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Dossiers d'Archéologie n° 223 du 01/05/1997 Numéro Normal Les Francs ou la genèse des nations L’un des faits archéologiques les plus marquants du début de la période mérovingienne est l’existence d’une série de tombes de guerriers, dites “de chefs”, que l’on rencontre entre la Seine et le Rhin ainsi que dans le triangle délimité par les cours supérieurs du Danube et du Rhin. L’interprétation historique et sociale de ces tombes maintes fois tentées s’avère délicate car elle est fonction du choix des systèmes typochronologiques de référence. |
| Principaux articles référencés pour ce numéro |
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| La typologie des ethnogénèses : un essai | Wolfram (H.) | Pages 2-9 |
| Les Francs Le dualisme reconnu dans l'Antiquité entre reges (rois) et gentes (communautés politiques) constitue le point de départ de cette étude typologique. La question que nous nous posons est de savoir si les ethnogénèses débutèrent sous la conduite de plusieurs rois ou ducs (type I, ex. les Francs), ou bien parmi des peuples sans tradition, vainqueurs et monopolisateurs (type IV, ex. les Slaves), ou encore sous un roi monarchique (type II, ex. les Goths et les Lombards). Une phase intermédiaire entre les types I et II a été définie en type III (ex. les Terwinges) sous l'acception de "monarchie de juges". |
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| De Mérovée à Dagobert | Pages 10-13 | |
| Les Francs Durant les deux premiers siècles de notre ère, la Pax romana (la paix romaine) régnait dans l'Empire romain. A partir du IIIe siècle, l'Empire connaît de nombreuses difficultés extérieures et de graves crises intérieures : l'Empereur est devenu un maître qui ne cache plus sa puissance honorifique ; "le nombre des fonctionnaires commence à devenir aussi grand que celui des contribuables" (Lactance). Durant cette période de troubles, les se succèdent : tantôt les prétoriens de Rome, tantôt les légionnaires des frontières assassinent l'Empereur pour mettre à sa place le chef de leur choix. La dynastie des Sévères (193-235) parvient difficilement à maintenir l'unité de l'Empire. A la mort d'Alexandre Sévère, en 235, commence une période d'anarchie militaire qui durera un peu plus de cinquante ans et durant laquelle les périls extérieurs s'aggravent. |
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| Les origines de la dynastie mérovingienne | Ewig (E.) | Pages 14-19 |
| Les Francs Les généalogies tiennent une place importante parmi les sources du Haut Moyen Age. Remontant souvent à un ancêtre divin ou divinisé, elles illustrent à la fois l'origine d'une dynastie et celle d'une gens (nation). |
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| Les Francs et les Romains devant la loi salique | Durliat (J.) | Pages 20-23 |
| Les Francs La loi salique est aussi célèbre que mal connue ou mal interprétée. Loin des clichés réducteurs qui faisaient des Romains des décadents sans âme et des Francs des barbares sanguinaires, la lecture attentive du Pacte loi salique permet, au contraire, de mettre en relief la richesse et la complexité de la vie économique et juridique dans un climat politique et social stable et bien organisé. Le terme même de Franc reçoit, à la lumière des dernières recherches, une acception nouvelle et quelque peu inattendue. |
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| Les barbares orientaux dans l'armée romaine en Gaule au Ve siècle | Kazanski (M.) et Périn (P.) | Pages 24-31 |
Le 20 juin 451 reste dans l'imagination populaire française comme la date d'une grande victoire des Occidentaux sur les sauvages venus de l'est. En effet, aux Champs Catalauniques, l'armée romaine et d'Aetius a pu arrêter les hordes des Huns et de leurs alliés, dirigées par le terrible Attila. Mais on oublie trop souvent que cette armée romaine était elle-même en partie composée de mêmes Barbares orientaux, notamment Wisigoths, Germains orientaux venus en Gaule au début du Ve siècle du Danube inférieur (le territoire de la Roumanie et de la Moldavie actuelles), ou des Sarmates et des Alains, les uns et les autres nomades iranophones, originaires des steppes russes. Il convient d'autre part de rappeler que les mêmes Huns depuis les années 430 servaient loyalement Aetius dans l'armée de Gaule. |
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| Les tombes royales à tumuli | Müller-Wille (M.) | Pages 32-37 |
| Les Francs Les tombes royales à tumuli sont un phénomène remarquable qui s'étend à l'ensemble de l'Europe septentrionale et centrale. La plus connue de ces tombes est, certes, celle de Childéric, le père de Clovis, qui fut inhumé à Tournai. Mais elle n'est pas la seule, loin s'en faut. De nombreuses tombes similaires ont été découvertes depuis le XIXe siècle, et elles représentent toutes une caractéristique singulière : la présence de chevaux. |
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| Les témoins archéologiques de l'expansion franque en Gaule | Périn (P.) | Pages 38-49 |
| Les Francs L'un des faits archéologiques les plus marquants du début de l'époque mérovingienne (seconde moitié du Ve-fin du VIe siècle) est l'existence d'une série de tombes de guerriers, dites de "chefs", que l'on rencontre entre la Seine et le Rhin ainsi que dans le triangle délimité par les cours supérieurs du Rhin et du Danube (les anciens "Champs décumates"). De nombreuses études ont déjà été consacrées à ces sépultures qui se distinguent des inhumations satellites contemporaines par un armement plus complet, par la richesse des décors de poignée et de fourreau des épées, par la qualité des plaques-boucles de ceinture et d'autres accessoires vestimentaires, ou encore par la présence d'objets de luxe (vaisselle de métal et de verre). L'interprétation historique et sociale de ces tombes, maintes fois tentée afin de pallier le silence relatif des sources écrites pour l'époque et les régions considérées, s'avère en réalité délicate car elle est fonction, pour le matériel archéologique considéré (et en particulier les épées), du choix des systèmes typochronologiques de référence. |
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| Les fédérés de l'Empire et la formation des royaumes barbares du Danube | Tejral (J.) | Pages 50-55 |
| Les Francs La frontière danubienne de l'Empire est rapidement devenue une zone de contact entre Rome et les peuples barbares. Durant les quatre premiers siècles de notre ère, le territoire situé au-delà du Danube (le nord de l'Autriche, le pays tchèque, la Moravie et la Slovaquie d'aujourd'hui) a été occupé par les tribus germaniques des Suèves, dont les clans les plus connus sont les Marcomans et les Quades. Ces contacts politiques et culturels entre les Germains et Rome se traduisent par l'apparition d'une dépendance plus ou moins forte de ces Barbares à l'égard de l'Empire. |
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| Les Francs et l'empire byzantin | Quast (D.) | Pages 56-63 |
| L'horizon des épées à poignée en or Sous le terme d'"horizon des épées à poignée en or", on regroupe des tombes masculines au mobilier particulièrement riche. Appelées "tombes de chefs", elles sont pourvues d'un matériel presque identique dans l'ensemble du contexte des "cimetières par rangées". Les objets richement décorés, tels que des poignées et des fourreaux d'épées, ainsi que les boucles de ceinturons qui les accompagnent, ne sont pas la seule caractéristique de toutes ces tombes. Celles-ci se distinguent aussi par un armement plus complet et la présence d'objets de luxe, comme par exemple des récipients de verre et de bronze ou même d'"insignes". |
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| Childéric et la Méditerranée | Arrhenius (B.) | Pages 64-69 |
| Les Francs C'est un fait bien connu que les Francs ont entretenus d'étroites relations avec l'empire bizantin au VIe siècle. Mais qu'en était-il au Ve siècle ? Nous avons proposé il y a quelques années que les bijoux en cloisonné toruvés dans la tombe de Childéric constituaient un exemple de ces contacts avec l'empire de Byzance au Ve siècle. La raison en est leur qualité qui tient au genre minéralogique particulier des grenats, typiques des gabarits utilisés pour leur donner forme, et au liant spécial employé pour la pose des pierres. On trouve ce type de cloisonné dans certaines tombes de guerriers germaniques de haut rang et dans des trésors contemporains de Childéric dont les trouvailles sont dispersées sur un vaste territoire, depuis la mer Noire et l'Europe de l'Est jusqu'en Europe occidentale et en Italie. |
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| Du baptême de Clovis au baptême des Francs | Dierkens (A.) | Pages 72-77 |
| Les Francs Les premiers indices sûrs de la présence du christianisme en Gaule ne remontent pas au-delà de la seconde moitié du IIe siècle ; Nancy Gauthier a justement insisté sur l'origine orientale mais aussi sur le caractère isolé de ces témoignages anciens. En effet, ce n'est qu'au début du IVe siècle, lorsque Galère, Constantin et Licinius autorisent officiellement la pratique du culte chrétien partout dans l'Empire romain, que le christianisme commence véritablement à se diffuser en Gaule et en Germanie, surtout à partir des grands centres urbains (comme la ville impériale de Trèves). |
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| Un nouveau regard sur Clovis | J. Geary (P.) | Pages 78-83 |
| Les Francs Clovis et la vase de Soissons : "c'est ainsi que tu as fait à Soissons avec la vase". Clovis à Reims : "baisse la tête, fier Sacambre. Adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré." Ces épisodes et autres images mytiques de ce roi franc qui vécut il y a un millénaire et demi continuent aujourd'hui de nous fasciner, même s'ils cachent l'homme véritable qu'il a été. Durant "l'année Clovis" qui vient de s'achever (1996), il fut l'objet d'un profond intérêt de la part d'auteurs et d'idéologues qui, à travers des filtres politiques et culturels, s'empressèrent de créer leur propre Clovis. |
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| Les Francs ou la genèse des nations | L'homme des glaces |