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Dossiers d'Archéologie n° 290 du 01/02/2004 Numéro Normal La Tribologie Le développement des techniques d’analyse et des sciences exactes ont accéléré celui de l’archéologie. À côté de son rôle premier qui est l’étude des vestiges anciens – ce qui en est la définition étymologique –, l’archéologie d’aujourd’hui est amenée quotidiennement à pousser plus avant ses recherches et ses conclusions. Pour ce faire, les archéologues font appel à des spécialistes de différentes disciplines qui les aident à dresser un portrait le plus précis possible des hommes, du site et des objets qu’ils découvrent ; c’est ce qu’on appelle communément la pluridisciplinarité. La tribologie fait partie de ces techniques d’analyse qui contribuent à mieux faire connaître notre passé. Derrière ce terme abscons, se cache une science tout à fait particulière dont les apports sont étonnants. Son domaine d’étude concerne le frottement et l’usure des corps naturels ou fabriqués que les archéologues mettent régulièrement au jour. Son champ d’application est très vaste puisqu’il couvre tous les types de détérioration observée suite à un usage. Vous en trouverez plusieurs exemples dans les pages ce dossier. Ils concernent, entre autres, les dents et les ossements humains, la restitution des gestes techniques dans la fabrication des outils en silex ou en obsidienne, la circulation des matières premières lithiques, la fabrication des outils en os, l’utilisation des matières minérales, la taille des objets en bois ou celle de la pierre de construction. Vous découvrirez donc dans ce numéro des applications concrètes de la tribologie à des domaines qui concernent aussi bien la préhistoire ou l’Antiquité que les périodes moderne ou contemporaine, et vous serez étonnés de voir ce que l’on peut faire dire à un objet par définition muet. |
| Principaux articles référencés pour ce numéro |
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| Divers visages de la tribologie | Georges (J.-M.), Zahouani (H.) et Vargiolu (R.) | Pages 4-7 |
Les phénomènes de frottement, d’usure et de lubrification, de même que les propriétés d’adhérence des matériaux, entrent en jeu dans de nombreux domaines industriels, en particulier dans les secteurs où la conservation d’énergie ou la fiabilité des systèmes et des équipements interviennent de façon cruciale. mécanique, contact, tracéologie, usure |
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| La dent, miroir de la vie | Rucker (C.) | Pages 12-15 |
La dent est constituée dans sa presque totalité par de l’ivoire issu d’une transformation graduelle et centripète d’un bourgeon organique. Anatomiquement elle se divise en deux parties : d’une part, une couronne enrobée d’une couche d’émail formée de prismes cristallins accolés dont la surface visible paraît parfaitement lisse et d’une dureté proche de celle de la silice, et d’autre part, une ou plusieurs racines recouvertes par un cément qui permet la fixation d’une trame fibreuse assurant le maintien de la dent dans les tissus environnants osseux et gingivaux. microscope, observation, hygiène |
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| Surfaces osseuses et pratiques funéraires | Le Mort (F.) | Pages 16-19 |
L’examen détaillé de la surface des os humains anciens peut fournir quantité d’informations sur les comportements des populations du passé face à la mort. Certains rites complexes laissent, en effet, sur les os, des marques qui permettent de reconstituer leur déroulement. crânes, ossements, Çayönü, sépultures |
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| Les signes du corps | Le Breton (D.) | Pages 20-23 |
La condition humaine est corporelle. Et le corps est l’espace qui se donne à voir et à lire à l’appréciation des autres. Matière d’identité au plan individuel et collectif, c’est par lui que nous sommes identifiés, reconnus par les autres. Toutes les sociétés humaines modifient le corps à leur manière en agissant sur les cheveux, la pilosité, la peau. On peut ajouter (tatouage, maquillage, scarification, bijou, implant, laquage des dents), soustraire du corps (circoncision, excision, épilation, mutilation, perforation, etc.), ou façonner l’une ou l’autre de ses parties (cou, oreille, lèvres, pieds, crâne). judaïsme, christianisme, tatouages |
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| Les techniques de taille de la pierre préhistorique | Pelegrin (J.) et Texier (P.-J.) | Pages 26-33 |
Depuis les premiers outils taillés connus, vieux d’environ 2,6 millions d’années, jusqu’aux superbes productions de la fin du Néolithique ou de l’âge du Bronze, nos ancêtres préhistoriques ont fait preuve d’une grande ingéniosité pour produire leurs outils de roche dure. Leur adresse manuelle s’est développée parallèlement à la compréhension et au contrôle des paramètres en jeu pour culminer avec le détachement par pression au levier de grandes lames parfaitement régulières. fracture conchoïdale, percussion directe, percuteur, pression, traitement thermique |
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| La circulation de l'obsidienne | Chataigner (C.) | Pages 36-41 |
Dans l'ensemble du Proche-Orient et du Caucase voisin, de nombreux artefacts en obsidienne ont été retrouvés sur des sites préhistoriques des XIIe-IVe millénaires avant J.-C. (nucléus, outils, armes, objets de parure, vases), le matériau étant apprécié autant pour ses qualités de taille que pour sa beauté. Or l'abondance de l'obsidienne sur un établissement n'est pas directement liée à la présence d'affleurements dans le voisinage ; interviennent d'autres facteurs que la modélisation des échanges, basée sur les déterminations de provenance et l'analyse des modes d'acquisition et de redistribution, essaie de restituer. Arménie, Proche-Orient, obsidienne |
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| La première machine agricole et les lames cananéennes | Anderson (P.) et Chabot (J.) | Pages 44-51 |
En 1930, dans une grotte de Palestine, l’archéologue français R. Neuville découvrit de longues lames de silex aux proportions très régulières qu’il baptisa “lames cananéennes”. Ce type de lames a depuis été mis au jour sur la plupart des sites archéologiques de Mésopotamie du Nord et du Levant datés du Chalcolithique et de l’âge du Bronze ancien (IVe et IIIe millénaires). Nombre de chercheurs se sont employés à découvrir la façon dont ces lames connues pour leurs proportions si régulières étaient fabriquées, comment et pour quelles raisons elles se trouvent distribuées sur une si vaste région au Moyen-Orient. Elles n’ont commencé à livrer leur secret que très récemment. échanges, réseau, tribulum |
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| Les outils en matières osseuses | Legrand (A.) et Sidéra (I.) | Pages 52-55 |
| Exemple des sites de Khirokitia et Drama L’os, le bois de cervidé et l’ivoire ont été largement exploités en Préhistoire pour la fabrication d’outils, poinçons, aiguilles, haches, de parures, perles, bracelets, bagues, peignes, de figurines et d’ustensiles tels des cuillères. Les premières études relatives à ces objets ont établi des typologies morphologiques. Aujourd’hui, l’analyse des traces techniques et des traces d’usage que comportent les objets permet de restituer leur cycle de fabrication et d’utilisation et d’appréhender ainsi, une partie du système économique et social des gens qui les ont produits. Deux industries, reposant chacune sur un système d’exploitation spécifique des matières premières, ont été choisies pour illustrer cette démarche : l’outillage en os de Khirokitia et l’outillage en bois de cervidé de Drama. hache, outils, bois |
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| Le broyage des matières minérales | Procopiou (H.) | Pages 58-61 |
De nos jours, il nous arrive encore de broyer individuellement notre poivre ou notre café ; des meules, des broyeurs à cylindres, à mâchoires, à marteaux ou encore à boulets se mettent toujours en œuvre afin de transformer des centaines de produits qui sont introduits ensuite dans la chaîne alimentaire et industrielle. Durant la Préhistoire et l’Antiquité, les matières premières disponibles étaient moins nombreuses, mais ont nécessité le même traitement : un besoin pris alors en charge par les seuls couples meule/molette et mortier/pilon. Malia, Crète, meule |
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| Des pots et des techniques | Degoy-Thotakura (L.) | Pages 62-63 |
| Encadré Andhra Pradesh, Inde, céramique |
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| Quand le paléoxylologue devient un technicien de surface | Dietrich (A.) | Pages 64-67 |
Les bois archéologiques sont maintenant des vestiges fréquemment étudiés dès que l’on fouille des couches en condition anaérobie. Cette absence d’oxygène est plus radicale dans les milieux noyés. Ce sont donc les bois gorgés d’eau qui se trouvent si bien conservés qu’ils portent encore un nombre conséquent de traces sur leur surface. L’abrégé des observations possibles qui est reporté dans ce texte est donc large mais rarement réuni sur un même objet ou une même collection. L’exemple tout récent des bois du site du Quai Branly à Paris (du Cerny au haut Moyen Âge) vient émailler une étude de détails en cours de travail. intervention, observation, bois, écuelle, hache |
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| Les traces d'outils sur les bois gorgés d'eau | Lecomte-Schmitt (B.) | Pages 68-71 |
| L'exemple du Quai Branly La parcelle A du site du Quai Branly, à l’emplacement du futur musée des Arts Premiers (Paris VII), a été fouillée de septembre à décembre 2002(1). La fouille a mis au jour des vestiges essentiellement composés de bois gorgés d’eau : pieux, éléments de construction, claies, quelques objets et une pirogue. Tous ces objets reposaient dans un ancien bras de la Seine, dans des sables et graviers de granulométrie grossière déposés par un courant extrêmement actif. pieux, hêtre, pirogue, outils, chêne |
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| Une recherche de la trace d'outil au tailleur de pierre | Bessac (J.-C.) | Pages 72-77 |
La connaissance des monuments s’est longtemps limitée aux seuls aspects architecturaux et stylistiques. Aujourd’hui, l’archéologie recherche aussi le fonctionnement technique et économique des chantiers et s’intéresse aux hommes : tailleurs de pierre mais également carriers et sculpteurs. Bien qu’encore balbutiante dans ce domaine, la tribologie contribue à l’approfondissement de ces nouvelles voies d’investigation qui ne pourront que se développer dans l’avenir. étude, classification, méthodologie, matériau, outils, trace, taille |
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| Le naufrage du San Pedro de Alcantara (1786) | Blot (J.-Y.) et Pinheiro-Blot (M. L.) | Pages 80-83 |
Armé de 64 canons, le vaisseau de guerre espagnol San Pedro de Alcantara fut construit au début des années 1770 dans l’île de Cuba. Un jour de décembre 1784, au Pérou, il quitte le port de Callao en direction de Cadix, en Espagne, par la route du cap Horn. La quantité de métal mise à bord au cours des semaines précédentes est telle qu’un cercle de vingt-quatre marchands de Lima adresse au vice-roi une protestation détaillée, chiffrée et inquiète : 3 tonnes de monnaies d’or, 150 tonnes de monnaies d’argent et 600 tonnes de cuivre en barre. Le cuivre seul dépasse dans la proportion de 2 à 1 la quantité admise par le certificat de jauge. Péruviens, Europe, pièces, argent |
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