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Dossiers d'Archéologie n° 303 du 01/05/2005 Numéro Normal Les racines de l'Europe À un moment où l’Europe s’élargit et cherche ses confins, les débats qui animent la société sur ce sujet restent enfermés dans un discours politico-économique répétitif. Dans ce contexte, il semblait utile de proposer une approche de l’Europe, rarement évoquée ou bien avancée avec ignorance, celle de l’Histoire. Le service de valorisation de la recherche de l’Université de Paris-Sorbonne a réuni ses meilleurs spécialistes, archéologues et historiens de l’Antiquité et de l’époque médiévale, pour réaliser ce numéro des Dossiers d’Archéologie. |
| Principaux articles référencés pour ce numéro |
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| L'Europe des Celtes | Kruta (V.) | Pages 6-15 |
Seuls quelques deux millions de personnes – Bretons de France, Écossais et Gallois de Grande Bretagne, Irlandais – perpétuent aujourd'hui la mémoire des anciens peuples celtiques qui s'imposèrent de gré ou de force, pendant de longs siècles, dans la quasi totalité des territoires qui s'étendent de l'Océan à la chaîne des Karpates et de la limite méridionale des plaines du Nord aux rivages septentrionaux de la Méditerranée. Vingt-deux pays de l'Europe actuelle peuvent revendiquer la présence des Celtes parmi leurs ancêtres, mais dans trois seulement subsistent des populations qui ont préservé l'héritage de la langue. C'est grâce aux ancêtres de ces Celtes d'Occident qu'a été préservé le legs d'une littérature très originale, œuvre de générations de poètes anonymes qui était déjà plusieurs fois séculaire lorsqu'elle fut enregistrée à l'aube du Moyen Âge. fibule, agrafe, applique, bague, cruche, expansion militaire, statuette, bronze, poteries, collier, vase, poignée d'épée |
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| L'héritage grec | Farnoux (A.) | Pages 16-24 |
Certes l’Europe tire son nom d’un mythe antique et le récit de la nymphe enlevée par Zeus pourrait imposer l’idée d’une origine grecque de la civilisation européenne. Mais ce fait ne suffit pas à lui seul à établir la part hellénique de l’histoire européenne. On peut relever les multiples manifestations de la présence grecque dans la culture européenne. Elle couvre tous les domaines de la civilisation, de la littérature et des arts à certains idéaux politiques, comme la citoyenneté ou la démocratie. Mais c’est moins son inventaire qui importe ici que l’analyse du fait d’hériter, du lien qu’il instaure et de la communauté d’histoire qu’il institue. Les Grecs dont les Européens se réclament sont largement une part d’eux-mêmes, et les Grecs de l’Antiquité restent en fait inconnus ou résolument autres. L’héritage est à considérer plutôt comme un processus social d’origination – et non un fait historique relevant d’une vérité scientifique – par lequel l’homme se dote d’une histoire qu’il entend partager avec d’autres et contre d’autres. Et c’est ce phénomène dont l’histoire reste à faire. céramique, caryatides, Athènes |
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| La monnaie | Picard (O.) | Pages 26-33 |
| Prélude à l'Europe Depuis l’entrée en vigueur de l’euro en janvier 2001, la majorité des pays membres de la Communauté européenne ont une nouvelle valeur en commun : la monnaie. Pourtant, l’histoire et les monnaies du passé nous apprennent que ce besoin n’est pas nouveau. La monnaie symbolise et concrétise l’existence d’une autorité politique forte et centralisatrice, et répond aux nécessités d’un commerce interrégional et international en développement. Instrument de communication entre les hommes, la monnaie présente des avantages commerciaux, politiques et médiatiques peu communs : tous les dirigeants ne s’y sont pas trompés ! monnayage thrace, statère, tétradrachme, monnaie gauloise |
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| La vaisselle précieuse dans les provinces nord-occidentales de l'Empire | Baratte (F.) | Pages 34-41 |
Ce qui a fait la gloire de Rome et assuré sa pérennité, c’est, peut-être, la force avec laquelle elle a imposé par les armes son ordre et son organisation, et sa faculté d’acculturation peu commune vis-à-vis des peuples conquis. La vaisselle en argent dont on a retrouvé des trésors un peu partout dans l’empire et au-delà de ses frontières est un excellent témoin de cette culture romaine – ou romanisée – de l’Europe, librement acceptée parce que fondée sur des échanges réciproques. argenterie romaine, coupe, plat, Gaule, passoire |
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| Permanence et innovation dans la société chrétienne de la fin de l'Antiquité | Baratte (F.) | Pages 42-49 |
| Témoignage des images et des monuments En juin 313, à la suite d’une rencontre à Milan entre Constantin et son rival Licinius, la liberté est accordée au christianisme, qui reçoit l’égalité des droits avec les cultes païens. Marquant un tournant capital, le IVe siècle voit la religion nouvelle prendre progressivement une place essentielle dans l’appareil de l’Etat, alors que se restreint l’espace accordé au paganisme avant son interdiction à la fin du siècle, et l’érection du christianisme en religion d’État. sarcophage, Trèves, Cologne, Toulouse, Paris, Genève |
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| Romains et Germains | Verger (J.) | Pages 50-55 |
La civilisation occidentale du Moyen Âge et, par-delà le Moyen Âge, de l'Europe moderne est née de la rencontre de Rome et des peuples germaniques, de la confrontation et de la fusion de leurs cultures respectives. Si cette affirmation générale ne suscite guère de contestation, en revanche la chronologie, les enjeux, les modalités de cette rencontre restent matière à débat. mobilier de tombe, Gültlingen, fort romain, tombes, civilisation du sacré, Saalburg, christianisme, solidus, bible d'Ulfila |
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| Europe franque et empire carolingien | Sot (M.) | Pages 56-63 |
L’Europe issue des grandes invasions n’est pas un champ de ruines comme l’historiographie depuis la Renaissance l’a volontiers cru. Après l’effondrement de l’Empire romain, les Barbares ont restructuré l’Occident en une série de royaumes dont les Francs allaient prendre la tête. De fait, ce qui caractérise l’Europe des Francs, c’est la prise en charge de la culture latine et chrétienne de l’Occident romain qui reste ainsi à la base de l’Europe d’aujourd’hui. saint Augustin, saint Jérôme, reliure, garniture de fourreau, anneau sigillaire, mosaïque, Charles le Chauve, Louis le Pieux, Lothaire Ier, Aix-la-Chapelle |
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| Les Vikings | Boyer (R.) | Pages 64-71 |
Il est sympathique d'inscrire, dans un dossier sur “Les racines de l'Europe”, les Vikings. Il se trouve, d'ailleurs, qu'un récent (octobre 2004) colloque international vient de se tenir en Sorbonne précisément sur le thème “Les Vikings, premiers Européens”. La pertinence du choix opéré par le présent dossier est donc évidente. bateau de Gokstad, gravure, vêtements, broche, balance, poignée d'épée, trésor |
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| Byzance et l'Europe | Cheynet (J.-C.) | Pages 72-79 |
L’opinion des Européens a trop longtemps dépendu du jugement des historiens des Lumières, Gibbon, Montesquieu, pour qui, passé l'éclat du règne de Justinien, l'histoire de l'Empire grec n'était qu'un tissu de révoltes, de séditions et de perfidies, retrouvant en ce dernier point un préjugé à l'égard des Grecs imputable à l'Antiquité romaine, ou encore Voltaire estimant que la littérature byzantine n'était que déclamations et miracles. En un sens, ces anticléricaux avaient raison, car ils avaient identifié les principales caractéristiques de cet État que nous avons pris l'habitude de nommer, depuis la Renaissance, Empire byzantin : romanité et christianisme, hellénisme. basilique Sainte-Sophie, monde chrétien, Constantinople, Byzantine du Louvre, Jérusalem, église Saint-Marc, cathédrale de Monreale |
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| Le monde slave | Gonneau (P.) | Pages 80-87 |
L’ethnogénèse des Slaves est discutée, même si leurs langues sont incontestablement indo-européennes. Diverses hypothèses ont été avancées quant à leur habitat d’origine : sur les rivages méridionaux de la Baltique, entre l’Oder et la Vistule, sur le moyen Dniepr, entre les Carpates et le Danube. Studenica, christianisation, monarchies, tartares, orthodoxie |
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| Les racines de l'Europe | Faïences antiques |