Dossiers d'Archéologie n° 306 du 01/09/2005
Numéro Normal  
Le carbone 14 et ses apports à l'archéologie
La datation du Linceul de Turin en 1988 a sans doute popularisé la méthode de datation au carbone 14 auprès du grand public, mais les archéologues connaissent son intérêt depuis plus longtemps. Depuis sa découverte et les toutes premières mesures faites en 1949 et 1950, la méthode de datation par le carbone 14 (ou radiocarbone) a suscité un grand intérêt dans le domaine de l’archéologie. Cette méthode a permis de fournir des milliers de dates et de fixer ainsi toute la chronologie de la préhistoire et de l’histoire de l’homme moderne. Ses applications sont multiples, et le présent dossier vous fournit quelques exemples pertinents des études et des résultats (parfois contestés) auxquels cette méthode a abouti. Moyen de datation mais également instrument d’identification d’une oeuvre d’art ou d’une relique précieuse, le carbone 14 demeure, aujourd’hui, un moyen d’investigation incontournable.
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
Le carbone 14, une méthode essentielle en archéologie Oberlin (Ch.) Pages 2-9

Depuis sa découverte et les toutes premières mesures faites en 1949 et 1950, la méthode de datation par le carbone 14 (ou radiocarbone) a suscité un grand intérêt dans le domaine de l’archéologie. Cette méthode a permis de fournir des milliers de dates et de fixer ainsi toute la chronologie de la préhistoire et de l'histoire de l'Homme Moderne.
techniques de mesure, date radiocarbone, dendrochronologie, calibration BP
 
La datation directe des peintures préhistoriques par la méthode du carbone 14 Valladas (H.), Tisnérat-Laborde (N.) et Kaltnecker (É.) Pages 10-15

Grâce à la technique de la spectrométrie de masse par accélérateur, il est possible de dater directement les tracés pariétaux exécutés avec du charbon de bois, à partir de prélèvements n’excédant pas quelques dizaines de milligrammes. Les résultats déjà acquis montrent le grand intérêt de cette approche pour retracer l’évolution de l’art pariétal, de son apparition au cours de l’Aurignacien jusqu’à la fin de la période paléolithique.
pigments pariétaux, grotte Cosquer, grotte Chauvet
 
Le site de Solutré, un lieu d'application privilégié pour l'emploi du C14 Evin (J.) et Quertelet (S.) Pages 16-25

Le site de Solutré a fait l’objet d’une série de datations au Carbone 14 cohérentes et efficaces qui se sont déroulées sur près d’une trentaine d’années. Réalisées sur une longue échelle de temps (près de 40 millénaires), ces datations ont permis un perfectionnement de la méthode de datation par le radiocarbone. Le rôle de Solutré a été en particulier important pour la mise au point de datations sur ossements, grâce à la bonne conservation du collagène contenu dans les échantillons du gisement.
Paléolithique supérieur, jardin archéologique et botanique, fausses sépultures préhistoriques, chasse à l'abîme, musée départemental, datations radiocarbone
 
Le C14 et le Néolithique du Proche-Orient Aurenche (O.) Pages 26-29

La multiplication des mesures au C 14 et l’extension des plages de calibration permettent désormais de mieux préciser dans le temps les étapes du phénomène connu sous le nom de révolution néolithique qui, entre 12000 et 6000 av. J.-C., a conduit les populations du Proche-Orient de l’état de chasseurs-cueilleurs à celui d’agriculteurs-éleveurs.
Çatal Hüyük, néolithisation, peintures murales, datations
 
Le radiocarbone et la néolithisation Binder (D.) Pages 30-37
Méditerranée centrale et occidentale
Deux complexes culturels assurent la néolithisation de l’Europe occidentale dans le courant du VIe millénaire avant J.-C. : le Néolithique à céramique linéaire (Danubien) qui diffuse en Europe continentale, et le Néolithique méditerranéen à céramique imprimée (Impresso-Cardial). Ces deux ensembles trouvent leurs origines dans les Balkans, en Égée et/ou en Anatolie. Ils résultent d’évolutions et de recompositions successives du Néolithique du Proche-Orient asiatique dont les modalités et les moteurs restent pour l’essentiel méconnus.
Robert et Linda Braidwood, Gordon Childe, Néolithique, chronologie
 
Le cas de la grotte du Gardon (Ain) Voruz (J.-L.) et Manen (C.) Pages 38-43
Stratigraphie et radiocarbone
Restituer la chronologie absolue des gisements archéologiques est l’une des applications de la méthode de datation par le carbone 14. L’importante stratigraphie livrée par la grotte du Gardon, représentant les différentes étapes d’occupation de la grotte, a fait l’objet de 76 datations, dont l’interprétation a été menée en collaboration avec le Centre de Datations et d’Analyses Isotopiques de l’Université de Lyon I. C’est ainsi qu’il a été possible d’établir un cadre chronologique de référence pour le Néolithique et l’âge du Bronze du Haut Bassin rhodanien.
âge du Bronze, falaise des Balmeaux, massif jurassien, relevé stratigraphique, datations radiocarbones
 
Construire une chronologie dans la vallée du Nil, l'exemple de Kerma en Nubie Honegger (M.) Pages 44-53

Dans la vallée du Nil, la méthode du Carbone 14 a joué un rôle fondamental dans l’établissement de la chronologie des cultures préhistoriques. La région de Kerma, située au centre de la Nubie, à la hauteur de la 3e cataracte, fournit un bon exemple de datation d’une séquence débutant avec les premières sociétés sédentaires du VIIIe millénaire av. J.-C.
premiers établissements sédentaires, Paléolithique, Mésolithique, El-Barga, Néolithique, Pré-Kerma
 
La datation des reliques par le carbone 14 Evin (J.) et Rillot (J.) Pages 54-59

Une application peu fréquente du radiocarbone consiste à dater des pièces de bois ou des os considérés respectivement comme des reliques d’objets sacrés ou comme les derniers restes de saints. Ces analyses sont toujours faites dans le cadre d’études pluridisciplinaires. Elles amènent ou non à confirmer l’âge attendu. On expose deux exemples qui donnent des résultats, opposés quant à l’authenticité des reliques analysées, mais qui confirment, l’un et l’autre, l’ancienneté du matériel conservé.
trésor de Notre-Dame, saint Frézal, La Canourgue, saint Firmin, Banassac
 
La datation radiocarbone du Linceul de Turin Evin (J.) Pages 60-65

Lorsqu’en 1988 fut proclamé, par le cardinal de Turin et les scientifiques mandatés par lui, le résultat de la datation radiocarbone du Linceul de Turin, son âge médiéval fut pour beaucoup une surprise, mais il fut très généralement admis par l’Église et par la communauté scientifique. Depuis, divers critiques contestant soit la procédure de prélèvement, soit la qualité du matériel mesuré, ont tenté de mettre en cause la validité du résultat. Mais un examen circonstancié des conditions de la mesure ne laisse planer aucun doute sur sa fiabilité, et on doit admettre que le lin ayant servi à tisser cette toile a poussé à la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe.
procédure de datation
 
Le carbone 14 et l'authentification des œuvres d'art Oberlin (Ch.) Pages 66-71

La méthode de datation par le radiocarbone est bien connue parce qu’elle a permis de dater des objets célèbres comme le Linceul de Turin, les belles peintures pariétales de la grotte Chauvet ou encore des momies comme l’homme des glaces “Ötzi” trouvé dans un glacier en Italie. Cette méthode peut être aussi utilisée pour contribuer à l’expertise de certaines œuvres d’art. Elle ne permet pas d’authentifier une œuvre mais uniquement de dater son support : le bois d’une statue ou la fibre de lin composant la toile d’une peinture, l’authentification restant à la charge d’autres spécialistes en art.
mesure par spectrométrie de masse couplée à un accélérateur, SMA, supports, problèmes de contamination, os, ivoire, tissus, toiles ,tapisseries, tapis, bois
 
Un tombeau des comtes de Toulouse daté de l'an Mil Dieulafait (Ch.) et (F.) Pages 72-78

Les sépultures des personnages célèbres ont toujours attiré la curiosité. L’enfeu des comtes de Toulouse, situé à l’extérieur du transept sud de la basilique Saint-Sernin, n’échappe pas à la règle. Aussi, quand l’un des sarcophages contenus dans cet enfeu dût être ouvert en 1989, les autorités de la ville et de nombreux curieux étaient présents. Loin de se limiter au parapluie de Viollet-le-Duc ou à des fusils de la guerre de 14, comme le prédisaient ironiquement certains, ce que livra ce sarcophage marqua le début d’une longue enquête à laquelle contribuèrent plus de quarante spécialistes(1). Les quelques lignes qui suivent rappellent les principaux résultats de cette (en)quête, et comment les datations C 14 apportèrent certaines réponses, ce qu’on leur demande toujours, mais aussi quelques interrogations surprenantes.
sarcophage, contexte, enfeu, Guilhem III Taillefer
 
Le carbone 14 et ses apports à l'archéologie L'Égypte prédynastique

 
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Dossiers d'Archéologie n° 306 est un magazine des Editions FATON.