temps, il est facile de comprendre qu'il s'agissait d'une importante réalité qui pouvait occuper toute la vie de groupes humains importants. aluzinnum, huppûm |
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| La musique des amoureux | Groneberg (B.) | Pages 50-54 |
Vers le milieu du XIIIe siècle av. J.-C., peu après qu'une petite-fille du grand roi hittite ait été mariée au souverain d'Ougarit, un scandale matrimonial bouleversa le royaume. On accusa la première dame de la cité-État d'Ougarit de s'amuser avec des nobles du pays, de “ne cesser de jubiler” avec eux ; c'est de manière retenue, avec le mot akkadien siâhum “rire joyeusement, flirter” qu'on décrivait l'infidélité conjugale. “Rire” était alors un euphémisme pour l'union procréatrice et l'amour physique depuis au moins 700 ans, attesté dans des chants d'amour paléo-babyloniens. Déjà dans des chants sumériens du début du IIe millénaire, les verbes “se réjouir”, ou “pousser des cris joyeux” servaient à décrire les jeux amoureux. Dumuzi, Inanna |
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| La louange des dieux et des rois | Charpin (D.) | Pages 56-59 |
Dans le monde sumérien, on jouait de la musique à différentes occasions cultuelles. Les sacrifices d'animaux étaient accompagnés de musique, ainsi que le souligne le roi Shulgi : “Je remplis d'abondance le temple de Suen, étable qui produit de la graisse en abondance. J'y fis égorger des moutons ; j'y fis offrir de nombreux moutons. J'y fis résonner les tambours shem et ala, et y fis jouer agréablement les instruments tigi”. Mais un tel accompagnement n'était pas limité à ce type d'acte cultuel : la récitation des hymnes était également effectuée sur un fond musical. Ur, Shulgi |
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| Chanter les victoires, déplorer les défaites | Marti (L.) | Pages 60-67 |
| La musique dans et après la guerre L'époque dite “néo-assyrienne”, qui débute avec Assur-dân II (934-912 av. J.-C.) et se termine tragiquement devant Harran par l'ultime résistance d'Assur-uballit II (612-610 av. J.-C.), marque, grâce à la richesse et la profusion des inscriptions royales, un sommet documentaire. Ces textes donnent, sous le couvert évident d'une certaine propagande royale, des informations tant sur l'histoire assyrienne en général que des détails géographiques ou ethnographiques des régions traversées par les armées. Les bas-reliefs qui décoraient les palais nous renseignent aussi bien sur des détails de la vie de caserne que sur le déroulement des batailles et les triomphes des armées assyriennes, dans lequel la musique tenait une place de choix. récits épiques |
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| La musique chez les Hittites | Mouton (A.) | Pages 68-71 |
C’est grâce à la découverte sur le site archéologique turc de Bogazkale (l’antique Hattusha) de plusieurs milliers de fragments de tablettes inscrites en écriture cunéiforme que la culture hittite s’est révélée à nous. Au fur et à mesure que progressait le déchiffrement de ces documents d’argile se précisait le portrait de cette brillante civilisation anatolienne ayant vécu du XVIe au XIIe siècle avant J.-C. Ainsi, a-t-on pu appréhender de nombreux aspects de la vie quotidienne des Hittites, tels que leurs croyances et leurs pratiques religieuses. instruments, cérémonies religieuses, mythes |
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| La musique dans la Bible | Sillamy (J.-C.) | Pages 72-76 |
| David, roi musicien Tout le monde a entendu parler du Roi David et de sa harpe. De magnifiques représentations illustrent des manuscrits religieux du Moyen-Âge, des Bibles anciennes écrites à la main, des missels garnis de superbes enluminures. Mais quelle musique jouait-il? Personne ne le sait. Le Roi David vivait il y a bientôt 3000 ans: peut-on écrire un article sur des musiques aussi lointaines? Peut-on approcher ces musiques, ou mieux les reconstituer? Les décrire, expliquer leur système? psaumes, liturgie, modes, système musical |
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| La musique au Proche-Orient ancien | Tombeaux royaux et princiers |