Dossiers d'Archéologie n° 293 du 01/05/2004
Numéro Normal  
Le Népal
Terre de couleurs, terre de lumière, terre de religion, le Népal fascine par la poésie de ses paysages et de ses coutumes tout voyageur qui s’y aventure. Protégé par la vallée de Kathmandu, restée longtemps difficile d’accès, le pays s’est tenu à l’écart de la modernité et des dommages qu’elle peut causer, mais aussi des bienfaits qu’elle apporte : le Népal reste aujourd’hui l’un des plus pauvres des “pays les moins avancés”, selon la terminologie employée par les Nations Unies . Héritiers des souverains de Patan, Kathmandu, Bhaktapur, ses habitants ont su préserver un extraordinaire patrimoine de temples, stupas, palais et monastères, lieux vivants qui participent à leur vie quotidienne. Ce Dossier d’Archéologie vous permettra de découvrir ou redécouvrir différents aspects de la culture népalaise à travers son architecture, sa sculpture, sa peinture, ses religions – le bouddhisme et l’hindouisme –, et les diverses influences culturelles – néwares ou indiennes – qui rendent exceptionnel le patrimoine de ce pays.
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
L'hindouisme dans la vallée de Kathmandu Toffin (G.) Pages 8-15

L'Inde est partout présente dans l'ancienne vallée du Népal, haute plaine himalayenne de 550 km2 qu'on appelle aujourd'hui vallée de Kathmandu. Présente dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, la pensée hindoue imprègne notamment les monuments religieux, le panthéon, les institutions politiques et la vie quotidienne.
sculpture, métal, linga Shiva, Pasupatinath, Ganesh, cultes syncrétiques et locaux, Indra, Kumari, Matsyendranatha, Bhairava, Nasahdyah
 
Un bouddhisme népalais au cours ininterrompu Gill (S.) Pages 16-21

Au Népal, terre natale du Buddha, le bouddhisme n’a jamais cessé d’être pratiqué, à la différence de l’Inde où il fut anéanti au XIIIe siècle. La survie du bouddhisme dans la vallée de Kathmandu s’explique par ses facultés de constante adaptation, en particulier au système social de l’hindouisme. Longtemps méconnu, ce bouddhisme fit surface en Occident au début du XIXe par l’intermédiaire de l’orientaliste B. H. Hodgson qui y rapporta des manuscrits népalais en sanskrit, relatant rites et festivals bouddhiques.
Lumbini, Buddha, Licchavi, harmika, Malla, bodhisattva, Bodhnath, monastère, Vajracarya, Tibet, Népal, Mahakala
 
Kathmandu au fil du temps Hollé (A.) Pages 22-27

Comme beaucoup de villes de pays pauvres, Kathmandu se trouve aujourd'hui partagée entre tradition et modernité. Cette ambivalence transparaît dans le paysage urbain actuel, mais l'extension très rapide de celle-ci n'a pas fait disparaître le charme de celle-là. C'est pourquoi, en dépit d'une croissance urbaine qui semble anarchique à bien des égards, Kathmandu reste un lieu attachant où l'histoire a su laisser de nombreuses marques.
Rana, temple
 
L'architecture religieuse de la vallée de Kathmandu Juramie (A.-C.) Pages 28-39

“Je doute qu’un mangeur d’opium ait jamais entrevu dans ses rêves une architecture plus fantastique que celle de cette étrange cité” : cette description de Patan par un voyageur français en 1866 pourrait évoquer tout autant Kathmandu et Bhaktapur que les petites villes ou villages nichés au creux de la vallée. Au sein d’une extraordinaire richesse architecturale (plus de 2 000 monuments sont recensés), on distingue immédiatement différents styles d’édifices religieux : des temples à toits superposés aux dômes éclatants des stªpas, sans oublier les influences venues de l’Inde Moghole.
stupa, Svayambhunath, Bodhnath, temple, monastère, Narayana, Indresvara, Krishna, Narasimha, les palais de la vallée, Kathmandu, Patan, Bhaktapur, Nasal Chok
 
Les recherches archéologiques au Népal Verardi (G.) Pages 40-45

Lorsque le royaume du Népal ouvrit ses frontières en 1950, aucune fouille n’avait eu lieu dans le pays. Très vite, le besoin se fit sentir de promouvoir les recherches archéologiques de manière à placer le Népal sur un pied d’égalité avec les pays voisins, en particulier l’Inde et le Pakistan. Le principal objet d’étude de l’élite intellectuelle et politique népalaise était l’histoire ancienne de la vallée de Kathmandu (le “Népal” à proprement parler) et les premiers sites bouddhistes du Tarai Central : Lumbini, lieu de naissance du Buddha Shakyamuni, et Tilaurakot que certains identifient à Kapilavastu, la ville où, selon les sources littéraires, vécut le Buddha lorsqu’il était jeune homme.
Terai, Asoka, Lumbini, bouddhisme, stupa, vallée de Kathmandu, statue
 
Richesse et diversité de la sculpture népalaise Slusser (M.) Pages 46-57

La renommée artistique du Népal tient en grande part à ses sculptures de pierre, de métal et de bois réalisées par les artistes néwars de la vallée de Kathmandu. Les arts de la sculpture, exclusivement sacrés, ont servi le bouddhisme et l’hindouisme dont les panthéons – bien que différents dans l’iconographie et dans leur signification profonde – ont été sculptés par les mêmes artistes utilisant les mêmes styles. Pendant deux mille ans de production, de larges courants stylistiques, influencés à l’origine par l’Inde, ont été transformés par ces artistes qui ont su créer un style véritablement népali. La découverte récente d’une statue en pierre datant du IIe siècle de notre ère a permis de jeter un regard nouveau sur l’histoire politique, religieuse et artistique du Népal et de mieux comprendre certaines œuvres anciennes qui jusque-là nous avaient laissés perplexes.
pierre, sculpture, inscription, Kathmandu, métal, cuivre doré, Vishnu, Buddha, bois, Vajravarahi
 
Les avatars de Vishnu dans la vallée de Kathmandu Juramie (A.-C.) Pages 58-63

Présent dans la vallée de Kathmandu dès le Ve siècle de notre ère sous la dynastie Licchavi (env. 300-879), comme l’attestent plusieurs inscriptions et quelques sculptures, le culte de Vishnu a pu néanmoins faire son apparition à une date légèrement antérieure, aux environs des IIe-IIIe siècles. Après un recul face au shivaisme, le vishnuisme connaît un renouveau avec l’arrivée de brahmanes venus d’Inde à partir des XVe-XVIe siècles. Pendant près de quinze siècles, les avatars vont occuper une place centrale dans l’iconographie vishnuite, certaines œuvres figurant parmi les premiers exemples de sculptures datées de la vallée.
Matsya, Kurma, Varaha, Narasimha, Buddha, Vamana, Parasurama, Rama, Krishna, Balarama, Kalkin
 
La peinture néware Béguin (G.) Pages 64-69

Phénomène exceptionnel dans le monde indianisé, la peinture neware présente une tradition ininterrompue de près d’un millénaire. L’abondance des documents, la fréquence des datations en Nepal Samvat, ère propre au Népal créée en 879, permet d’élaboration d’un corpus apparemment fiable.
manuscrit, enluminure, paubha, mandala, Kalapustaka, Vilampo, peintures murales
 
Inde orientale et Népal Gill (A.) Pages 72-77
Statuaire bouddhique
S’il est admis que l’Inde et le Népal partagent une même culture, il apparaît que l’art népalais a connu un développement interne, dépendant seulement de contacts distants avec les esthétiques indiennes, les techniques et les conventions stylistiques. L’écho que trouvèrent au Népal les styles Gupta et Pala, prééminents dans la sphère culturelle de l’Inde orientale à partir du IVe siècle, souligne certaines particularités de la statuaire bouddhique népalaise.
Gupta, Bodhisattva, Buddha, Pala, temple de Bodh Gaya, temple Mahabuddha
 
Les échanges artistiques entre la vallée de Kathmandu et l'Asie orientale Charleux (I.) Pages 78-85

Depuis plus d’un millénaire, Népalais et Tibétains entretiennent des liens commerciaux, religieux et artistiques étroits malgré leurs différences ethniques et linguistiques. La vallée de Kathmandu, située sur la route la plus facile et directe entre la plaine du Gange et les hauts plateaux tibétains, est une des principales “portes” de l’Himalaya. Les artistes et commerçants népalais ont acquis une réputation d’excellence dans toutes les régions d’Asie orientale converties au bouddhisme tibétain.
Tibet, art, thangka, manuscrit, mandala, Lhasa, néwares, stupa, Buddha, Manjusri
 
Influence néware dans la peinture tibétaine Meahl (K.) Pages 86-91
Entre le XIe et le XIVe siècle
Le Népal, situé au milieu de l’axe trans-himalayen qui rattache le sous-continent indien au Tibet et à la Chine, joua, entre le XIIIe et le XVIe siècle, un rôle fondamental dans le développement de l’art tibétain. À cette époque, la route himalayenne reliant la vallée de Kathmandu au Tibet Central fut un lieu de prédilection pour les échanges artistiques, culturels et religieux, et contribua à l’essor de la peinture himalayenne. Un grand nombre de manuscrits enluminés, de peintures murales et de peintures portatives népalaises et tibétaines virent le jour pendant cette période. Les peintures portatives portent le nom de paubhå en néwari et thangka en tibétain.
monastère, Shalu, Kumbum, Gyantse, Sakyamuni, Vairocana, Aksobhya
 
Le Népal Les jeux Olympiques en Grèce

 
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Dossiers d'Archéologie n° 293 est un magazine des Editions FATON.