![]() |
Dossiers d'Archéologie n° 273 du 01/05/2002 Numéro Normal Les Celtes en Île-de-France À la suite des grands travaux et de l'exploitation scientifique des données recueillies, les idées reçues sur le peuplement de l'Île-de-France ont été complètement remises en cause. L'arrivée des Celtes, entre le Ve et le IIIe siècle av. J.-C., est maintenant bien établie. La connaissance de leur économie agricole et artisanale, de leurs pratiques rituelles et de leur art, s'est considérablement enrichie grâce, notamment, aux fouilles de sauvetage. |
| Principaux articles référencés pour ce numéro |
||
| À la recherche des Celtes en Île-de-France | Bulard (A.) | Pages 2-5 |
Le disque d'Auvers-sur-Oise, les monnaies d'or des Parisii, le dieu de Bouray, le pilier des nautes : depuis des décennies, ces pièces prestigieuses forment le socle emblématique de la contribution de l'Île-de-France à la connaissance des anciens Celtes et sont à ce titre reproduites à l'envi dans les articles et ouvrages généraux sur le sujet. Mais ces documents, pour exceptionnels qu'ils soient, ne prennent tout leur sens que mis en perspective avec l'ensemble des découvertes et recherches faites dans la région, les plus récentes comme les plus anciennes, les plus modestes comme les plus inattendues. Celtes, Parisii, torque, bijoux |
||
| Vers 500 avant notre ère | Bulard (A.) | Pages 6-7 |
| Les origines C'est au cours des ultimes années du VIe s. et des premières décennies du siècle suivant qu'apparaissent en Île-de-France des objets, torques, bracelets, anneaux de jambe, fibules, dagues, que l'on peut désormais qualifier de celtiques. Dans le même temps, se répand une céramique caractéristique dont le décor géométrique est tracé avec de la barbotine de diverses couleurs, appliquée sur un fond généralement peint en rouge. torque, anneaux de jambe, fourreau, bijoux |
||
| Les sources du peuplement de l'Île-de-France | Ginoux (N.) | Pages 10-15 |
| À l'époque gauloise La quantité des sources funéraires dont nous disposons en Île-de-France est très inégale selon les périodes : rares aux Ve et IVe s. et plus abondantes au IIIe s. Un même écart qualitatif distingue des territoires peu documentés situés au nord du cours de la Seine et une zone méridionale où se concentre la majeure partie des découvertes. Les fouilles récentes du Val-d’Oise sont donc importantes de ce point de vue. Chatenay-sur-Seine, fourreau, épée, tombe, Le Plessis-Gassot |
||
| Le cimetière de Roissy | Lejars (T.) | Pages 16-18 |
| Une communauté aristocratique La découverte en 1999 à Roissy d’un important ensemble funéraire daté de la fin du IVe s. et du début du IIIe s. marque, avec celle réalisée un an plutôt au Plessis-Gassot, une étape décisive dans la recherche et la connaissance des élites gauloises de la moyenne vallée de la Seine. tombe, Roissy, bronze |
||
| Les productions iconographiques | Ginoux (N.) | Pages 20-23 |
| Les origines L’art celtique constitue l’un des critères d’excellence d’une société dominée par une élite militaire mobile. En Île-de-France, le nombre des objets n’est pas élevée, pourtant leur qualité est éloquente : c’est toujours sous une forme déjà accomplie que les thèmes et les techniques ont abordé les rives de la Seine. On ne peut parler ici de foyer iconographique avant le dernier siècle de l’Indépendance, mais ce rayonnement aura pour cadre un contexte tout à fait différent de ce que nous percevons de la société gauloise au cours des IVe et IIIe s. fourreau, disque, clavette de char, torque |
||
| Le monde rural à la fin de l'indépendance | Gouge (P.) et Séguier (J.-M.) | Pages 26-29 |
| Les mutations Dans un monde qui s’affirme comme fondamentalement rural, l’espace agraire va se structurer autour de réseaux d’établissements qui, dès le IIIe s., sont le plus souvent délimités par des enclos dont géométrie, surface et organisation traduisent une diversité de fonction et de statut. Le développement des fouilles préventives et la détection aérienne ont permis à l’Île-de-France de se doter d’un corpus de sites des plus fournis. Toutes les opérations extensives (Marne-la-Vallée, aéroport de Roissy, carrières de la Bassée) ont permis de montrer que les établissements ruraux et leurs parcellaires connaissent aux IIe et Ier s. un développement important. Cannes-Écluse, Bazoches-lès-Bray, habitat, puit, bronze, fer, Louvres-en-Parisis |
||
| Bobigny | Le Bechennec (Y.) | Pages 30-33 |
| Une bourgade protohistorique en banlieue À 7 km à l'est de Paris, en préalable à divers aménagements, le site de Bobigny est fouillé, depuis 1992, par la Mission archéologie du Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Les vestiges mis au jour mêlent des restes d'activités quotidiennes et des dépôts funéraires. La surface estimée des vestiges est d’une vingtaine d’hectares. Ni simple établissement agricole, ni véritable agglomération, son étude stimule et nourrit la réflexion sur la diversité des fonctions et des statuts des lieux occupés par les Parisii. La Vache à l'Aise, Parisii, bijoux, verre, fer |
||
| Varennes-sur-Seine | Séguier (J.-M.) | Pages 34-39 |
| Une agglomération de plaine La découverte, lors des opérations conduites en 1992 sur les carrières de la Bassée, de l’habitat du Marais du Pont à Varennes-sur-Seine, a révélé l’un des sites majeurs de la Protohistoire francilienne. Cette agglomération de plaine, installée au cœur du territoire sénon, occupe une position stratégique sur la voie commerciale qui relie les pays éduen et lingon à la Basse Seine. Le Marais du Pont, vaisselle, habitat, structures artisanales, bronze, fibule, outillage, population aristocratique, centre économique |
||
| Lutèce | Bulard (A.) | Pages 40-41 |
| La bataille du troisième type Il y a eu la vraie, celle du printemps de -52. Puis ce fut celle, savante, menée au XIXe s. à propos de l'identification topographique des épisodes de la précédente, et dont des échos se firent entendre jusque dans les années 1970. Et voici que depuis quelque temps est engagée une “bataille de Lutèce” d'un troisième type : celle de la localisation de l'oppidum protohistorique. monnaies d'or, puits domestiques |
||
| Premières monnaies de bronze | Bulard (A.) et Drouhot (C.) | Pages 45-47 |
| Économie L'émission de monnaies participe de la nouvelle donne économique des IIe et Ier s. Régulièrement reproduits sur les supports et pour les usages les plus variés, les statères d'or des Parisii constituent certainement pour le grand public le monnayage gaulois qui lui est le plus familier. C'est aussi l'un des mieux connus des spécialistes depuis son étude par J.-B. Colbert de Beaulieu. Mais cette notoriété occulte quelque peu l'intérêt des monnaies de bronze régionales qui pourtant présentent l'avantage d'être de plus en plus fréquemment découvertes dans des contextes bien documentés. bronzes coulés, bronzes frappés, potins, territoires, Marseille, Paris |
||
| Du champ à l'assiette | Matterne (V.) | Pages 48-53 |
| Économie Que cultivaient les Celtes ? Quels étaient les fruits, les graines et les plantes dont ils faisaient leur quotidien ? Comment travaillaient-ils leurs champs, et avec quels outils ? Quelles étaient leurs techniques de moissonnage et comment traitaient-ils les récoltes ? À toutes ces questions, l’archéologie propose des réponses et nous permet d’entrer dans le monde culinaire de nos ancêtres. graines, fruits, plantes alimentaires, moisson, agriculture, récoltes, préparations culinaires |
||
| Autour des cheptels | Tesnier-Hermetey (C.), Auxiette (G.) et Frère (S.) | Pages 54-57 |
| Économie Les ossements animaux constituent une source de documentation unique sur l’élevage et l’alimentation carnée des Gaulois. Les comparaisons entre sites et la diversité des dépôts permettent souvent d’appréhender le statut social du consommateur et parfois d’approcher une partie des échanges commerciaux. Enfin, les offrandes et la mise en scène des sépultures constituent une source d’informations de première importance quant à la vie spirituelle et aux pratiques cultuelles. animaux, Meaux, bois, ossatures, chevaux |
||
| Commerce et manières de table | Séguier (J.-M.) | Pages 58-62 |
| À la fin de l'âge du Fer L'évolution du contexte socio-politique, le développement d'une activité agricole à l'évidence apte à dégager des surplus ainsi que la naissance d’agglomérations, sont à mettre en parallèle avec l'explosion, aux IIe et Ier s., d'une activité commerciale touchant à des domaines jusqu'alors réservés à quelques élites sociales. La Gaule s'ouvre, dès avant la Conquête, à un commerce méditerranéen drainé bien sûr par Rome, avant tout pour le compte de quelques familles sénatoriales. Le vin romain va inonder la Gaule par millions d'hectolitres et constitue l’un des principaux moteurs d’un commerce initié par quelques negociatores romains et leurs relais indigènes sur des routes commerciales dont l'archéologie commence à trouver des jalons. Vaisselle de prestige en métal et céramiques originaires du bassin occidental de la Méditerranée sont un complément obligé du commerce des vins. En parallèle se développe un commerce celtique, encore sous-estimé, dont le témoignage émerge au travers notamment de vaisselles ou d’objets de parures. vin, vaisselle en métal et en terre cuite, amphores, vases "type Besançon", céramique, Le Marais-du-Pont |
||
| Le sort réservé aux défunts | Delattre (V.) | Pages 70-77 |
| Pratiques funéraires La multiplication des fouilles en contexte domestique tend à montrer que la nécropole celtique n’est plus le seul lieu de dévolution des défunts. Si les pratiques funéraires de ces communautés sont en partie accessibles grâce au mobilier associé aux morts, à la disposition et au nombre des tombes, la présence de cadavres dans des silos et de sépultures d’enfants au sein des habitats renvoie à une hiérarchisation de l’ensevelissement parfois très proche de la sphère cultuelle. inhumation, incinération, Chambly, Varennes-sur-Seine, Marolles-sur-Seine, objets funéraires, dépôt humain en silo, tombes |
||
| Le trophée des Meldes | Magnan (D.), Marion (S.) et Rapin (A.) | Pages 78-83 |
| La Bauve à Meaux Les Celtes “érigent des trophées, à la fois pour célébrer leur victoire et pour laisser des monuments de leur bravoure…” (Elien, Histoires variées, XII, 23). C’est ce type de monument commémoratif, marquant le souvenir d’un fait militaire, qui sacralisa le site de La Bauve déjà au IVe siècle av. J.-C. L’imposant sanctuaire périrubain dominant Meaux, ancienne capitale des Meldes, fut la monumentalisation gallo-romaine de cet espace consacré protohistorique. temples, outils, armes, fer, fourreaux, sanctuaire gallo-romain, statuette |
||
| Les Celtes en Île-de-France | Hadrien |