Dossiers d'Archéologie n° 219 du 01/12/1996
Numéro Double   Numéro épuisé
Les bâtisseurs du Moyen Age
Seize ans après la parution d’un premier dossier sur le même thème, les Dossiers d’Archéologie présentent à ses lecteurs quelques-uns des aspects les plus neufs de la recherche relative à la construction médiévale : définition plus précise du terme de “chantier” ; problème du commanditaire ; objectifs poursuivis ; différence entre architecte et maître d’œuvre ; exécution des travaux ; capacités de production etc.
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
Sur quelques aspects de la construction médiévale Recht (R.) Pages 16-31
Études récentes
Seize années se sont écoulées depuis la publication d'un Dossier Histoire et Archéologie dans lequel nous avions réuni un certain nombre de contributions autour du thème des Bâtisseurs du Moyen Âge. Seize années durant lesquelles nos connaissances ont amplement progressé grâce à des colloques, des expositions, grâce à des publications à caractère scientifique qui, à la différence des expositions (Les Bâtisseurs de cathédrales, Der Dom zu Regensburg) ne touchent guère un large public. C'est l'ambition de cette brève contribution que de présenter aux lecteurs de cette même revue désormais intitulée Dossiers d'Archéologie quelques-uns des aspects les plus neufs de la recherche relative à la construction médiévale - nous nous en tiendrons ici à l'architecture religieuse.

 
Les chantiers de construction en France Chapelot (O.) Pages 32-39
Dans les deux derniers siècles du Moyen Age
En 1980, paraissait dans cette même revue un numéro spécial consacré aux "Bâtisseurs du Moyen Age". Seize ans plus tard, le dossier s'y trouve à nouveau présenté. Comment et en quoi la réflexion a-t-elle évolué entre-temps ?

 
Le gothique flamboyant Prache (A.) Pages 40-45
Les architectes du XVe siècle en France
Le renouveau flamboyant marque la fin de l'architecture gothique. Il n'en est pas pour autant un art de déclin ou de décadence. Il répond à une nouvelle conception de l'espace correspondant à d'importantes mutations sociales et religieuses qui annoncent ou illustrent la fin de l'ordre féodal. Ce style nouveau traduit la diversité qui provient des échanges incessants des idées artistiques et des architectes ainsi que de l'apparition de mécènes laïques développant un art profane qui renouvelle les thèmes iconographiques.

 
L'architecture rayonnante et le métal Erlande-Brandenburg (A.) Pages 46-53
Le métal
Amateurs et spécialistes de l'architecture ont toujours été frappés par la légèreté structurelle des édifices rayonnants. Le nom est évocateur de l'impression donnée : ils se réduisent à une sorte d'ossature de pierre constituée de quilles et d'horizontales, laissant place à de grands vides (les grandes arcades ou les baies). Les murs, les supports, les voûtes, les arcs-boutants sont si minces ou si grêlés que naissent aussitôt des doutes sur la stabilité de ces maçonneries. Parfois même on a parlé de miracles, tellement l'audace dépassait l'entendement.

 
Le bois dans l'architecture médiévale Prache (A.) Pages 54-61

Le bois est un matériau de construction très ancien. Vitruve, le théoricien de l'architecture dans l'Antiquité, disait déjà qu'il est la source de l'architecture elle-même. Le bois présente des qualités et des défauts ; il peut être dur ou tendre. Il peut avoir une très longue portée, que n'atteint jamais la pierre, car il se rompt moins aisément qu'elle. Il est plus flexible, mais il brûle d'autant plus vite qu'il est sec. Le bois a été très utilisé dans les constructions médiévales. Parfois on l'importait d'Irlande ou de l'Europe centrale pour ses qualités de résistance aux intempéries, mais on ignorait l'usage des bois tropicaux et beaucoup de bois européens ont été détériorés par l'humidité ou par la sécheresse, par les insectes et les vers, par différentes sortes de champignons et de moisissures. Ce qui nous est parvenu ne représente qu'un faible pourcentage de ce qui a été utilisé.

 
Le château de Vincennes Chapelot (J.) Pages 62-71
Un grand programme architectural
L'actuel château de Vincennes est le produit de huit siècles d'histoire, un édifice sans guère d'équivalent en France, sinon même en Europe. Dans un premier temps, il s'agit d'un manoir créé par les souverains au plus tard à la fin du XIIe siècle, régulièrement occupé par eux de Philippe Auguste (1180-1223) à Charles V (1364-1380) et qui est souvent pendant cette période au centre de l'histoire de France : mariages ou décès royaux, hommages de souverains anglais ou de grands seigneurs, etc., s'y succèdent aux XIIIe-XIVe siècles. Dans un second temps, à partir de 1361, c'est un véritable château, encore très bien conservé, qui est construit ; à son achèvement, dans les premières années du règne de Charles VI, il est, avec son donjon de 50 m de hauteur, le plus haut d'Europe, sa surface totale de près de douze hectares, la qualité de sa construction et de son décor sculpté, l'une des plus vastes et des plus remarquables constructions fortifiées de l'Europe médiévale.

 
La construction des châteaux du Charolais Jacquier (E.) Pages 72-83
D'après les comptes du XVe siècle
Des châteaux ducaux en Charolais, il ne reste que de modestes vestiges. Les négligences à l'égard des fortifications devenues obsolètes, leur destruction programmée pour avoir servi de repères aux bandes de pillards (Sanvignes) ou les conflits religieux de la fin ud XVIIe siècle (Dondin), ont amplement contribué à leur ruine. Eux, dont les aménagements successifs avaient nécessité un apport important en pierres de remploi, prises aux vieilles murailles, sont à leur tour exploités comme gisements d'appoint au bénéfice de nouvelles réalisations.

 
Les châteaux en Auvergne Phalip (B.) Pages 84-91
Techniques de construction et choix culturels
Une étude systématique des édifices médiévaux d'une région peut révéler bien plus que ne saurait le faire la simple monographie d'un unique chantier de construction. Sans diminuer la valeur de cette dernière, il importe néanmoins d'ouvrir largement les champs d'investigation aptes à répondre à une multitude de questions restées pour la plupart sans réponse satisfaisante.

 
Les comptes de la Chaise-Dieu Costantini (F.-A.) Pages 92-97
Auvergne
Parmi les plus récentes études concernant les chantiers du Moyen Âge, certaines insistent avec raison sur le conditionnement de toute réalisation à l'ampleur et à la régularité du financement. En effet, l'envergure des projets d'architecture religieuse était généralement un obstacle à leur réalisation du vivant du commanditaire qui ne pouvait en assurer le financement global. On explique ainsi l'abandon partiel ou les modifications majeures apportées au plan originel d'un édifice puisque les travaux s'échelonnaient dans le temps sur plusieurs décennies voire sur plusieurs siècles, assurés par de nombreux donateurs et dirigés par divers maîtres-d'œuvre.

 
Le chantier de la primatiale Saint-Jean-Baptiste-Saint-Étienne Reveyron (N.) Pages 98-105
Cathédrale de Lyon
Érigée à la fin du XIIe siècle sur l'emplacement de la maxima ecclesia du Ve siècle, la cathédrale actuelle de Saint-Jean-Baptiste, dont la construction a duré plus de 200 ans, illustre bien le savoir-faire des bâtisseurs médiévaux. En contact permanent avec les vestiges romains, témoins de la grandeur du Lyon antique, les architectes lyonnais des XIIe et XIIIe siècles ont acquis une connaissance précise de l'art de bâtir qui leur permit de créer une forme de proto-renaissance architecturale.

 
L'art flamboyant dans le Vexin Hamon (É.) Pages 106-117
L'exemple de Gisors
Entre le milieu du XVe et le milieu du XVIe siècle en France, des provinces entières ont, comme le confirment les récentes enquêtes régionales, changé de paysage monumental. Le Vexin apparaît ainsi privilégié pour l'étude de l'art flamboyant, d'autant que l'édifice qui symbolise le mieux ce renouveau architectural, l'église de Gisors, est connu par un fonds d'archives exceptionnellement riche. Ces sources offrent un éclairage inédit sur l'histoire d'un grand chantier de construction.

 
Les chantiers du bâtiment Lardin (Ph.) Pages 118-127
En Normandie orientale à la fin du Moyen Âge
L'étude de l'activité de construction au Moyen Âge a été largement renouvelée grâce au développement de l'archéologie sans laquelle des aspects essentiels de ce secteur seraient restés totalement ignorés. Le recours aux sources écrites n'en est pas pour autant devenu inutile puisqu'il permet de comprendre certains aspects des méthodes de travail et donne des renseignements précis sur les matériaux employés sur les chantiers.

 
Les bâtisseurs du Moyen Age Archéologie aérienne

 
Sommaire dossiers-archeologie.
 
Dossiers d'Archéologie n° 219 est un magazine des Editions FATON.